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Famille de Prangins

Origine et implantation dans le pays de Vaud

La famille de Prangins est une lignée de la haute noblesse du pays de Vaud, issue de la maison de Cossonay. La branche qui porte le nom de Prangins se détache de cette famille au début du XIIIe siècle. Sa formation est généralement rattachée à Guillaume, ou Willelme, fils de Jean Ier de Cossonay et d’Agnès.

Le nom familial provient de la seigneurie de Prangins, dont le centre se trouvait à proximité de Nyon. Cette seigneurie paraît s’être constituée après le démembrement d’un ensemble comtal au XIe siècle. Elle comprenait, à des degrés divers, des droits et possessions entre Mont-sur-Rolle et le pays de Gex, notamment autour de Nyon, Dudes, Mont-le-Vieux, Bioley et Bursins. Les limites et la composition exacte de cet ensemble ont toutefois pu varier selon les périodes et les formes de détention féodale.

Les premiers seigneurs de Prangins

Guillaume de Prangins est le premier membre clairement attesté de la lignée. Il est mentionné en février 1235 lors d’une donation faite à l’abbaye de Bonmont, à laquelle il abandonne les dîmes de Burtigny, de Marchissy et de Vizo. En 1259, il vend également à cette abbaye le moulin de Burtigny, appelé « dou Coster », ainsi que la part du cours de la Serine qui lui appartient entre la source et Begnins. Il porte les titres de seigneur de Nyon, de Mont-le-Vieux et de Bioley, et meurt en septembre 1267.

Guillaume contracte deux unions, d’abord avec Élisabeth, puis avec Alix. De son premier mariage sont issus Jean, Guillaume, Isabelle et Agnès, cette dernière ayant épousé Pierre Vaultier. Son second mariage donne naissance à Aymon, sire de Nyon. Cette double descendance explique la coexistence, au sein de la même génération, de droits seigneuriaux distincts autour de Prangins et de Nyon.

Jean de Prangins, fils du premier mariage, devient seigneur de Prangins, de Mont-le-Vieux et de Bioley, mais aussi de Grandcour, Bellerive, Greysi et Censsens. Dans le contexte de la progression de la maison de Savoie, il recherche la protection du roi des Romains Rodolphe de Habsbourg. Il lui rend hommage pour le château de Bioley et pour la châtellenie de Prangins, sous réserve de trois hommages antérieurs. Cette démarche manifeste la volonté de préserver les droits de la lignée face aux ambitions savoyardes.

Nyon, les Savoie et le déclin de la puissance seigneuriale

Aymon de Prangins, issu du second mariage de Guillaume, est sire de Nyon. Il reçoit cette ville en héritage, mais doit en 1279 prêter hommage lige à Philippe Ier de Savoie après la cession du domaine direct de Nyon à ce prince par l’archevêque de Besançon. Son choix politique en faveur de Béatrice de Faucigny, mère de Guillaume II de Genève, l’oppose ensuite à la maison de Savoie.

En 1292, Amédée V de Savoie et son oncle Louis Ier entreprennent de s’emparer des terres d’Aymon. À partir de cette date, les possessions des seigneurs de Prangins sont progressivement partagées entre les deux branches de la maison de Savoie. La seigneurie cesse ainsi de constituer un ensemble durablement contrôlé par la famille qui lui a donné son nom. En 1361, sa jouissance est accordée à Aimar d’Urtières, beau-frère du comte de Savoie, puis elle est inféodée en 1369 à Yblet de Challant. Son fils François la vend en 1409 à Amédée de Viry. À la mort de celui-ci, l’héritière Clauda la transmet à son époux Claude de la Chambre.

Filiation, sceaux et transmission du nom

Jean de Prangins épouse Isabelle de Greysi. Leurs enfants comprennent Pierre, ou Perronet, engagé dans les conflits opposant Guillaume de Champvent à Louis Ier de Savoie, Jean, chanoine de Genève, Humbert, ainsi que plusieurs filles, dont Alise, épouse de Guillaume de Charères, et Perrette, épouse de Pierre IV de Gruyère. Ces alliances témoignent de l’intégration de la lignée dans les réseaux nobiliaires du pays de Vaud et des régions voisines.

Plusieurs sceaux du XIIIe siècle sont conservés. Les armes attribuées aux Prangins sont rapprochées de celles des Cossonay et comporteraient une aigle. La couleur de cette aigle et celle du champ sont toutefois données avec prudence : l’hypothèse d’une aigle de gueules sur champ d’or ne doit pas être tenue pour absolument certaine.

La disparition supposée de la branche aînée en 1394 a été déduite de la mort de l’évêque Guy de Prangins. Cette identification est erronée ou, à tout le moins, ne permet pas de conclure à l’extinction de la lignée vaudoise : cet évêque appartenait à une autre famille, originaire du Valromey en Bugey. À la fin du Moyen Âge, le nom de Prangins demeure donc lié avant tout à une ancienne branche des Cossonay et à une seigneurie passée sous le contrôle d’autres lignages.

Auteur/autrice

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