Famille de Ruffo de Bonneval
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Famille de Ruffo de Bonneval
Origine et dénomination
La famille de Ruffo de Bonneval, également désignée sous la forme Ruffo de Bonneval de La Fare, appartient à la noblesse française de Provence. Son implantation connue se situe à Marseille et dans les territoires provençaux voisins. Avant le XIXe siècle, elle portait le nom de Roux, notamment dans les formes Roux de Bonneval et Roux de La Fare.
Le rattachement de cette famille aux Ruffi ou Roux de Lamanon, de Beauvezet et d’Aurons constitue un point important mais discuté de son histoire. Une tradition généalogique ancienne faisait de la branche de Bonneval une branche cadette issue de cette maison provençale, elle-même attestée au Moyen Âge. Selon cette construction, la séparation aurait eu lieu au XVIe siècle, avec Louis Roux, établi à Salon en 1564. Cette filiation fut revendiquée par les intéressés et reprise dans plusieurs actes postérieurs, mais elle n’est pas unanimement admise par les historiens.
Les ascendants provençaux revendiqués
Les documents invoqués par la famille remontent à la présence de Poncet Ruffi, co-seigneur de Lamanon, aux états généraux de Provence de 1390. Les Ruffi de Lamanon apparaissent ainsi comme une lignée seigneuriale provençale de la fin du Moyen Âge. La possession de droits sur Lamanon et les liens matrimoniaux avec les familles locales sont attestés dans les actes relatifs au fief. En 1371, Bertrand de Lamanon aurait notamment transmis une partie de ses droits à son gendre Guillaume Ruffi. À la fin du XVe siècle, les Ruffi de Lamanon furent associés à la restauration du château et prêtèrent hommage pour leurs droits seigneuriaux à l’autorité dont relevait le fief.
Ces éléments établissent l’existence médiévale de familles nommées Ruffi ou apparentées dans la noblesse provençale, mais ils ne suffisent pas, à eux seuls, à démontrer la continuité généalogique jusqu’aux Roux de Bonneval. Le lien entre les deux ensembles familiaux fut affirmé dans des déclarations et des procédures des XVIIe et XVIIIe siècles. Il doit donc être présenté comme une filiation revendiquée et officiellement défendue plutôt que comme un fait médiéval entièrement documenté.
Bonneval et l’agrégation à la noblesse
La branche connue sous le nom de Roux de Bonneval apparaît avec certitude dans la Provence moderne. En 1661, Nicolas Roux est mentionné dans les actes familiaux, tandis qu’Acace Roux avait acquis le fief de Bonneval la même année. La seigneurie fut ensuite tenue au nom des Roux, qui en rendirent hommage au roi. Les procédures engagées à propos du droit de franc-fief et de la qualité nobiliaire de la famille contribuèrent à fixer les titres et la filiation revendiquée.
La situation de la famille illustre les formes d’agrégation à la noblesse propres à la Provence d’Ancien Régime. Les Roux de Bonneval furent inquiétés lors des recherches de noblesse du XVIIe siècle, certains membres ayant été condamnés à payer une amende pour usurpation de noblesse. Par la suite, la famille obtint la reconnaissance de sa noblesse par un arrêt royal de 1732, confirmé par des lettres patentes de 1733. Ces actes la maintenaient dans une noblesse dite d’ancienne extraction, tout en donnant une portée juridique à une position auparavant contestée.
Le marquisat de La Fare et le nom de Ruffo
En 1768, la terre de La Fare fut érigée en marquisat au profit de Louis-Joseph-Hilarion Roux de Bonneval. Le titre de marquis de La Fare était transmissible selon la primogéniture masculine prévue par les lettres patentes. Celles-ci présentaient la famille comme une branche cadette des Roux de Beauvezet et rattachaient cette maison à une origine napolitaine portant le nom de Ruffo. Cette origine italienne s’inscrivait dans la revendication d’une parenté avec les Ruffo de Calabre, notamment avec les comtes de Sinopoli, famille aristocratique attestée dans le royaume de Naples aux XIIIe et XIVe siècles. Le raccord entre les Ruffo napolitains et les Roux provençaux demeure toutefois une construction généalogique tardive.
Le nom de Ruffo fut finalement substitué à celui de Roux par une décision du roi de Naples en 1796, puis reconnu en France sous la Restauration, en 1814-1815, pour le chef de famille et ses descendants. La maison fut admise aux honneurs de la Cour en 1787. Éteinte en France, elle s’est néanmoins maintenue en Belgique, où subsiste la descendance issue de cette lignée.

Auteur/autrice
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