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Famille de Beyens de Grambais

Origines et implantation

La famille de Beyens de Grambais, également désignée sous la forme van Beyens dans les documents anciens, est une famille noble originaire de Bois-le-Duc, dans le Brabant septentrional. Elle s’établit ensuite dans les anciens Pays-Bas méridionaux, principalement dans le Brabant wallon et, par alliances, dans le Hainaut. Son histoire connue s’étend surtout du XVIe au début du XIXe siècle.

La généalogie familiale rattache la lignée à Godefroy van Beyens, qualifié d’écuyer. Ses descendants apparaissent à Bois-le-Duc comme écuyers, chevaliers ou seigneurs de biens situés dans le Brabant septentrional. Parmi eux figurent Henri Beyens, seigneur de Drummel, Goswyn van Beyens, chevalier mort en 1534, puis Dominicus van Beyens, dit « le Docte », et son fils Goswyn, également seigneur de Drummel.

Pierre Beyens, né à Bois-le-Duc au XVIe siècle, exerça des fonctions financières et administratives importantes, notamment comme conseiller, receveur et dépositaire de l’Amirauté établie à Bergues-Saint-Winoc, puis comme surintendant et receveur des droits de licence sur le Rhin et la Lippe. De son premier mariage avec Élisabeth de Magistris naquirent notamment François Beyens et Frédéric van Beyens, qui sont à l’origine des deux principales branches connues de la famille.

La branche de Grambais

François Beyens, né à Amsterdam en 1610 et mort en 1670, poursuivit la carrière administrative de son père. Il fut surintendant et receveur des droits de licence sur le Rhin et la Lippe. Il s’établit dans le Brabant wallon et devint seigneur de Grambais, près de Nivelles. Son mariage avec Anne Cornelia de Maillot l’intégra à plusieurs familles de la noblesse des Pays-Bas méridionaux.

En 1647, Philippe IV d’Espagne accorda à François Beyens des lettres patentes de noblesse. Cet acte confirma officiellement son statut nobiliaire dans le cadre politique des Pays-Bas espagnols. La seigneurie de Grambais donna dès lors son nom à la branche méridionale, désignée comme famille de Beyens de Grambais.

Son fils Grégoire Ignace de Beyens, seigneur de Grambais et d’Houvigneul en Artois, devint l’unique héritier féodal des possessions provenant des familles paternelle et maternelle. Il épousa successivement Anne, ou Marie, de Rolly, puis Maximilienne Philippine Godelive, baronne de Ghistelles. La transmission des biens fut ensuite marquée par la situation particulière de son fils Michel Joseph.

Michel Joseph de Beyens entra en 1693 à l’abbaye d’Orival sous le nom de frère Joseph Beyens. Ses vœux furent déclarés nuls en 1715 par une sentence ecclésiastique. Il revendiqua alors la possession de ses biens, notamment la seigneurie de Grambais, qui avait fait l’objet d’une acquisition par la famille de Herzelles. Un accord conclu en 1720 permit le règlement de cette contestation.

Les descendants de Michel Joseph restèrent liés au Brabant wallon et au Hainaut. Sa fille Sophie Frédérique de Beyens de Grambais épousa Antoine François de Biseau, écuyer et seigneur de plusieurs terres du Hainaut. Une autre fille, Marie Benoîte, ou Bénédictine, demeura célibataire et habitait encore à Braine-le-Comte au début du XIXe siècle.

La branche de Frédéric van Beyens

Frédéric van Beyens, chevalier, frère de François, fut conseiller-maître à la Chambre des comptes de Brabant. Son mariage avec Catherine van Worcom lui apporta les titres et biens attachés aux domaines de Goedenrath et de Vogelsang. Ses enfants contractèrent des alliances dans la noblesse rhénane, brabançonne et espagnole.

Sa fille Marie Élisabeth devint dame de Goedenrath et de Vogelsang et épousa Jean Adrien, baron de Witte van Limminghe. Son fils Ignace servit comme capitaine aux Gardes wallonnes en Espagne. La succession directe passa ensuite par Louis van Beyens et son unique enfant, Marie Catherine, épouse de Godefroy, baron van Balen dit d’Homborg. Cette branche s’éteignit sans descendance.

Armoiries et extinction

Les armes anciennes de la famille sont décrites ainsi : d’argent au lion d’azur, armé, lampassé et allumé de gueules. Les armes concédées à François Beyens en 1647 reprenaient ce motif avec quelques variantes : d’argent au lion d’azur, allumé, lampassé et armé d’or, à la queue fourchue passée en sautoir.

La famille van Beyens et la famille de Beyens de Grambais s’éteignirent dans leurs deux branches. Marie Benoîte Beyens de Grambais, morte au début du XIXe siècle, en fut la dernière représentante connue. La continuité du nom et de la mémoire familiale se maintint toutefois dans les actes généalogiques et dans les alliances contractées avec plusieurs maisons nobles du Brabant wallon, du Hainaut et des régions voisines.

Auteur/autrice

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