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Famille Andrault de Langeron

Origines et implantation en Nivernais

La famille Andrault de Langeron est une lignée de la noblesse française, originaire du Limousin et fixée en Nivernais au début du XVe siècle. Sa filiation documentée remonte à Laurent Andrault, mentionné en 1413 comme receveur des aides à Beauvais, près de Limoges, puis établi comme notaire à Autun en 1424. Il devint seigneur de Langeron du chef de son épouse, Jeanne Duillon, héritière de cette terre.

Laurent Andrault eut notamment deux fils, Pierre et Jean. Pierre, secrétaire de M. de Clermont en 1425 puis trésorier d’Auvergne en 1449, fut maintenu en possession de la seigneurie de Langeron par un jugement du sénéchal de Bourbonnais en 1450. Son mariage avec Éléonore Cauchon ne donna pas de postérité connue. La continuité de la lignée passa par son frère Jean, seigneur de Langeron après lui.

Jean Andrault, mort avant 1476, exerça des fonctions importantes dans l’administration princière et royale. Conseiller et maître des comptes du duc Charles de Bourbon en 1431, il fut ensuite clerc-auditeur à la Chambre des comptes de Paris, où il est attesté de 1434 à 1474. Marié à Jeanne de Druy, il fut l’ancêtre de la descendance ultérieure des Andrault de Langeron.

Ascension sociale et filiation médiévale

Au XVe siècle, les Andrault appartiennent encore à un milieu de serviteurs de l’administration, de la justice et des finances princières. Leur possession de Langeron, acquise par alliance puis confirmée judiciairement, fournit toutefois le point d’ancrage territorial de la famille. La filiation se poursuit par Laurent II Andrault, seigneur de Langeron et écuyer du duc de Bourbon, puis par Pierre Ier Andrault, également seigneur de Langeron.

La famille ne s’agrégea définitivement à la noblesse qu’à la fin du XVe siècle. Cette évolution s’inscrit dans un parcours fréquent parmi les lignées de la moyenne noblesse française : une implantation foncière consolidée par mariage, des charges auprès des princes et des offices de justice ou de finances contribuèrent progressivement à l’affirmation du statut nobiliaire.

La documentation généalogique fait de Geoffroy Andrault, seigneur de Langeron au XVIe siècle, le père de plusieurs rameaux qui prirent ensuite une place distincte dans l’histoire de la famille. Ces développements sont postérieurs à 1492, mais ils procèdent directement de la lignée constituée en Nivernais au cours des XIVe et XVe siècles.

Les trois branches

La maison se divisa ensuite en trois branches principales, dites de Langeron, de Maulévrier et de Buy. La branche aînée, issue de Pierre II Andrault, seigneur de Langeron et gouverneur de La Charité-sur-Loire, conserva la seigneurie familiale et connut son principal essor aux XVIIe et XVIIIe siècles. La terre de Langeron fut érigée en comté par lettres patentes en août 1656, et la branche fut maintenue dans sa noblesse en 1669.

La branche de Maulévrier descendait de Philippe Andrault, seigneur de la Mignardière. Elle produisit plusieurs officiers supérieurs et ecclésiastiques, dont Jean-Baptiste Louis Andrault de Maulévrier, devenu maréchal de France au XVIIIe siècle. Elle s’éteignit au début du XIXe siècle.

La branche de Buy, issue de François ou de Thomas Andrault selon les présentations généalogiques conservées, se fixa en Pologne au XVIIe siècle. Elle fournit des serviteurs de la monarchie polonaise, notamment un grand chambellan de la Couronne, un général-major et un staroste. Son histoire et certaines de ses filiations polonaises demeurent moins abondamment documentées que celles des branches françaises.

Postérité et rayonnement

À l’époque moderne, les Andrault de Langeron comptèrent parmi leurs membres des gouverneurs, des officiers généraux, des marins et des représentants de l’Église. Philippe Andrault de Langeron, premier comte de Langeron, exerça plusieurs charges militaires et administratives en Nivernais. Joseph Andrault de Langeron fut lieutenant général des armées navales, tandis que d’autres membres de la famille servirent dans les armées françaises, polonaises et russes.

La branche légitime de Langeron s’éteignit en 1831 avec Alexandre Louis Andrault de Langeron, comte de Langeron, qui avait fait carrière dans l’Empire russe et devint feld-maréchal ainsi que gouverneur d’Odessa. Une descendance naturelle reconnue, anoblie en 1822, poursuivit toutefois le nom dans les milieux russes, puis en Belgique et aux États-Unis. Cette continuité postérieure explique la persistance du nom Andrault de Langeron au-delà de l’extinction de la lignée légitime.

Auteur/autrice

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