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Famille d’Arbaud

Origines et premiers témoignages

La famille d’Arbaud est une ancienne famille provençale, dont la tradition généalogique fait remonter l’origine à la première moitié du XIVe siècle. Certaines généalogies mentionnent Barthélémi d’Arbaud, chevalier vivant en 1324, présenté comme chancelier de Robert d’Anjou, comte de Provence, et époux de Béatrice de Fos. Cette ascendance ancienne n’est toutefois pas unanimement admise. Les généalogies qui la retiennent ne concordent pas avec une filiation établie à partir de titres originaux, de sorte qu’elle doit être considérée comme une tradition généalogique plutôt que comme un fait pleinement assuré.

La filiation de la branche qui se perpétua est plus solidement rattachée à Arbaud d’Arbaud. Celui-ci apparaît dans les affaires publiques provençales à la fin du XIVe siècle : il assista aux États de Provence en 1397 comme député de la ville d’Aulps, puis en 1398 comme syndic de la ville d’Aix. Il est encore mentionné dans un titre relatif aux États de 1428, ainsi que dans une vente de 1433 et une procuration de 1439.

Statut social et filiation médiévale

Les qualifications employées pour désigner Arbaud d’Arbaud éclairent la position sociale de la famille à ses débuts. En 1397, il ne reçoit aucune qualification particulière. En 1428, il est appelé « noble et discret homme maître Arbaud d’Arbaud », puis « noble monsieur » dans des actes de 1433 et de 1439. Ces formules peuvent témoigner d’une ascension sociale, mais elles ne suffisent pas à établir qu’il appartenait déjà à la noblesse ancienne. Selon l’interprétation retenue par certains généalogistes, il aurait plutôt appartenu à la haute bourgeoisie provençale, avant la reconnaissance nobiliaire de ses descendants.

Arbaud d’Arbaud était marié à Antoinette de Pingon. Leur fils Guillaume d’Arbaud, qui testa en 1505, constitue le point de départ assuré des principales branches ultérieures. Les actes le qualifient tantôt de « noble », tantôt de « noble homme » ou de « noble et honorable homme ». Ces variations montrent que la situation juridique et sociale de la famille était encore formulée de manière diverse à la charnière des XVe et XVIe siècles. Guillaume d’Arbaud épousa Honorade de Fabry et eut trois fils, à l’origine de trois grandes branches.

Branches et implantation provençale

La descendance de Guillaume d’Arbaud se répartit en plusieurs rameaux. La branche d’Aulps fut liée aux seigneuries de Bresque et de Châteauvieux ; elle obtint une maintenue de noblesse le 28 septembre 1668 et s’éteignit en 1698. La branche de Bargemont, associée à la seigneurie de Peynier, disparut en 1666. La branche de Porchères donna les rameaux de Rognac, de Porchères et de Gardane ; elle fut la dernière à subsister et s’éteignit en 1950.

Ces développements sont postérieurs à la période médiévale, mais ils prolongent une implantation dont les premiers repères apparaissent dans les villes et institutions de Provence à la fin du Moyen Âge. La trajectoire de la famille illustre ainsi le passage d’une notabilité urbaine, attestée par les charges de syndic et de député, à une position nobiliaire reconnue pour plusieurs de ses branches.

Rôle et postérité

Les d’Arbaud fournirent, au cours des siècles suivants, des chevaliers de l’ordre de Malte, des présidents et conseillers au Parlement de Provence et à la Chambre des comptes de Provence, ainsi que des officiers généraux. La famille donna également des hommes de lettres, parmi lesquels François d’Arbaud de Porchères (1590-1640), poète, et Joseph d’Arbaud (1874-1950), poète de langue et de culture provençales.

Pour la période comprise entre 460 et 1492, la documentation disponible ne permet pas de retenir une origine antérieure au XIVe siècle avec le même degré de certitude. Le rattachement à Barthélémi d’Arbaud doit donc être distingué de la filiation suivie à partir d’Arbaud d’Arbaud, mieux attesté dans les actes provençaux de la fin du Moyen Âge.

Auteur/autrice

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