Famille d’Oron
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Famille d’Oron
La famille d’Oron est une lignée noble du pays de Vaud, attestée à partir du XIIe siècle et éteinte par les hommes en 1388. Son ascension s’est accomplie dans l’espace compris entre Oron, Vevey, le pays de Fribourg et le bassin lémanique. D’abord liée à l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune, elle a progressivement constitué un ensemble de seigneuries et de droits judiciaires, avant d’entrer au service de la maison de Savoie. Ses possessions furent ensuite transmises à d’autres familles, notamment aux Gruyère et aux seigneurs de La Sarraz.
Origines et premiers témoignages
Les premiers personnages associés à Oron apparaissent comme représentants des chanoines de Saint-Maurice. Ils portent des fonctions telles que vidomne, mayor ou avoué, qui leur confèrent une autorité administrative, judiciaire et militaire sur les biens de l’abbaye. La documentation demeure toutefois trop rare pour relier avec une certitude absolue tous les individus portant le nom d’Oron aux futurs seigneurs de la famille. Il est néanmoins vraisemblable que la lignée se soit formée à partir de ces agents monastiques, dont l’autorité s’est progressivement transformée en pouvoir seigneurial.
Les hypothèses anciennes qui rattachaient les Oron à la maison de Savoie, aux Faucigny ou à une branche des Blonay ne sont pas établies. Une tradition généalogique plus récente a proposé une alliance entre Guillaume II d’Oron et Emma de Blonay pour expliquer la transmission de biens à Oron, Attalens, Bossonnens et Vevey. Cette interprétation rend compte de plusieurs continuités patrimoniales, mais elle ne permet pas de considérer comme certaine une origine commune ou une descendance directe des Blonay.
Constitution des seigneuries
Guillaume II d’Oron est le premier membre attesté de manière assurée dans la documentation familiale. Avant 1215, les Oron s’étaient approprié une part importante de la seigneurie d’Oron, tout en laissant subsister des droits de l’abbaye de Saint-Maurice. Ils firent construire le château d’Oron, probablement entre le XIIe et le XIIIe siècle, sans que la date exacte soit connue. La seigneurie comprenait notamment Oron-le-Châtel, Besencens, Fiaugères, Porsel, Chesalles-sur-Oron et une partie du territoire de Saint-Martin.
Rodolphe Ier d’Oron, fils de Guillaume II, est attesté comme seigneur d’Oron avant 1215. Il détenait également une coseigneurie à Vevey et des droits sur Corsier. À sa mort, ses fils se partagèrent l’héritage. Rodolphe II puis Rodolphe III conservèrent la branche principale d’Oron, tandis qu’Amédée Ier reçut Attalens et Bossonnens. Cette branche cadette étendit ses possessions vers l’est, notamment par l’acquisition de terres mouvantes de la Savoie.
À Bossonnens, Amédée fit édifier vers 1260 un donjon circulaire de type savoyard. Ses domaines furent ensuite répartis entre ses fils : Rodolphe reçut Attalens et Wuillerme Bossonnens. Les deux seigneuries furent réunies temporairement par Aymon d’Oron en 1374, avant de passer à ses filles Marguerite et Catherine. Les Oron possédèrent également des droits à Corsier, Chardonne et Jongny, ainsi qu’une partie de la seigneurie de la Tour-de-Peilz.
Vevey, fonctions et service princier
Les Oron jouèrent un rôle majeur dans le développement de Vevey. Ils détenaient une partie de la coseigneurie et exercèrent la mayorie après l’acquisition de l’avouerie de la ville par Pierre II de Savoie. Plusieurs bourgs furent fondés ou développés sous leur autorité, parmi lesquels le bourg d’Oron, le bourg franc, la Villeneuve et le bourg du marché. Girard Ier d’Oron posséda la résidence appelée plus tard Cour au Chantre, ainsi qu’une autre maison forte connue sous le nom de Cour d’Oron.
La famille fournit aussi plusieurs serviteurs à la maison de Savoie, comme baillis ou châtelains. En 1313 ou 1314, Girard II d’Oron vendit au comte de Savoie la majeure partie des droits familiaux sur Vevey, y compris la mayorie, à l’exception de biens relevant de la vidamie de Montreux. La partie occidentale de cette vidamie forma ultérieurement la seigneurie du Châtelard.
Branches, prélats et extinction
La famille compta plusieurs ecclésiastiques de premier plan. Pierre II d’Oron fut évêque de Sion de 1275 à 1287. Girard Ier fut chantre de l’Église de Lausanne, puis doyen de Valère, et acquit la vidamie de Montreux en 1295. Un autre Pierre d’Oron fut évêque de Lausanne de 1313 à 1323. Ces carrières illustrent l’insertion de la lignée dans les réseaux religieux et politiques de la région.
La branche aînée d’Oron s’éteignit avec Girard III vers 1340. La seigneurie principale passa ensuite à François Ier d’Oron, qui mourut sans enfant en 1388. Elle revint alors aux comtes de Gruyère, auxquels appartenait son épouse. Les branches d’Attalens et de Bossonnens avaient déjà été transmises aux filles d’Aymon d’Oron en 1375. L’extinction masculine de 1388 mit ainsi fin à la famille comme puissance seigneuriale autonome.

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