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Famille de Riedmatten

Origines valaisannes

La famille de Riedmatten, également appelée Riedmalten dans certaines formes anciennes, est une famille notable du Valais. Son nom est tiré du hameau de Riedmatten, situé dans l’actuelle commune de Saint-Nicolas. Les formes von Riedmatten et zur Riedmatten sont également attestées.

Le premier membre identifié est Peter im Howe, sacristain de Saint-Nicolas, mentionné au XIIIe siècle. En 1307, il obtint l’alleu de Riedmatten. Son fils Johann, qualifié de donzel, adopta le nom de Johann im Howe de Riedmatten. Celui-ci épousa Margaretha de Mont, veuve du baron de Rarogne. Ce mariage, ainsi que l’accès ultérieur de plusieurs membres de la famille au vidomnat et à la majorie de Saint-Nicolas, témoigne d’une insertion précoce dans les élites locales.

La documentation permet de rattacher les Riedmatten à la petite noblesse ou à la noblesse villageoise, mais cette qualification doit rester prudente. Elle repose surtout sur leurs fonctions, leurs alliances et leur contrôle de responsabilités judiciaires et administratives, plutôt que sur une origine nobiliaire explicitement démontrée pour les premiers siècles.

Ascension dans les institutions valaisannes

À partir de la fin du Moyen Âge, la famille s’inséra dans les structures politiques et ecclésiastiques du Valais. Ses membres exercèrent des fonctions de magistrats de dizain, de gouverneurs et de chanoines du chapitre cathédral de Sion. Cette présence dans les institutions civiles et religieuses constitua le fondement de son influence durable dans le pays.

La documentation disponible met surtout en lumière l’essor de la famille après 1492. Le premier prince-évêque de Sion issu des Riedmatten fut Adrien Ier, qui occupa le siège de 1529 à 1545. Lui succédèrent, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, Hildebrand, Adrien II, Adrien III, Adrien IV et Adrien V. Au total, six membres de la famille furent princes-évêques de Sion. Cette succession, parfois fondée sur des liens d’oncle à neveu ou de grand-père à petit-fils, illustre la concentration du pouvoir ecclésiastique au sein de quelques lignées valaisannes.

Lignées et fonctions militaires

Les Riedmatten ne formèrent pas une seule ligne aisément reconstituable. Les généalogies distinguent notamment une lignée de Viège, puis de Conches, ainsi que d’autres filiations. Plusieurs membres servirent comme officiers, capitaines ou majors. Cette orientation militaire se prolongea à l’époque moderne, notamment dans les régiments valaisans au service de puissances étrangères.

La famille fournit également deux grands baillis du Valais nommés Pierre de Riedmatten, l’un actif en 1682 et l’autre de 1701 à 1707. Ces fonctions sont postérieures à la période médiévale, mais elles montrent la continuité de l’implantation politique acquise par la famille dans les institutions valaisannes.

Possessions et représentation

Les armoiries attribuées à la famille dans sa forme ancienne sont décrites ainsi : de gueules à une feuille de trèfle de sinople, accompagnée en chef de deux étoiles d’or. L’usage et la datation précise de cette composition ne sont pas établis ici pour la période médiévale.

En 1646, Jacques de Riedmatten acheta la seigneurie de Saint-Gingolph pour quatre mille écus d’or. Cette possession, située bien après le Moyen Âge, fut marquée par des tensions avec les sujets du seigneur, notamment autour de la dîme et de l’exploitation des terres. La famille conserva ainsi un rôle seigneurial et politique jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, tandis que plusieurs de ses membres demeurèrent actifs dans les institutions de Sion et du Valais.

Auteur/autrice

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