Famille de Witte (Anvers)
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Famille de Witte (Anvers)
Origines et implantation anversoise
La famille de Witte d’Anvers appartient aux lignées de noblesse belge dont l’implantation ancienne est associée à la ville d’Anvers et à son territoire. Le nom Witte, ou de Witte, signifie « le Blanc » en néerlandais. Il a toutefois été porté par de nombreuses familles distinctes dans les anciens Pays-Bas ; la seule similitude onomastique ne suffit donc pas à établir une parenté entre elles.
Pour la lignée anversoise, l’ascendant le plus ancien actuellement retenu est Adrien, ou Adriaan, de Witte, né à Anvers en 1464 et mort le 1er novembre 1549. Cette donnée situe la documentation familiale à la fin du Moyen Âge, mais ne permet pas de remonter avec certitude aux générations antérieures. Les affirmations relatives à une appartenance ancienne à la Hanse ou à la possession de comptoirs dans les villes de la mer du Nord doivent être considérées avec réserve.
Adrien de Witte et les débuts documentés de la lignée
Adrien de Witte est présenté comme seigneur de Buerstede et greffier de la Chambre des orphelins d’Anvers. Il épousa d’abord Catherine de Laet en 1514 ; cette union, interrompue par la mort de Catherine en 1516, ne donna pas d’enfant. Il se remaria en 1519 avec Anne van den Eynde, dont il eut Adrien, Marguerite et Gaspard.
Ces fonctions montrent l’insertion de la famille dans les institutions urbaines d’Anvers au tournant des XVe et XVIe siècles. La possession de Buerstede rattache en outre certains membres à la seigneurie foncière. Le portrait d’Adrien, exécuté en 1544 par un maître flamand associé à l’entourage de Hans Holbein, constitue un témoignage de la représentation sociale de ce personnage, sans suffire à lui seul à préciser l’ensemble de sa carrière ou de sa descendance.
Une famille urbaine et seigneuriale aux XVIe et XVIIe siècles
Aux XVIe et XVIIe siècles, plusieurs de Witte exercèrent des charges judiciaires, administratives ou politiques à Anvers. Adrien de Witte, né en 1555 et mort en 1616, est donné comme seigneur de Buerstede et de Vekene, ainsi que greffier de la Chambre des orphelins. Un portrait de sa famille, peint en 1603 par Hieronymus Francken I, représente son épouse Marguerite van der Herstraeten et leurs six enfants. Conservé autrefois dans le cercle familial, ce tableau est aujourd’hui dans une collection privée.
Jacques, ou Jacob, de Witte (1591-1631) est présenté comme avocat général au Conseil souverain de Brabant, greffier de la Chambre des orphelins d’Anvers et seigneur de Buersteden et de Vekene. Jacques-Antoine de Witte (1629-1688), bourgmestre d’Anvers, est associé aux seigneuries de Leverghem, de Doorne, de Beke et de Terlaeken. À cette époque, la famille apparaît donc à la fois comme une lignée de service urbain et comme une maison détenant plusieurs droits seigneuriaux.
Noblesse, armoiries et transmission des titres
Les armoiries attribuées à la famille sont décrites comme « de gueules, à un chevron d’argent, accompagné de trois mouettes de même ». Une augmentation, accordée le 16 août 1686 à Jacques-Antoine de Witte et à son cousin Gaspard, aurait ajouté une couronne d’or à cinq fleurons sur le heaume. La devise familiale est Tute Vide. L’attribution et la continuité de ces armes doivent être distinguées de celles d’autres familles portant le nom de Witte.
La reconnaissance nobiliaire moderne s’inscrit dans les actes du royaume des Pays-Bas puis de la Belgique. Henri-Jean-Marie François de Witte aurait été reconnu noble le 13 mars 1816 et aurait reçu en 1823 le titre de baron transmissible par primogéniture masculine. Une nouvelle reconnaissance, datée de 1853, est associée à Jean Joseph Antoine Marie de Witte ; une concession analogue fut accordée en 1893 à Henri Alphonse Augustin Marie de Witte. Ces actes expliquent la présence ultérieure de la famille dans la noblesse belge, mais ne doivent pas être confondus avec une preuve entièrement établie de toutes les filiations remontant à 1464.
Branches et continuité
La branche liée à Leverghem s’éteignit, selon la tradition familiale, avec Catherine de Witte (1755-1803), dont le mari Joseph della Faille reprit le titre. Cette transmission est à l’origine du nom della Faille de Leverghem. La famille de Witte s’est néanmoins poursuivie par d’autres branches, dont certaines ont conservé les titres de baron ou d’écuyer dans le cadre de la noblesse belge. À l’époque contemporaine, ses membres sont principalement établis en Belgique et en France.

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