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Famille de Prelle de la Nieppe

Origines et implantation hennuyère

La famille de Prelle de la Nieppe est une ancienne famille noble du comté de Hainaut, attestée au moins depuis la première moitié du XVe siècle et subsistante jusqu’à l’époque contemporaine. Son histoire médiévale est liée aux environs de Gosselies, Jumet, Heigne, Roux, Nivelles et aux possessions de la famille de Marbais.

Les traditions généalogiques anciennes faisaient remonter la famille à la maison d’Havré, seigneurs de Presles, elle-même rattachée aux premiers seigneurs d’Enghien, et situaient ses origines à Arras, en Artois. Cette filiation agnatique est toutefois écartée par les études généalogiques postérieures au XIXe siècle. La relation avec les Havré est plutôt comprise comme une ascendance cognatique, c’est-à-dire transmise par les femmes.

La filiation documentée commence avec Lambert Compère, né avant 1415 et mort avant 1492. Il exerçait des fonctions municipales et judiciaires importantes : il fut maïeur de Gosselies, échevin de la cour de justice de Jumet en 1447, puis échevin de Jumet, Heigne et Roux en 1461. Cette dernière année, il signa avec le magistrat une charte relative aux droits des bourgeois de ces communes.

Lambert Compère, veuf en 1430 de N. de Ghislenghien dite des Weis, épousa ensuite Marie de Havrech. Celle-ci était la fille de Jean de Havrech, seigneur de Presles, et de Gillette de Marbais dite de Presles. Par sa mère, Marie appartenait à la maison de Marbais, qui possédait notamment les seigneuries de Loverval, Baulers, Prelle et Villers-la-Potties. Cette alliance explique l’adoption progressive du nom de Prelle par les descendants de Lambert Compère et l’ancrage de la lignée dans le Hainaut occidental et le Brabant méridional.

Premières attestations et continuité médiévale

La famille est déjà présente à Nivelles au XVe siècle. Cette implantation prit une importance croissante et devint durable à partir du XVIIe siècle, mais ses racines nivelloises appartiennent bien à la période médiévale tardive. Les alliances contractées aux XVe et XVIe siècles avec les maisons de Camps, de Havrech, de Sorbruecq, de Ghislenghien, de Wyerves, puis avec plusieurs familles du Hainaut et du Brabant, témoignent de son insertion dans les réseaux de la noblesse et des élites foncières régionales.

Les actes de l’Ancien Régime donnent à ses membres les qualificatifs d’écuyer, de messire, de dame ou de noble demoiselle. À partir du XVIIe siècle, certains sont désignés comme seigneurs fonciers ou vicomtiers. La seigneurie vicomtière de la Nieppe, à Tilques, ainsi que celle de Berlette, à Merck-Saint-Liévin, furent à l’origine de la forme développée du nom familial. D’autres possessions sont attestées à Leulinghem, Eugies, Hensies, Edequine et Secquier, ainsi que dans le fief des Pêcheries et Coultures de Sclayn.

Armes et représentation familiale

À la fin du XVe siècle, la famille portait des armes écartelées. Le premier quartier, qui devint ultérieurement l’emblème principal, était un gironné de gueules et d’or de dix pièces, chaque giron de gueules étant chargé de trois croix recroisettées au pied fiché d’argent, au chef d’argent chargé de trois étoiles à six rais du second. Les autres quartiers associaient notamment un chevron d’argent accompagné de trèfles, une hure de sanglier et une fasce de gueules accompagnée de merlettes.

Ces armes apparaissaient dans plusieurs édifices religieux et civils de Nivelles et de ses environs, notamment sur des verrières et des monuments funéraires datés des XVIe et XVIIe siècles. Elles attestent la présence de la famille dans le paysage urbain et ecclésiastique régional, sans que l’on puisse toujours déterminer le lien exact de chaque représentation avec une branche particulière.

Demeures et héritage

La possession de terres et de maisons à Nivelles prolongea l’importance locale de la famille. Le domaine de Fonteneau, dont le château fut construit en 1756 par Hyacinthe de Prelle, s’inscrivait dans un ensemble foncier familial comprenant notamment la ferme du Petit Baulers. L’hôtel particulier de la rue de Mons, connu plus tard sous le nom d’hôtel de Prelle, appartenait également à la famille à l’époque moderne.

La reconnaissance de noblesse accordée en 1823 par Guillaume Ier des Pays-Bas confirma une situation nobiliaire déjà attestée par les actes anciens. Une branche reçut en France, en 1930, la reconnaissance d’un titre de courtoisie de vicomte. Ces éléments postérieurs ne modifient pas l’origine médiévale de la lignée, établie autour de Lambert Compère et de son mariage avec Marie de Havrech.

Auteur/autrice

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