Famille de Cossonay
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Famille de Cossonay
Origines et implantation dans le Pays de Vaud
La famille de Cossonay est un lignage de haute noblesse du Pays de Vaud, établi autour du château et de la seigneurie de Cossonay. Elle est attestée dès la fin du XIe siècle et compte parmi les plus anciens lignages seigneuriaux de la région. Le premier membre connu est Ulrich de Cossonay, cité en 1096 dans une donation en faveur de l’abbatiale de Romainmôtier. Il y déclare tenir l’alleu de Cossonay de ses ancêtres, ce qui témoigne de l’ancienneté de son implantation foncière.
Au cours des XIe et XIIe siècles, les Cossonay étendent ou consolident leur influence sur plusieurs territoires vaudois. Leur patrimoine comprend notamment Cossonay, Prangins, Nyon, Bercher, L’Isle et Surpierre. Leurs donations aux établissements religieux, en particulier à Romainmôtier, Bonmont, Oujon et à plusieurs prieurés, montrent leur rôle dans l’organisation foncière et ecclésiastique de la région. Humbert Ier, seigneur de Cossonay et de Prangins, est notamment associé à la construction du château de Prangins et à diverses libéralités envers les établissements religieux.
Seigneurs, alliances et rapports avec la Savoie
La puissance de la maison repose sur un ensemble de seigneuries, de droits et de dépendances féodales. Au XIIIe siècle, les Cossonay cherchent à préserver leur autonomie face à l’affirmation des comtes de Savoie et des autres dynasties régionales. Humbert II rend hommage lige à Pierre II de Savoie, tandis que Jacques de Cossonay renouvelle cet engagement en 1271 envers Philippe Ier de Savoie. Le rapprochement avec la maison de Savoie s’effectue donc progressivement, dans le cadre des rapports de force propres au Pays de Vaud.
Jean II de Cossonay, seigneur de Cossonay, Bercher, L’Isle et Surpierre, conclut en 1292 une alliance avec le sire de Grandson. Cet accord définit leurs obligations réciproques, leurs limites territoriales et les droits qu’ils renoncent à exercer dans certaines régions. Il révèle les tensions suscitées par les ambitions savoyardes et par la concurrence entre lignages voisins. Jean II intervient également dans les conflits qui opposent, à la fin du XIIIe siècle, Louis de Vaud et l’évêque de Lausanne.
La famille demeure active dans l’administration et la guerre. Aymon de Cossonay devient évêque de Lausanne de 1355 à 1375. Louis II participe au conseil du comte de Savoie et prend part à plusieurs expéditions militaires d’Amédée VI. Sa comptabilité conservée pour les années 1379-1381 donne un aperçu de la gestion quotidienne d’une grande seigneurie et de l’étendue de ses obligations féodales. Il compte alors de nombreux vassaux répartis dans les localités de la région de Cossonay, de l’Aubonne, de l’Isle et de Surpierre.
Extinction de la branche principale
La succession des seigneurs de Cossonay est marquée par l’extinction progressive de la lignée masculine. Louis II, mort en 1383, ne laisse que des filles. La seigneurie passe alors à son oncle Louis III de Cossonay, sire de Bercher, qui exerce aussi des fonctions importantes au service de la Savoie. Mort sans descendance, Louis III dispose de ses biens en faveur de ses petites-nièces Louise, Jeanne et Claudine.
Jeanne de Cossonay devient dame de Cossonay, Bercher, L’Isle et Surpierre. Elle épouse Jean de Rougemont, seigneur d’Usie et de Ruffey, mais leur union reste sans postérité. Jeanne intervient dans l’administration de ses domaines : après l’incendie de la ville de Cossonay, elle confirme de nouvelles franchises le 14 avril 1398, puis autorise en 1404 le drainage et la mise en culture de terres marécageuses.
À la mort de Jeanne, plusieurs prétendants disputent la succession à son époux. Amédée VIII de Savoie tranche le conflit en déclarant le fief vacant et en se l’appropriant. La seigneurie entre ainsi dans les domaines de la maison de Savoie et y demeure aussi longtemps que celle-ci exerce son autorité sur le Pays de Vaud. Elle est ensuite élevée au rang de baronnie sous Jacques de Savoie.
Branches et mémoire héraldique
Une branche dite bâtarde se maintient jusqu’à la fin du Moyen Âge. Issue de Guillaume de Cossonay, prieur de Payerne, elle possède notamment Senarclens, Rurey et Ornans-les-Granges. Pierre de Cossonay achète en 1436 la maison-forte de Senarclens. Ses descendants exercent des fonctions militaires et administratives, certains étant châtelains de Cossonay ou au service des ducs de Savoie. La branche masculine s’éteint toutefois avec François de Cossonay, mort sans descendance, ses biens passant à ses sœurs.
Les sceaux conservés dès le XIIIe siècle montrent une aigle comme figure héraldique de la famille. Les couleurs apparaissent dans des armoriaux de la fin du Moyen Âge ; une tradition donne une aigle de sable sur champ d’or, tandis qu’une autre mentionne une aigle de gueules. Ces variantes invitent à distinguer le motif attesté par les sceaux de la fixation plus tardive des émaux.

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