Famille Dallèves
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Famille Dallèves
Origines et nom
La famille Dallèves, anciennement désignée sous la forme d’Allèves, est une lignée valaisanne dont le nom se rattache au hameau d’Allèves, situé dans l’Entremont, à la limite des territoires actuels de Liddes et de Bourg-Saint-Pierre. Le toponyme est attesté sous la forme Alèves dès 1228 et 1236. Des lieux voisins, notamment un torrent et un col, ont conservé cette dénomination.
La plus ancienne mention connue d’un membre de la famille remonte à 1228. Pierre de Aleves figure alors parmi les procureurs de Liddes dans un acte relatif à la délimitation du territoire avec Orsières. Cette présence dans une fonction de représentation locale témoigne de l’insertion précoce de la lignée dans les institutions de l’Entremont. Les sources disponibles ne permettent toutefois pas de reconstituer une filiation continue entre ce Pierre de Aleves et les branches connues à l’époque moderne.
Présence médiévale dans l’Entremont
La famille est attestée à Sembrancher avant 1446. Cette implantation constitue le premier point solidement documenté de son établissement durable dans l’Entremont, avant son expansion ultérieure vers Sion. À la fin du Moyen Âge, les données conservées permettent surtout de constater la présence locale du lignage ; elles ne suffisent pas à préciser l’étendue de ses biens, ses alliances ou son rôle exact dans les structures politiques de la châtellenie.
Le rattachement au hameau d’Allèves explique l’ancienne forme du nom. La graphie contractée Dallèves ne s’impose que plus tard, principalement dans la branche établie à Sion. La branche demeurée dans l’Entremont conserva pour sa part la forme d’Allèves. Cette différence orthographique relève donc de l’évolution des usages familiaux et administratifs, plutôt que de l’existence nécessaire de deux lignées distinctes.
Ascension sociale et fonctions publiques après 1492
Après la période médiévale, les Dallèves occupèrent une place importante dans la vie politique et administrative valaisanne. La branche de Sembrancher donna notamment des notaires, des officiers et des magistrats. Elle fournit aussi des bannerets, des châtelains, des lieutenants et un sautier général, surtout entre la fin du XVIIe siècle et la fin du XVIIIe siècle. Par alliances, elle recueillit les biens et certaines charges auparavant détenus par les familles Fabri et Volluz.
Maurice d’Allèves, notaire, châtelain et banneret général de l’Entremont de 1701 à 1728, est présenté comme l’ancêtre des branches existantes. Ses fils poursuivirent la lignée à Sembrancher, tandis que deux autres fils contribuèrent à son établissement à Sion. Gaspard-Étienne d’Allèves fut reçu bourgeois de Sion en 1737 ; ses descendants formèrent les branches sédunoises auxquelles s’attacha progressivement la graphie « Dallèves ».
Église, armée et culture
La famille fournit plusieurs ecclésiastiques, notamment des chanoines du Grand-Saint-Bernard. Parmi eux figurent Gaspard-Gabriel et Félix-François Dallèves, ainsi que Pierre-Antoine-Joseph Dallèves, qui fut prieur de l’hospice, chancelier épiscopal à Sion et doyen de Martigny. Ces carrières prolongent, à l’époque moderne et contemporaine, l’intégration de la famille dans les institutions religieuses et civiles du Valais.
Aux XIXe et XXe siècles, plusieurs membres exercèrent également des fonctions militaires, administratives et politiques. Raphaël Dallèves fut officier, député au Grand Conseil du Valais et chancelier d’État ; Maurice Dallèves fut ingénieur ferroviaire, colonel et commandant de la place de Sion. Le peintre Raphy Dallèves, associé à l’École de Savièse, contribua à la renommée culturelle de la famille. Ses donations à la Ville de Sion et à l’État du Valais furent à l’origine d’un important ensemble conservé à la Majorie.
Armoiries
Les armes attribuées à la famille sont : d’azur à un coq d’or, membré de gueules, perché sur un coupeau de sinople, accompagné en chef de deux étoiles d’or. Une variante décrit le support comme un tertre de trois pics de sinople et remplace les étoiles par deux molettes. Ces armoiries documentent l’identité héraldique de la famille, mais leur datation médiévale n’est pas établie par les éléments disponibles.

Auteur/autrice
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