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Famille Angibaud

Origines et implantation dans le Marais breton

La famille Angibaud est une lignée aujourd’hui subsistante, associée au Marais breton et aux paroisses de l’ancien Poitou, notamment Challans, Saint-Gervais, Beauvoir-sur-Mer et les environs. La documentation disponible demeure toutefois trop lacunaire pour établir avec certitude une généalogie continue entre le Moyen Âge et les représentants connus à l’époque moderne. Le nom est également attesté sous la forme « Angibaud de La Morinière », mais cette adjonction ne paraît documentée qu’à une époque postérieure au Moyen Âge.

Le témoignage médiéval le plus précis est la mention, en 1456, du Fief-Angibaud parmi les fiefs de la paroisse de Saint-Gervais. Ce toponyme indique une implantation ancienne du nom dans le Marais breton. Il ne suffit cependant pas à démontrer que le fief appartenait à une famille Angibaud déterminée, ni à établir une filiation avec les porteurs du nom connus aux XVIe et XVIIe siècles. Comme souvent dans l’histoire des familles de la région, le nom d’un lieu peut renvoyer à un détenteur, à un exploitant ou à une ancienne désignation foncière dont la relation exacte avec la lignée reste inconnue.

Émergence d’une famille identifiable

La famille apparaît plus nettement dans les sources à la charnière des XVIe et XVIIe siècles. Guillaume Angibaud, mort en 1604, est présenté comme notaire de la baronnie de Commequiers-lès-Challans. Il ajoute à son nom celui de « sieur de la Morinière », emprunté au village de La Morinière, situé à Challans. Son petit-fils Julien Angibaud s’établit à Beauvoir-sur-Mer au début du XVIIe siècle. Ces éléments attestent une progression sociale et géographique depuis le secteur de Challans vers Beauvoir-sur-Mer, mais ils sont postérieurs à la période médiévale proprement dite.

La qualification de famille d’ancienne bourgeoisie française convient à la présentation traditionnelle de la lignée, sans permettre de préciser, pour le Moyen Âge, son statut exact, ses possessions ou son éventuelle appartenance à la noblesse. Aucun titre n’est ici établi avant l’époque moderne, et la mention du Fief-Angibaud en 1456 ne doit pas être interprétée comme la preuve d’une seigneurie familiale.

La fratrie Angibaud pendant les guerres de Vendée

La notoriété historique de la famille provient surtout du rôle joué par plusieurs de ses membres dans le soulèvement royaliste de 1793. François Angibaud, sieur de La Morinière, et son frère Prosper Angibaud figurent parmi les premiers chefs royalistes de la paroisse de Beauvoir-sur-Mer. François, capitaine de paroisse, participa à l’organisation locale de l’insurrection et fut exécuté aux Sables-d’Olonne le 20 avril 1793 après son arrestation consécutive à la bataille de Saint-Gervais. Prosper, ancien receveur des domaines du roi, notaire et juge de paix, fut nommé aide de camp du roi par les comités royalistes de Challans et de Machecoul ; il fut exécuté le même jour.

Jeanne Félicité et Marie Sophie Angibaud furent arrêtées en 1794 avec leur frère André-Gabriel lors de la reprise de Beauvoir-sur-Mer. Accusées de partager les sentiments royalistes de leurs frères, elles furent condamnées à mort et fusillées au printemps 1794. André-Gabriel fut finalement innocenté par la commission militaire de Noirmoutier. Un autre frère, Jean Marie Angibaud, négociant à La Barre-de-Monts, semble s’être retiré de la lutte après la mort de ses frères ; il exerça ensuite des fonctions municipales à Notre-Dame-de-Monts.

Armes, alliances et continuité

Un Angibaud, identifié comme chanoine de Notre-Dame de Nantes, fit enregistrer en 1696 des armes de sinople à l’angelot d’argent. L’appartenance de ce personnage à la branche issue de Challans et de Beauvoir-sur-Mer n’est pas démontrée. De même, les alliances signalées avec les familles Tardiveau, Dorion, de La Touche Limouzinière et Maublanc de Bellevie relèvent de la période moderne ou contemporaine et ne permettent pas, en l’état, d’éclairer directement les origines médiévales de la lignée.

La famille Angibaud a subsisté après les bouleversements révolutionnaires, malgré les exécutions, les confiscations et l’incendie de sa demeure de la rue Saint-Nicolas à Beauvoir-sur-Mer. La continuité familiale est également illustrée, bien plus tard, par François Angibaud, matelot mort en 1915 lors de la bataille des Dardanelles. Ce destin postérieur ne modifie pas le constat principal : pour la période 460-1492, l’histoire de la famille repose surtout sur l’attestation toponymique de 1456, tandis que la filiation documentée ne devient véritablement suivie qu’à l’époque moderne.

Auteur/autrice

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