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Famille d’Aligre

La famille d’Aligre, anciennement écrite d’Haligre, est une famille de la noblesse française originaire de Chartres. Elle s’illustra surtout, à partir du XVIIe siècle, dans la magistrature, l’administration royale et les hautes charges de la monarchie. Elle donna deux chanceliers de France et plusieurs conseillers ou présidents au parlement de Paris. Sa fortune, considérable au XVIIIe siècle, lui permit d’acquérir ou de restaurer plusieurs domaines et de soutenir de nombreux établissements charitables.

Origines chartraines

La famille apparaît d’abord à Chartres sous le nom d’Haligre. Le premier auteur connu est Guillemin Haligre, tanneur chartrain né au début du XVe siècle. Son fils Étienne Haligre exerça comme greffier au présidial de Chartres et obtint ensuite la gestion du grenier à sel. Cette fonction contribua à établir la fortune familiale et à favoriser son ascension sociale.

Au cours du XVe siècle, les Haligre possédaient plusieurs biens à Chartres, notamment dans la rue Muret et près de la porte Saint-Jean. Ils résidaient également à l’entrée de la rue des Lices. Une tradition rapportée par certains auteurs rattache la famille à un groupe de Bretons établi à Chartres, dans un quartier clos par les fossés Sainte-Foi. Cette origine bretonne demeure toutefois une interprétation de l’histoire ancienne de la lignée et ne doit pas être tenue pour une filiation définitivement établie.

Ascension dans la magistrature royale

L’élévation de la famille est principalement liée à Étienne Ier d’Aligre (1550-1635). Président du présidial de Chartres en 1587, il fut également intendant de Charles de Bourbon, comte de Soissons. Henri IV le désigna pour la présidence du parlement de Bretagne, mais Louis XIII le fit entrer au Conseil d’État avant sa prise de fonctions. En janvier 1624, Étienne d’Aligre reçut les sceaux, puis fut nommé chancelier de France après la mort du chancelier de Sillery.

Il fut anobli par le roi en récompense de ses services. C’est à cette époque que l’orthographe « Aligre » s’imposa. Sa carrière prit fin avec l’arrivée au pouvoir de Richelieu : il fut éloigné de la cour et se retira au château de La Rivière, dans le Perche, où il mourut en 1635. Son fils, Étienne II d’Aligre (1592-1677), connut une carrière plus durable. Intendant en Languedoc et en Normandie, ambassadeur à Venise et directeur des Finances, il devint garde des sceaux en 1672, puis chancelier de France, charge qu’il conserva jusqu’à sa mort.

Fortune et marquisat d’Aligre

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, plusieurs membres de la famille occupèrent des fonctions dans la justice, l’Église et l’armée. Étienne François d’Aligre (1727-1800), président à mortier puis premier président au parlement de Paris, se signala par son opposition à certaines mesures fiscales et administratives de la monarchie. Il quitta sa charge en 1788 et s’exila au début de la Révolution. Ses opérations financières contribuèrent à faire de lui l’un des hommes les plus riches de son temps.

En 1777, la terre de Marans, en Aunis, fut érigée en marquisat sous le nom d’Aligre en sa faveur. La famille posséda également des biens en Eure-et-Loir, en Normandie, dans le Bordelais et dans plusieurs autres provinces. Parmi ses domaines figuraient notamment le château de La Rivière, le château des Vaux et le château de Baronville. Les armoiries attribuées à la maison sont décrites comme un chef portant trois soleils d’or sur champ d’azur, accompagné d’un burelé de dix bandes d’or et d’azur.

Derniers représentants et transmission du nom

Étienne Jean François d’Aligre (1770-1847), deuxième marquis d’Aligre et pair de France sous la Restauration, fut le dernier représentant direct de la famille. Il acquit le château des Vaux en 1804 et en entreprit la restauration. Avec son épouse Louise Camus de Pontcarré, il soutint notamment l’hospice de Bourbon-Lancy.

Par ordonnance royale de décembre 1825, les noms, titres et droits attachés à la pairie d’Aligre furent transmis à son petit-fils Étienne Marie Charles de Pomereu. Celui-ci porta dès lors le nom de de Pomereu d’Aligre. Mort en 1847, le deuxième marquis marqua l’extinction de la famille d’Aligre en ligne directe, tandis que le nom et une partie de la mémoire patrimoniale de la maison se perpétuèrent par les Pomereu d’Aligre, puis par le rameau de Rougé d’Aligre.

Auteur/autrice

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