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Famille d’Agoult

Origines et implantation en Provence

La famille d’Agoult, également appelée Agout dans certaines formes anciennes, appartient à la noblesse féodale de Provence. Elle apparaît dans la documentation à la fin du Xe siècle, dans la région d’Apt. Un acte daté du 14 novembre 992 mentionne Imbert ou Humbert d’Agoult, auquel Garac de Castellane-Lacoste concède plusieurs domaines en réparation du meurtre de son père. Cette mention constitue le premier témoignage assuré de la présence du lignage dans le pays d’Apt.

Les premiers biens associés aux d’Agoult semblent avoir été principalement des alleux, c’est-à-dire des terres ne relevant pas de droits seigneuriaux supérieurs. Leur implantation s’étend autour d’Apt, notamment sur les plateaux de Viens et de Caseneuve, dans les secteurs de Castillon, Sault, Simiane et Banon, ainsi qu’à Goult, Gordes, Beaumettes et Sorguette. La maîtrise de ces territoires s’inscrit dans les rivalités qui opposent alors plusieurs groupes aristocratiques provençaux, en particulier les d’Agoult-Simiane et les Castellane-Lacoste, soutenus par les vicomtes de Cavaillon.

L’origine exacte de leurs possessions demeure discutée. Certains rattachements anciens à la parenté de saint Mayeul de Cluny ont été proposés, mais ils ne sont pas établis avec certitude. Il est également possible que la famille ait accru ses biens par acquisition ou accaparement plutôt que par une transmission remontant à l’époque carolingienne.

Noms, pouvoir et affirmation lignagère

Au milieu du XIe siècle, les premiers membres connus sont parfois désignés par le cognomen « d’Apt ». Celui-ci est progressivement remplacé par « d’Agoult », attesté au plus tard à la fin du XIe siècle, puis par « de Simiane », employé à partir du XIIe siècle. Les formes d’Agoult et de Simiane peuvent coexister chez des membres d’une même parenté, tandis qu’une branche secondaire porte le nom de Viens, qui disparaît au XIIIe siècle.

Durant le XIe siècle, les d’Agoult renforcent leur position à Apt en s’associant à la réforme de l’Église et en se rapprochant de l’entourage comtal. Guillaume d’Agoult, mort vers 1035, épouse vraisemblablement Adélaïde de Reillanne. Leur fils Alfant devient évêque d’Apt au début de 1048. Les frères de celui-ci, Rostaing et Guillaume, sont coseigneurs d’Apt et donnent en 1056 le monastère de Saint-Pierre à la cathédrale. La famille participe ainsi à la reconstruction de l’établissement épiscopal et exerce une influence importante sur les institutions religieuses locales.

Formation des branches aux XIIe et XIIIe siècles

Rostaing d’Agoult épouse en secondes noces Gisle, fille de Raimbaud de Nice. Leur fils Laugier succède à son oncle sur le siège épiscopal d’Apt. Un descendant de Rostaing, Raimbaud d’Agoult, épouse Sancie, dame de Simiane. Leur fils Guiran prend le nom de Simiane et se trouve à l’origine de la famille de Simiane. Un autre rameau conduit aux d’Agoult proprement dits, dont la filiation est assurée à partir de Raimon ou Raymond, seigneur d’Agoult et de la vallée de Sault.

Raymond d’Agoult épouse Isoarde, fille du comte de Die. En juillet 1178, il figure à Arles lors du couronnement de Frédéric Barberousse comme roi de Bourgogne. À cette occasion, l’empereur lui reconnaît des droits féodaux sur la vallée de Sault ainsi que des droits de péage dans l’étendue du comté de Die. Ses descendants se répartissent entre plusieurs ensembles familiaux. Isnard est à l’origine de la branche aînée implantée en Provence, tandis qu’un autre Raymond fonde la branche des seigneurs de Beaurières, établie en Dauphiné.

La parenté s’étend également par des alliances. Mabille d’Agoult, dite d’Entrevennes, épouse Burgundion, issu de la famille vicomtale de Marseille. Leur fils Isnard reprend le nom et les armes de sa mère, donnant naissance au rameau d’Agoult d’Ollières. En 1182, Raimbaud d’Agoult remet au comte de Forcalquier plusieurs châteaux et possessions du diocèse de Sisteron en échange d’une garantie financière, témoignage des négociations féodales auxquelles participent les membres du lignage.

Rôle politique et mémoire de la maison

Aux XIIIe et XIVe siècles, les d’Agoult et leurs rameaux occupent des fonctions importantes dans les comtés de Provence et de Forcalquier. Plusieurs membres exercent la charge de sénéchal, notamment Amelin d’Agoult, seigneur de Curbans et de Claret, ainsi que Raymond et Fouque d’Agoult. Ce dernier est également seigneur de Sault, de Reillanne et du Luc, et porte au XIVe siècle le titre de marquis de Corfou.

La branche aînée conserve une place éminente dans la noblesse provençale jusqu’à son extinction au début du XVIe siècle. D’autres branches se maintiennent en Dauphiné, notamment autour de Beaurières, Montmaur et Voreppe. La lignée masculine s’éteint finalement en 1915 avec Hector d’Agoult. Par le mariage de sa fille Clémentine avec Antoine, baron Séguier, une descendance est ensuite autorisée à relever le nom d’Agoult sous la forme Séguier d’Agoult.

Auteur/autrice

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