×
  • 599 words

Famille de Chestret

Origines et établissement à Liège

La famille de Chestret est une famille originaire du Hainaut, dont l’implantation à Liège intervient vers la fin du XVIe siècle. Cette chronologie la place à la limite, ou légèrement après la limite, de la période médiévale proprement dite. Aucun élément fourni ne permet d’établir une présence de la lignée dans la principauté de Liège avant cette installation.

La généalogie traditionnellement retenue fait commencer la lignée suivie à Nicolas de Chestret, né vers 1540 et mort à Liège. Il est qualifié d’échevin de Gosselies. Son établissement liégeois marque le point de départ de l’ascension locale de la famille. Dans les générations suivantes, ses descendants se consacrent à l’étude du droit et prennent une part croissante aux affaires publiques.

Branches et ascension sociale

La maison se divise en deux branches principales. La première conserve le nom de Chestret. La seconde est connue sous le nom de Chestret de Haneffe et devient finalement la seule branche subsistante. Toutes deux comptent plusieurs représentants dans les fonctions municipales et administratives de Liège.

Jean-Rémy de Chestret (1672-1765) obtient en 1755 une concession de noblesse ainsi que le titre de chevalier du Saint-Empire. Plusieurs fois bourgmestre de Liège, il incarne l’intégration de la famille dans les élites dirigeantes de la cité. Pierre-Remy de Chestret est à l’origine de la branche de Chestret de Haneffe.

La branche issue de Pierre-Remy reçoit en 1816 un titre non transmissible de baron sous le nom de de Chestret de Haneffe. En 1884, la famille obtient la concession d’un titre de baron transmissible par primogéniture masculine. Ces décisions, postérieures à la période médiévale, expliquent la forme nobiliaire sous laquelle la lignée est principalement connue à l’époque contemporaine.

Rôle dans la vie liégeoise

Au XVIIIe siècle, Jean-Nicolas de Chestret (1728-1810), chevalier, exerce plusieurs fonctions importantes : conseiller privé et secrétaire de Son Altesse Sérénissime, sous-lieutenant des fiefs et greffier de la Souveraine Justice de Liège. Son parcours illustre l’orientation juridique et administrative prise par plusieurs membres de la famille.

Jean-Remy de Chestret (1739-1809), baron, joue un rôle notable durant la Révolution liégeoise. Colonel commandant du régiment municipal, il est associé au mouvement politique et militaire de la cité ; son nom est cité dans le deuxième couplet du Valeureux Liégeois, composé en 1790. Il devient ensuite membre du Sénat conservateur français.

La branche de Chestret de Haneffe au XIXe siècle

Hyacinthe de Chestret de Haneffe (1797-1861), baron, est lieutenant-colonel de la garde civique, bourgmestre de Waremme et sénateur de 1846 à 1851. Sa fille Léonie de Waha (1836-1926) se distingue comme pédagogue, militante wallonne et féministe belge ; elle prolonge, dans un autre domaine, la présence de la famille dans la vie publique et culturelle.

Jules de Chestret de Haneffe (1833-1909), baron, bourgmestre de Donceel, est numismate et bibliophile. Membre de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, il contribue à la notoriété intellectuelle de la branche subsistante.

Armoiries

Les armes de la famille sont coupées : en chef, d’azur à trois étoiles à six rais d’or ; en pointe, d’argent au lion de sable, couronné d’or, armé et lampassé de gueules. La couronne est composée de neuf perles. Les supports sont deux lions de sable contournés, couronnés d’or, armés et lampassés de gueules.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr