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Famille d’Albenas

Origines et implantation en Languedoc

La famille d’Albenas est une famille de la noblesse du Languedoc, traditionnellement rattachée à Nîmes et à son environnement diocésain. Les mentions conservées la signalent dans le diocèse de Nîmes dès le XIVe siècle. Cette implantation s’inscrit dans le milieu des juristes, officiers urbains et propriétaires du Bas-Languedoc, où plusieurs lignées nobles associèrent fonctions judiciaires, responsabilités municipales et possession de terres.

Une tradition généalogique faisait remonter la filiation suivie à Raymond d’Albenas, professeur de droit, qui aurait servi dans les chevau-légers engagés contre les Anglais en 1350. Cette indication témoigne de l’ancienneté revendiquée par la maison, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à établir une continuité généalogique incontestable entre ce personnage et les représentants mieux documentés des siècles suivants.

Filiation et fonctions publiques

La filiation la mieux attestée dans la documentation nobiliaire conduit à Jean d’Albenas, coseigneur de Gajan, docteur en droit et premier consul de Nîmes en 1516. Il est également présenté comme député de la noblesse de cette ville aux États généraux réunis en 1560. Son activité illustre la place prise par certains membres de la famille dans la vie politique et administrative nîmoise à la charnière du Moyen Âge finissant et de l’époque moderne.

Un autre rameau est issu de Jacques d’Albenas, frère de Jean, docteur en droit et consul de Nîmes en 1520, auquel est associé le titre de seigneur de Pruneyron. Jacques et son frère Jean furent maintenus dans leur noblesse en 1668 après production d’une filiation remontant à leur trisaïeul Jean d’Albenas, coseigneur de Gajan. Cette décision constitue un témoignage important sur la reconnaissance administrative de la noblesse familiale, mais elle intervient bien après la période médiévale et ne résout pas toutes les incertitudes relatives aux générations antérieures.

Un milieu nîmois marqué par la Réforme

Au XVIe siècle, plusieurs membres liés à la famille d’Albenas apparaissent dans le milieu intellectuel et religieux nîmois, alors fortement touché par la Réforme. Jean Poldo d’Albenas, né à Nîmes en 1512 et mort en 1563, fut magistrat, juriste, historien et humaniste. Conseiller au présidial de Nîmes et de Beaucaire, il participa aux États généraux d’Orléans de 1560 comme député de la noblesse de la sénéchaussée de Beaucaire. Il est associé à la diffusion des idées réformées dans la région.

Son Discours historial de l’antique et illustre cité de Nismes, publié en 1557, associe l’histoire de la ville à l’étude de ses monuments antiques. L’ouvrage constitue un témoignage majeur sur la mémoire urbaine de Nîmes au XVIe siècle. Jean Poldo d’Albenas est également connu pour ses traductions de textes religieux et historiques. Sa trajectoire montre comment la culture juridique et humaniste présente dans certains rameaux de la famille s’articula aux transformations confessionnelles du Languedoc.

Rameaux et continuité

Une branche issue de Jacques d’Albenas passa à la Réforme et se réfugia à Lausanne après la révocation de l’édit de Nantes. Elle s’établit ensuite dans le pays de Vaud. Charles d’Albenas obtint par mariage la seigneurie de Sullens ainsi que la bourgeoisie de Rolle en 1770. Cette branche vaudoise s’éteignit dans les mâles en 1870. D’autres rameaux étaient encore signalés à Toulouse et à Montpellier au XXe siècle.

La famille d’Albenas est aujourd’hui considérée comme subsistante. Une rue d’Albenas à Nîmes conserve la mémoire de cette lignée et de son enracinement local. Pour la période 460-1492, son histoire demeure toutefois principalement fondée sur des mentions tardives et sur une tradition généalogique dont la continuité doit être appréciée avec prudence.

Auteur/autrice

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