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Famille d’Angennes

Origine et implantation

La famille d’Angennes est une maison noble française, tirant son nom de la terre d’Angennes, située dans le Thymerais, aux confins du Perche. Elle est attestée de manière suivie à partir du début du XIVe siècle. Le premier membre connu par des actes est Regnault d’Angennes, écuyer, qui acquit le 8 avril 1304 un hébergement pour la somme de 950 francs d’or du poids commun. Cette mention constitue le point de départ documentaire généralement retenu pour la connaissance de la lignée.

Au cours du Moyen Âge, les d’Angennes étendirent leur implantation autour de plusieurs seigneuries, notamment Rambouillet et La Loupe. Leur ascension reposa à la fois sur la possession foncière, les acquisitions et le service des princes. La famille fournit des officiers, des chambellans et des hommes d’armes à la monarchie française, dans un contexte marqué par la guerre de Cent Ans et la réorganisation du pouvoir royal.

Les seigneurs de Rambouillet au XIVe et au XVe siècle

Regnault, ou Renault, d’Angennes, mort en 1417, est présenté comme le fils de Robert d’Angennes. Il porta le titre de seigneur de Rambouillet et exerça les fonctions de grand écuyer du roi, de chambellan et de maître des portes de la sénéchaussée de Carcassonne. Son mariage avec Anne d’Angelliers donna notamment naissance à Jean d’Angennes, dit Sapin, et à Louis.

Jean Ier d’Angennes, mort en 1418, fut chevalier, seigneur de Rambouillet et de La Loupe, chambellan du roi et du duc de Guyenne. Il fut également gouverneur du Dauphiné. Son destin s’inscrit dans les affrontements de la phase lancastrienne de la guerre de Cent Ans : il fut décapité sur ordre du roi d’Angleterre lors du siège de Rouen en 1418.

Son fils Jean II, également appelé Sapin, prolongea la position de la maison dans l’entourage royal. Chevalier, seigneur de Rambouillet, écuyer d’honneur de Charles VII et gouverneur de Mantes, il mourut en 1490. Son épouse était Philippa du Bellay. Tous deux furent ensevelis dans l’église Saint-Lubin de Rambouillet, qui devint un lieu important de mémoire familiale.

Seigneuries et service de la monarchie

Charles Ier d’Angennes, fils de Jean II, fut seigneur de Rambouillet et de La Loupe. Il épousa en 1491 Marguerite de Coësmes de Lucé. Mort en 1514, il appartient par sa vie à la charnière entre le Moyen Âge et les temps modernes, mais sa position et ses alliances prolongent directement l’implantation acquise par ses prédécesseurs.

La génération suivante assura une expansion considérable de la maison. Jacques Ier d’Angennes, fils de Charles Ier, devint seigneur de Rambouillet, de Villeneuve et de Maintenon, entre autres terres. Favori de François Ier, capitaine des gardes du roi et chargé de missions en Allemagne, il illustre le passage d’une noblesse principalement seigneuriale à une aristocratie étroitement liée au service monarchique. Son mariage avec Isabeau Cotereau contribua à l’entrée de Maintenon dans le patrimoine familial, par l’héritage de cette dernière.

Branches et postérité de la maison

À partir des fils de Jacques Ier, la famille se divisa en plusieurs rameaux. Charles d’Angennes devint évêque du Mans et cardinal de Rambouillet ; Claude d’Angennes fut évêque de Noyon puis du Mans ; Louis d’Angennes fut à l’origine de la branche de Maintenon. Nicolas d’Angennes, seigneur de Rambouillet, fut quant à lui capitaine des gardes, ambassadeur et gouverneur de Metz. Ces carrières témoignent de la diversité des fonctions exercées par la famille dans la noblesse de service.

La branche de Rambouillet acquit une renommée particulière au XVIIe siècle avec Charles II d’Angennes, marquis de Rambouillet et de Pisani, et son épouse Catherine de Vivonne. Leur fille Julie d’Angennes, connue sous le nom de « l’incomparable Julie », fut ensuite associée à la vie littéraire de l’hôtel de Rambouillet. La branche de Maintenon connut également une destinée notable : Charles-François d’Angennes vendit en 1674 le château et le titre de Maintenon à Françoise d’Aubigné, future marquise de Maintenon. Ces développements, postérieurs à 1492, éclairent la continuité et l’ampleur prises par la maison après son implantation médiévale.

Auteur/autrice

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