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Famille Champion

Origine et implantation

La famille Champion est une famille de petite noblesse vaudoise, originaire de Saint-Michel-de-Maurienne, dans la vallée de la Maurienne, en Savoie. Son histoire médiévale s’inscrit dans l’espace politique des comtes de Savoie, dont les possessions s’étendaient autour du Léman, en Chablais, dans le pays de Vaud et en Maurienne.

L’ascension sociale des Champion paraît liée à la mobilité de ses membres et à leur accès à des charges administratives ou judiciaires dans les terres savoyardes. Cette implantation ne se limite donc pas à un seul fief : la famille est attestée dans plusieurs localités et auprès de diverses institutions relevant de l’autorité comtale.

Charges et seigneuries

Vers 1370, Antoine Champion obtient la charge d’officier comtal dans la partie septentrionale du Léman. Cette fonction témoigne de l’intégration de la famille dans l’appareil administratif savoyard. Le même nom est également associé à la châtellenie de Rue, dans le pays de Vaud, Antoine Champion y étant mentionné comme châtelain.

Jacques Champion exerce la charge de bailli du Chablais de 1399 à 1403. Le bailli, représentant de l’autorité souveraine, assumait des responsabilités judiciaires, administratives et parfois militaires. L’exercice de cette fonction place ainsi Jacques Champion parmi les serviteurs importants du pouvoir savoyard dans une région stratégique.

Les nobles Champion sont en outre seigneurs de La Bâtie-Beauregard, à Collex-Bossy. La famille possède également des intérêts fonciers dans le pays de Vaud. Ces possessions et ces charges révèlent une position nobiliaire réelle, même si les Champion appartiennent à une petite noblesse plutôt qu’aux lignages les plus puissants de la région.

Une famille dans les réseaux régionaux

Les relations des Champion s’étendent à d’autres familles nobles du bassin lémanique. Amédée Champion, seigneur de Vaulruz et fils du noble Jacques Champion, donne à son cousin Jean de Blonay, coseigneur de Vevey, une maison située à Vevey, au Bourg de Blonay-Dessous. Cet acte illustre à la fois les liens de parenté et les relations patrimoniales entretenues par la famille dans le milieu nobiliaire vaudois.

Antoine Champion est également connu comme évêque de Mondovì, puis comme évêque de Genève. Ces fonctions ecclésiastiques attestent l’accès d’un membre de la lignée aux plus hauts niveaux de la hiérarchie religieuse régionale. Les éléments disponibles ne permettent toutefois pas de préciser ici les dates exactes de ses épiscopats ni la place exacte de cet Antoine dans la succession généalogique du lignage.

Évolutions après le Moyen Âge

La présence des Champion se prolonge au-delà de 1492 et permet d’observer la persistance de leurs intérêts dans le pays de Vaud. François Champion, lié à François Bonivard, le livre cependant au duc de Savoie en 1519. Cet épisode appartient à la période moderne, mais il montre que certains membres de la famille continuent d’évoluer dans les rapports de force politiques savoyards.

Lors de la conquête bernoise du pays de Vaud en 1536, un Champion possédant une importante propriété viticole à La Côte, appelée La Bâtie à Vinzel, est frappé d’une rançon considérable de cent écus. Ce fait confirme la continuité des possessions foncières et de la visibilité sociale de la famille après la fin de la période médiévale.

Armoiries

Deux formulations héraldiques sont associées à la famille Champion. La première décrit des armes « de gueules, à un chevalier équipé d’argent, sur un cheval du même ». Une autre donne « d’or, au cavalier armé de pied en cap, brandissant une épée, au naturel ». Ces deux blasons ne sont pas identiques ; ils peuvent correspondre à des traditions ou à des états héraldiques distincts, mais les éléments disponibles ne permettent pas d’en établir la chronologie ni de déterminer avec certitude lequel doit être retenu comme représentation médiévale principale.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr