Famille d’Andlau
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Famille d’Andlau
Origines et formation du lignage
La famille d’Andlau, appelée von Andlau ou Andlaw dans les sources germaniques, est un lignage noble originaire de Basse-Alsace, associé à la ville et à l’abbaye d’Andlau. Son apparition documentaire se situe au milieu du XIIe siècle. Le nom ne désigne toutefois pas toujours un membre de la même famille : au XIIe siècle, von Andlau pouvait aussi qualifier une personne originaire du lieu.
Le plus ancien personnage cité est Otton d’Andlau, mentionné en 1145 comme vidame et chevalier dans une charte relative à un droit de pacage à Onolvesheim. Dans la seconde moitié du XIIe siècle apparaissent Anihel, Bernher et Gerhard d’Andlau, ministériaux de l’abbaye. C’est à cette époque que le nom semble se stabiliser comme cognomen héréditaire. L’hypothèse d’une relation ancienne avec l’avouerie de l’abbaye d’Andlau est vraisemblable, mais les documents ne permettent pas d’en faire une filiation certaine pour les premiers degrés.
Une tradition tardive faisait remonter l’usage du nom à Hélène d’Andlau, réputée présente à un tournoi de Brunswick en 996. Cette attribution n’est pas retenue par l’étude critique des sources : les récits de tournois concernés sont considérés comme peu fiables pour établir une généalogie médiévale. De même, la filiation proposée entre les d’Andlau et les barons de Berckheim demeure incertaine, malgré une tradition d’ancêtre commun attestée à la fin du XVe siècle.
Implantation territoriale et châteaux
La puissance du lignage se construit au XIIIe siècle autour de plusieurs implantations. Eberhard d’Andlau, ministérial de l’abbaye, est associé à l’édification du château de Haut-Andlau, ou Hohandlau, sur une terre relevant de l’Empire. La construction se situe dans le courant du XIIIe siècle, probablement entre 1249 et 1264 ; le château est mentionné en 1274, lorsque le roi Rodolphe de Habsbourg en légalise l’inféodation. L’ouvrage domine la région de Barr et contribue à l’affirmation territoriale de la famille.
La position du château doit cependant être interprétée avec prudence. Les d’Andlau ne contrôlaient pas directement toute la vallée d’Andlau : l’avouerie de l’abbaye se trouvait alors entre les mains des nobles von der Dicke, tandis que les abbesses conservaient une capacité d’action importante. La famille reçut également l’autorisation de l’évêque de Strasbourg d’élever une fortification dans le cimetière fortifié de Valff, construction probablement liée au même Eberhard. Ces établissements formaient un réseau de positions destiné à renforcer les intérêts du lignage en Alsace.
Noblesse et présence au Moyen Âge
Les d’Andlau sont qualifiés de chevaliers dès 1214. Une charte impériale de 1315 les désigne comme nobles, qualification renouvelée en 1399, date à partir de laquelle ils portent aussi le titre d’écuyer. La famille appartient ainsi à la basse noblesse régionale, tout en conservant des liens étroits avec les institutions impériales et ecclésiastiques d’Alsace.
Selon une tradition institutionnelle ensuite confirmée, la Bulle d’or de 1356 leur reconnaît le rang de « premier des quatre chevaliers héréditaires du Saint-Empire romain germanique ». Cette prééminence est confirmée en 1550 ; elle témoigne du rang revendiqué par le lignage, même si son interprétation doit être replacée dans les usages et hiérarchies de la chevalerie d’Empire. Quatre membres de la famille périssent à la bataille de Sempach en 1386, épisode qui illustre leur participation aux conflits de l’espace impérial.
Au Moyen Âge, des d’Andlau exercent des fonctions religieuses et municipales à Strasbourg, à Bâle et dans d’autres établissements alsaciens. La famille fournit notamment des abbesses à Andlau, à Hohenbourg et à Saint-Étienne de Strasbourg. Bartholomée d’Andlau, maître ès arts, devient abbé de Murbach en 1447 ; Georges d’Andlau est également connu comme religieux et humaniste. Hartmann d’Andlau participe, à la fin du XVe siècle, aux délégations bâloises envoyées aux Diètes de Worms et de Fribourg-en-Brisgau.
Continuité dynastique et héritage
À la fin du Moyen Âge, les d’Andlau disposent donc d’un patrimoine territorial, d’une tradition chevaleresque et d’une présence ecclésiastique solidement établis. Leurs possessions s’étendent ensuite notamment vers Hombourg, Petit-Landau, Kingersheim et Wittenheim. Une partie de la famille adopte le protestantisme à l’époque de la Réforme, tandis que d’autres branches demeurent actives dans les principautés ecclésiastiques de Haute-Alsace et de l’évêché de Bâle.
Les confirmations impériales et les reconnaissances nobiliaires des XVIIe et XVIIIe siècles prolongent cette position ancienne. Des branches obtiennent alors les titres de baron, puis de comte, tandis que la branche française conserve une place dans la noblesse subsistante. Cette continuité, attestée au-delà de 1492, repose sur un lignage médiéval dont l’identité se précise progressivement entre le XIIe et le XIVe siècle.

Auteur/autrice
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