×
  • 677 words

Famille de Cartier

Origines et implantation liégeoise

La famille de Cartier, anciennement orthographiée « de Quartier », est une famille originaire de Liège. Sa lignée prouvée remonte à 1455, ce qui atteste son ancienneté à la fin du Moyen Âge, sans permettre toutefois de reconstituer avec certitude l’ensemble de ses ascendants antérieurs. Les documents disponibles ne fournissent pas d’éléments suffisamment précis sur une éventuelle origine plus ancienne, sur un premier fief ou sur des armoiries médiévales propres à la famille.

À la fin de la période médiévale, Liège constitue le principal cadre d’implantation de la lignée. La ville et la principauté épiscopale offrent alors un environnement où les fonctions administratives, judiciaires et municipales favorisent l’ascension de familles urbaines. La continuité de la présence des de Cartier à Liège est mieux documentée à partir de l’époque moderne, notamment par l’exercice de charges publiques et par des alliances avec des familles établies dans la principauté.

Charges publiques et ascension sociale

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, plusieurs membres de la famille occupent des fonctions importantes dans la cité de Liège. Jean-Arnould de Cartier, procureur général et trésorier du prince-évêque, devient bourgmestre de Liège au début du XVIIIe siècle. D’autres représentants de la lignée, notamment Louis-Joseph, Jean-Louis et Pierre-Robert de Cartier de Marchienne, exercent également la fonction de bourgmestre à différentes dates.

Cette présence dans les institutions liégeoises prolonge une implantation urbaine ancienne et contribue à l’élévation sociale de la famille. Pierre-Robert de Cartier de Marchienne, seigneur de Marchienne et bourgmestre de Liège en 1768, est aussi connu comme écrivain wallon liégeois. Les différentes branches se diffusent progressivement dans les provinces de Liège et de Hainaut, ainsi qu’à Bruxelles.

Marchienne et les possessions seigneuriales

Le lien entre la famille et la seigneurie de Marchienne se forme au début du XVIIIe siècle. La seigneurie, fief dépendant de la cour du prince-évêque de Liège, avait été acquise en 1695 par l’industriel Guillaume Bilquin. Sa fille, Marie-Agnès Bilquin, épousa Jean-Louis de Cartier, établissant ainsi le rattachement de la famille à Marchienne. Le château et la seigneurie demeurèrent associés aux de Cartier de 1725 à 1938.

Cette possession explique l’usage ultérieur du nom « de Cartier de Marchienne » par une branche familiale. Le château, plusieurs fois reconstruit et agrandi, fut en grande partie détruit par un incendie en 1932, puis racheté par la commune de Marchienne en 1938. La partie ancienne de l’édifice conserve des éléments liés à ses propriétaires successifs, mais l’essentiel de sa configuration actuelle est postérieur à la période médiévale.

De la noblesse héréditaire à l’époque contemporaine

La famille connaît une nouvelle étape d’élévation sous le Royaume uni des Pays-Bas. Plusieurs frères de Cartier sont admis dans la noblesse héréditaire en 1823 et 1826. Jean-Baptiste Louis de Cartier d’Yves reçoit en 1823 le titre de baron, d’abord transmissible par primogéniture, puis étendu en 1841 à l’ensemble de ses descendants. D’autres branches obtiennent une reconnaissance de noblesse sans titre, tandis qu’Eugène-Amour de Cartier reçoit le titre de baron en 1857.

Au XIXe siècle, les de Cartier participent au développement industriel des bassins liégeois et hennuyer. Ils sont associés à des forges, des hauts-fourneaux, des moulins à vapeur, des concessions houillères et des voies ferrées. Ces investissements connaissent aussi des difficultés financières, qui affectent certaines branches.

La famille demeure représentée dans la vie publique belge. Émile de Cartier de Marchienne exerce une carrière diplomatique et devient ambassadeur à Londres pendant la Seconde Guerre mondiale. Par sa mère, Fernande de Cartier de Marchienne, l’écrivaine Marguerite Yourcenar appartient également à cette ascendance ; elle évoque cette famille dans Souvenirs pieux. Plusieurs branches nobles subsistent après 1945, notamment sous les noms de Cartier d’Yves et de Cartier de Marchienne.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr