Famille de Corbières
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Famille de Corbières
La famille de Corbières est une famille noble fribourgeoise, originaire de la Gruyère et aujourd’hui éteinte. Son histoire est étroitement liée à la seigneurie de Corbières, ainsi qu’à plusieurs possessions et fonctions exercées dans le pays de Vaud, en Gruyère, dans le Pays-d’Enhaut et jusqu’en Valais. Elle apparaît dans les sources médiévales à la faveur de donations religieuses, avant de se distinguer par la détention de droits seigneuriaux et par le service administratif de plusieurs puissances régionales.
Premières mentions et implantation
La première mention connue de la famille figure sur la Pancarte de Rougemont, datée de 1115. Cette charte rassemble notamment des donations faites au prieuré de Rougemont, établissement fondé entre 1073 et 1085. Le premier membre explicitement cité est Guillaume de Corbières, nommé Willelmus de Corberes. Cette apparition documentaire atteste l’existence de la famille au début du XIIe siècle et son insertion dans les réseaux aristocratiques de la Gruyère.
Les Corbières détenaient la seigneurie homonyme ainsi que divers biens et droits dispersés. Leur influence s’étendait jusqu’au Valais, ce qui témoigne de relations dépassant le cadre de leur implantation principale. L’enchevêtrement des possessions et des droits entre les Corbières, les Gruyère et les Grandson a conduit certains historiens à envisager une origine commune à ces familles. Cette proposition demeure une interprétation fondée sur les rapprochements documentaires et ne constitue pas une filiation démontrée.
Seigneurie de Corbières et branches
La seigneurie de Corbières fut partagée en 1249 ou 1250. Girard reçut Charmey, tandis que Richard reçut Bellegarde. Cette division marque une étape importante dans la différenciation des rameaux et dans la répartition des droits seigneuriaux de la famille. La branche issue de Charmey est notamment représentée par Girard de Corbières-Charmey, associé à la fondation de la chartreuse de La Valsainte.
La famille de Vuippens est présentée comme une branche cadette des Corbières. Les liens entre les différentes branches doivent toutefois être replacés dans le détail des actes médiévaux, car la documentation conservée ne fournit pas ici une généalogie complète et continue. Les désignations de Corbières, de Corbières-Charmey et de Bellegarde renvoient à des rameaux ou à des implantations seigneuriales distinctes au sein de la même parenté historique.
Biens, droits et fonctions
Les possessions des Corbières comprenaient la seigneurie de Corbières et des biens en Valais. Guillaume V détenait des dîmes à Riaz, qu’il tenait d’Yblet de Belmont. En 1350, Mermet et Perrod de Corbières possédaient également des biens à Lutry et à Villarzel, tenus de l’évêque de Lausanne. Ces dépendances illustrent la diversité des liens féodaux entretenus par la famille, dont les biens ne formaient pas un ensemble territorial parfaitement continu.
Plusieurs membres exercèrent des fonctions de châtelain. Mermet de Corbières fut châtelain de Châtel-Saint-Denis de 1350 à 1352, puis de Grassbourg de 1356 à 1359. Rodolphe de Bellegarde était châtelain de Gessenay dès 1401. Ces charges plaçaient les représentants de la famille au cœur de l’administration seigneuriale et judiciaire des territoires concernés.
Armes et devenir
Les armes attribuées à la famille se blasonnent ainsi : de gueules à la bande d’argent chargée d’un corbeau de sable. Elles associent un champ rouge à une bande blanche portant un corbeau noir, motif qui fait écho au nom de la famille.
La branche de Bellegarde demeura présente au début de l’époque moderne : en 1502, Jacques de Bellegarde vendit à Fribourg sa part de la seigneurie de Bellegarde. Cet acte, postérieur à la période médiévale considérée, signale la persistance de droits issus de la famille dans les années qui suivirent le Moyen Âge. La maison de Corbières est néanmoins regardée comme éteinte par la suite.

Auteur/autrice
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