Famille d’Albon (Lyonnais)
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Famille d’Albon (Lyonnais)
La famille d’Albon du Lyonnais est une famille noble française issue de la bourgeoisie urbaine de Lyon au Moyen Âge. Elle ne doit pas être confondue avec la maison d’Albon, qui donna les dauphins du Viennois et les comtes d’Albon. Aucun rattachement entre les deux lignées n’est établi avec certitude. La famille lyonnaise apparaît dans les sources à partir du XIIIe siècle et s’agrégea à la noblesse par l’acquisition de terres seigneuriales.
Origines lyonnaises et accession à la noblesse
La filiation suivie commence avec André d’Albon, mentionné comme simple citoyen de Lyon en 1265. Il prit part en 1269 aux luttes opposant une partie des bourgeois lyonnais à l’Église. Ces éléments témoignent de l’insertion ancienne de la famille dans la vie politique et sociale de la cité, mais ne permettent pas d’établir une origine aristocratique antérieure.
André d’Albon acquit en 1288 le petit fief de Curis, près de Lyon. Cette acquisition marque l’accès de la famille à la noblesse et constitue le point à partir duquel elle établit sa filiation noble. Il eut plusieurs fils, parmi lesquels Guy, Guillaume et Henri d’Albon, à l’origine des principales branches médiévales connues.
Guy d’Albon, chevalier et seigneur de Curis, de Saint-Forgeux et de Saint-Romain-de-Popey, épousa Marguerite d’Oingt en 1289. Guillaume d’Albon, marié la même année à Éléonore d’Oing, fut à l’origine de la branche des seigneurs de Bagnols, qui s’éteignit dans la famille de Balzac en 1454. Henri d’Albon acquit la seigneurie de Pollionay en 1293. Il conserva également une activité urbaine à Lyon, où il posséda quelque temps une boutique ou un atelier sur le pont de la Saône. Sa descendance disparut au début du XVe siècle.
Branches et implantation seigneuriale
La descendance de Guy d’Albon se divisa au XVe siècle. La branche de Saint-André s’éteignit au XVIe siècle. Une autre branche, établie sous les noms de Saint-Forgeux et de Saint-Marcel, se subdivisa ensuite en deux rameaux. Celui des marquis de Saint-Forgeux disparut au début du XVIIIe siècle, tandis que le rameau de Saint-Marcel assura la continuité de la lignée jusqu’à l’époque contemporaine.
La famille fut également représentée dans les institutions religieuses lyonnaises : vingt-six de ses membres exercèrent la charge de chanoine-comte au chapitre de Saint-Jean de Lyon entre les XIVe et XVIe siècles. Cette présence confirme l’importance acquise par la lignée dans la société ecclésiastique et politique du Lyonnais.
Personnalités médiévales et héritage politique
Les d’Albon de Saint-André occupèrent une place notable dans le gouvernement du Lyonnais. Jean d’Albon de Saint-André, né en 1472 et mort en 1547, fut gouverneur du Lyonnais. Son fils Jacques d’Albon de Saint-André, né vers 1512, lui succéda dans cette fonction et devint maréchal de France en 1547. Antoine Ier d’Albon, né en 1508, fut successivement archevêque d’Arles puis archevêque de Lyon.
Ces carrières ne doivent toutefois pas être projetées rétrospectivement sur les premiers d’Albon : au XIIIe siècle, la famille apparaît d’abord comme une lignée de notables lyonnais en voie d’ascension, avant de s’enraciner dans la noblesse foncière et les charges régionales.
Armes et continuité de la maison
Les armes attribuées à la famille sont de sable à une croix d’or. Un écartelé associant ces armes à celles des dauphins du Viennois a également été employé, mais cette combinaison repose sur une prétention généalogique qui n’est pas démontrée. Elle ne suffit donc pas à établir une origine commune avec la maison d’Albon dauphinoise.
Les rameaux de Saint-Forgeux et de Saint-Marcel conservèrent la mémoire des possessions et des titres de la famille. Le rameau de Saint-Marcel acquit notamment le château d’Avauges, à Saint-Romain-de-Popey, en 1555. La famille obtint plus tard le titre de marquis d’Albon, par lettres patentes de 1820, et s’éteignit en ligne masculine en 2015. Sa descendance subsiste par les lignes féminines.

Auteur/autrice
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