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Famille des Monts

Implantation et seigneurie

La famille des Monts, également désignée sous les formes de Mont, de Monte ou de Montibus, est une lignée noble du pays de Vaud, établie autour de Mont-le-Grand, correspondant à l’actuelle commune de Mont-sur-Rolle. Son château est attesté dès 996 sous la forme castello Mont. Le territoire apparaît aussi dans les actes sous les noms de Monte, de burgum de Montibus, de Mont-le-Neuf et de Mont-le-Grand.

La seigneurie de Mont-le-Grand est tenue par les sires de Mont à partir de 1177 et jusqu’à l’extrême fin du XIVe siècle. Elle comprend notamment le bourg des Monts, Germagny, Hautecour, Perroy, Bougy-Milon, Mollens, Bière, Berolle et Rolle, ainsi qu’une part de la coseigneurie de Genolier. La possession de cet ensemble place la famille parmi les principales lignées seigneuriales du pays de Vaud médiéval.

Une première parentèle et la reprise du nom

Une première parentèle de Mont semble apparaître avant l’an mil. Amalric ou Almaric est mentionné dans le contexte du pays des Équestres, et Robert des Monts est attesté après 1002. La documentation permet également de relever un Amalric ou Amaury mentionné en 1032. Toutefois, la filiation exacte de ces premiers personnages et leur relation avec les Monts du XIIe siècle ne sont pas établies avec certitude.

Cette première lignée paraît s’être éteinte dans les mâles vers la fin du XIe siècle. Le nom et l’implantation seigneuriale réapparaissent cependant au siècle suivant avec une nouvelle famille portant les mêmes désignations. Une perpétuation par les femmes a été envisagée pour expliquer cette continuité, mais elle demeure une hypothèse et ne constitue pas une filiation démontrée.

La seconde maison de Mont

La seconde maison commence avec Louis, sire de Mont, actif dans la seconde moitié du XIIe siècle et mort avant 1177. Il accorde à la chartreuse d’Oujon une franchise avec le consentement de son épouse, Amblare ou Ambalra, et de leurs fils Conon, Amaury ou Amaldric et Humbert. La tradition médiévale le compte parmi les fondateurs de cet établissement, sans que les modalités précises de son rôle soient entièrement connues.

En 1177, une convention entre l’abbaye de Bonmont et l’évêque de Genève confirme les donations de Louis et mentionne sa famille. Conon, son fils, y apparaît avec son épouse Alaïs et leur fils Ebal, résidant au château de Mont. De cette génération descendent plusieurs branches. Humbert donne naissance à une lignée possessionnée à Mollens, Cossonay et Aubonne. Une autre branche est issue de Guy, seigneur de Genolier, tandis que Louis devient abbé de l’abbaye du lac de Joux. Landri de Mont, probablement fils de Louis, est évêque de Sion de 1206 à 1237.

Ebal Ier, seigneur de Mont au début du XIIIe siècle, entre à la chartreuse d’Oujon vers 1245. Son fils Henri lui succède, puis Ebal II et Ebal III jouent un rôle notable dans les affaires régionales. Ebal II sert le roi d’Angleterre Henri III : attesté à Londres en 1246, il participe à une expédition en Gascogne, devient châtelain de Benauges en 1254, puis termine sa carrière comme châtelain de Windsor. Ebal III participe avec lui aux fondations du château de Rolle en 1261.

Puissance régionale et extinction

Jean de Mont, seigneur dès 1284, est chevalier en 1304, châtelain d’Yverdon et de Nyon, puis bailli de Vaud de 1309 à 1311. Son fils Jean II exerce la seigneurie au XIVe siècle avec son frère Henri. Les barons des Monts détiennent alors aussi le vidomnat et la mestralie de Rolle, charges qui rappellent les droits anciens de la famille sur le territoire où s’est développée cette ville.

La lignée masculine directe s’éteint à la fin du XIVe siècle avec Arthaud des Monts, mort avant 1400. La seigneurie passe ensuite à la famille de La Sarraz, par l’intermédiaire d’Aymon de La Sarraz, puis de ses héritiers. Cette transmission ne signifie pas la disparition immédiate de tous les descendants collatéraux, mais la fin de la maison directe comme détentrice de Mont-le-Grand. La seigneurie demeure ensuite liée à d’autres familles nobles jusqu’à la fin de la période médiévale.

Armes et mémoire héraldique

Les armes généralement attribuées aux sires de Mont sont d’or à la croix de sable. Les sceaux les plus anciens présentent toutefois des motifs différents, notamment un demi-lion contourné sur les empreintes d’Ebal Ier et d’Henri au milieu du XIIIe siècle. La croix apparaît sur les sceaux d’Ebal II, de Jean Ier, de Jean II et de son frère Henri. Ces variations montrent que l’emblématique de la famille s’est fixée progressivement.

Auteur/autrice

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