Famille de Montagny
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Famille de Montagny
La famille de Montagny est une ancienne lignée de haute noblesse du pays de Fribourg, aujourd’hui éteinte. Elle tire son nom de Montagny-les-Monts, dans l’actuel canton de Fribourg. Les documents médiévaux emploient plusieurs formes pour désigner ses membres ou ses possessions, notamment Montagne, Montagnai, Montagni et Montagny. La famille ne doit pas être confondue avec la maison patricienne des Montenach de Fribourg, à laquelle elle n’est pas apparentée.
Origines et position dans l’aristocratie régionale
Les Montagny sont issus des seigneurs de Belp-Montagny, famille baronale attestée dans le landgraviat de Bourgogne aux XIIe et XIIIe siècles. Les généalogies anciennes les faisaient descendre des Estavayer, mais cette origine n’est pas établie. Une parenté avec les sires de Faucigny a également été envisagée ; une alliance matrimoniale entre les deux lignages est possible, sans que cette hypothèse puisse être tenue pour certaine.
Durant la seconde moitié du XIIe siècle, les Montagny appartiennent à la couche supérieure de l’aristocratie laïque du pays de Vaud. Leur pouvoir repose sur la possession de la seigneurie de Montagny, qui comprend environ vingt-cinq villages, ainsi que sur l’exercice de droits seigneuriaux et de liens de dépendance. En 1268, ils cèdent leurs biens situés en Lavaux à Jean de Rue. En 1276, l’évêque de Lausanne Guillaume de Champvent inféode certains biens au seigneur de Montagny.
Rapports avec Payerne et l’évêché de Lausanne
Après la mort de Berthold V de Zähringen, les Montagny tentent d’obtenir l’avouerie héréditaire de Payerne. Cette revendication donne lieu à des négociations auxquelles prend part l’évêque de Lausanne. Un acte est signé le 10 juillet 1220 au palais épiscopal de Lausanne. Le lien entre la famille et Payerne demeure ensuite particulièrement étroit, notamment par la présence de plusieurs de ses membres dans la vie religieuse du monastère.
À la fin du XIIIe siècle, les Montagny se rangent aux côtés de l’évêque de Lausanne dans le conflit qui l’oppose à Louis Ier de Savoie, seigneur de Vaud, entre 1296 et 1300. En 1314, ils prêtent hommage à l’évêque. En 1326, Guillaume de Montagny cherche à rétablir l’influence de sa famille sur Payerne avec l’aide de son frère Aymon, alors prieur du monastère, et de Pierre d’Aarberg. Cette entreprise provoque l’intervention du bailli épiscopal de Lausanne, Guillaume d’Arbignon.
Service de la maison de Savoie et vassalité
Durant l’administration savoyarde du pays de Vaud, plusieurs Montagny servent la maison de Savoie. Trois d’entre eux exercent la charge de bailli de Vaud. Guillaume Ier, seigneur de Montagny, est attesté dans cette fonction à la fin du XIIIe siècle ; selon les reconstructions retenues, il l’aurait exercée en 1290, 1293 ou 1299. L’attribution du bailliat pour l’année 1299 demeure discutée.
Son fils Aymon III, chevalier et seigneur de Montagny, est bailli de Vaud en 1321 ou 1322 jusqu’en 1323. Guillaume II, fils d’Aymon III, lui succède dans cette fonction de 1324 à 1328. Ces charges montrent l’intégration de la famille dans les réseaux politiques et administratifs de la principauté savoyarde. Les Montagny disposent aussi de vassaux : en 1355, les seigneurs de Châtonnay leur sont soumis, tandis que Guillaume de Villazel et Conon de Châtonnay doivent assurer l’estage, c’est-à-dire un service de garde au château seigneurial.
Membres connus et extinction
La filiation médiévale fait apparaître, outre Guillaume Ier, Aymon III et Guillaume II, plusieurs membres engagés dans la vie ecclésiastique. Aymon, frère de Guillaume II, est prieur de Payerne de 1326 à 1336. Rodolphe, attesté entre 1317 et 1326, est chanoine de Toul. Jean et Gérard sont mentionnés comme hospitaliers de Saint-Jean en France, respectivement au XIVe siècle. Un autre Guillaume est religieux à Hettiswil. Thibault, prieur de Payerne vers 1184 et avant 1212, est probablement issu de la famille, mais cette attribution reste incertaine.
La lignée s’éteint avec Jacques de Montagny, fils d’Humbert, attesté de 1491 à 1493. Cette extinction intervient à la fin de la période médiévale, alors que la seigneurie et le nom de Montagny ont déjà connu plusieurs transformations politiques.
Sceaux et armoiries
Le plus ancien sceau conservé de la famille remonte à 1239. Les armes présentent un écu palé surmonté d’un chef, mais les émaux et même le nombre exact des pals varient selon les traditions héraldiques. Des versions les donnent de gueules et d’or au chef d’argent ; d’autres proposent un palé d’argent et d’azur, avec un chef tantôt d’argent, tantôt de gueules ou d’or. Il convient donc de ne pas retenir une combinaison unique comme absolument certaine.
Le cimier est décrit comme un heaume de face surmonté de deux cornes. Une pierre sculptée, datée de la fin du XIVe siècle ou de la première moitié du XVe, conserve une représentation apparentée : un écu penché, timbré d’un heaume à lambrequins et cimé de deux cornes portant trois annelets. Les armes de Montagny figurent également auprès du chanoine Jean de Montagny et de son demi-frère Antoine dans le Couronnement de la Vierge d’Enguerrand Quarton.

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