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Famille del Marmol

La famille del Marmol est une lignée d’origine espagnole dont l’histoire médiévale tardive et moderne est liée à Tolède, Madrid et aux institutions de la monarchie hispanique. Ses membres exercèrent des fonctions dans l’administration royale, l’Église et l’armée. Une branche s’établit au début du XVIIe siècle dans les Pays-Bas espagnols, où elle participa ensuite à la vie politique et judiciaire des provinces méridionales.

Origines tolédanes et formation du lignage

La tradition généalogique la plus ancienne retenue pour la famille remonte à Alfonso de Toledo, cité en 1433 comme bénéficiaire d’une gratification royale de 600 maravédis. Médecin de Jean II de Castille puis d’Henri IV, il résidait dans la judería de Tolède et mourut en 1463. Il fut enterré dans le caveau familial du monastère de San Pedro Mártir.

Les recherches généalogiques récentes rattachent à Alfonso de Toledo les générations qui adoptèrent ensuite le nom del Marmol. Cette appellation paraît provenir d’une maison familiale située dans la calle del Marmol, à Tolède. La maison fut détruite lors de la construction du monastère de San Juan de los Reyes. Au XVIe siècle, un descendant affirma encore que cette demeure appartenait à ses ancêtres et qu’elle était à l’origine du nom.

L’origine judéo-converse attribuée à Alfonso de Toledo et à sa descendance est solidement présente dans la documentation familiale, mais certains détails demeurent formulés avec prudence. Une ancienne légende faisait venir Alfonso d’Angleterre dans la suite de Catherine de Lancastre ; cette version est considérée comme invraisemblable. Elle a pu servir à dissimuler une ascendance juive, susceptible de constituer un obstacle social et professionnel dans la Castille des XVe et XVIe siècles, notamment sous l’action de l’Inquisition.

Les del Marmol dans la monarchie espagnole

À partir de la fin du XVe siècle, plusieurs membres de la famille occupèrent des charges importantes à Madrid et dans les institutions royales. Alonso del Marmol, petit-fils d’Alfonso de Toledo, devint greffier du Conseil royal et secrétaire de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle de Castille. En 1505, il représenta les hidalgos et le Conseil de Madrid aux Cortès de Toro. Il fonda en 1494 le majorat de San Nicolás pour son fils Juan. Malgré sa position, il fut poursuivi pour son origine juive présumée et mourut probablement en détention vers 1508.

Un second majorat, dit de Santa María, fut fondé en 1550 par Fernando del Marmol et son épouse Catalina de Peñalosa, avec l’autorisation de Charles Quint. Il comprenait notamment des maisons situées dans la paroisse madrilène de Sainte-Marie. Ces fondations patrimoniales furent ensuite transmises par les lignes féminines à des familles alliées, parmi lesquelles les Prado, les Zapata et les Peñalosa.

Pedro del Marmol, issu de la même parenté, fut greffier à la chancellerie de Grenade puis au Conseil royal entre 1544 et 1572. Ses nombreux enfants s’illustrèrent dans le droit, l’administration, l’armée et l’Église. Certains rencontrèrent cependant des difficultés lors des procédures de preuve de pureté de sang. Malgré ces obstacles, des membres de la famille furent reconnus comme hidalgos et deux d’entre eux obtinrent au XVIIe siècle l’admission dans l’ordre de Santiago.

Personnalités des XVIe et XVIIe siècles

Luis del Marmol Carvajal, né à Grenade en 1524 et mort vers 1600, fut le membre le plus connu de la famille. Soldat dès son adolescence, il participa à l’expédition de Tunis de 1535 et demeura plusieurs années prisonnier dans différents États musulmans. Après sa libération, il voyagea en Afrique du Nord et en Méditerranée, acquérant une connaissance directe des sociétés et des langues de ces régions. Il prit part à la conquête de Mahdia, puis à la guerre des Alpujarras. Ses ouvrages consacrés à l’Afrique et à la révolte des Morisques de Grenade constituent l’essentiel de sa notoriété.

Juan Vázquez del Marmol fut ecclésiastique, théologien et correcteur général des livres du Conseil de Castille. Il obtint ensuite une chapellenie royale à Grenade et laissa plusieurs œuvres, dont une traduction de l’histoire du royaume de Naples. Lorenzo del Marmol, frère de Luis, participa également à la guerre des Alpujarras avant d’effectuer une mission d’inspection dans les territoires espagnols d’Amérique et de devenir greffier à la chancellerie de Valladolid.

Établissement dans les Pays-Bas espagnols

La branche dont est issue la famille subsistante s’établit aux Pays-Bas espagnols en 1618 avec Andrés del Marmol, descendant de Lorenzo del Marmol. Entré dans l’administration militaire, il fut nommé en 1640 veedor general et contador de l’armée de Bourgogne. Il resta dans les provinces des Pays-Bas et fut inhumé à Bruxelles.

Son fils André del Marmol, né à Anvers en 1621, étudia le droit à Louvain et exerça des fonctions judiciaires et administratives de premier plan. Conseiller de l’amirauté suprême, membre du Conseil suprême des Pays-Bas à Madrid et conseiller d’État, il devint président du Grand Conseil de Malines en 1686. Cette charge entraîna la reconnaissance de la noblesse héréditaire de sa descendance selon les règles alors appliquées aux présidents et conseillers de cette institution. La lignée poursuivit son implantation dans les anciens Pays-Bas, notamment par Laurent-Hyacinthe del Marmol, chevalier de Santiago, officier et grand forestier du duché de Brabant.

La continuité de cette branche explique l’intégration ultérieure de la famille à la noblesse belge. Une branche aînée reçut le titre de baron dans le grand-duché de Luxembourg en 1843, puis fut reconnue en Belgique en 1845 et titrée pour l’ensemble des descendants mâles en 1848. En 1883, certains membres furent autorisés à écarteler leurs armes avec celles de Dongelberghe, par succession de la dernière descendante de cette famille.

Auteur/autrice

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