×
  • 741 words

Famille Frankopan

Les Frankopan, également appelés Frankopani ou Frankapani en croate, Frangepán en hongrois et Frangepanus ou Francopanus en latin, forment une ancienne famille princière de Croatie. Leur influence s’exerça principalement dans le royaume de Croatie uni à la Hongrie, puis dans les territoires soumis à la monarchie des Habsbourg. Entre le XIIe et le XVIIe siècle, ils comptèrent parmi les lignages les plus puissants de l’espace croate, grâce à leurs possessions insulaires et continentales, à leurs fonctions politiques et à leurs alliances matrimoniales.

Origines et premiers domaines

La famille est mentionnée en 1115 parmi les knèzes de l’île de Krk, appelée Veglia dans les sources italiennes et latines, ainsi que d’une partie du littoral croate. Cette implantation insulaire constitue le premier point solidement attesté de leur puissance. Au XIIe siècle, sous le règne du roi Béla III de Hongrie, leurs possessions s’étendirent vers l’intérieur des terres et atteignirent notamment le château de Modruš, près de l’actuelle Karlovac.

Une ascendance commune avec la famille italienne des Frangipani a été avancée, notamment en raison de la proximité des noms et de l’usage de formes latines apparentées. Cette relation n’est toutefois pas démontrée ; elle ne doit donc pas être considérée comme une origine établie des Frankopan. La famille apparaît avant tout, dans les sources disponibles, comme un lignage noble et territorial de la Croatie médiévale.

Expansion et fonctions politiques

La puissance des Frankopan reposa sur un ensemble de domaines répartis entre l’île de Krk, le littoral et les régions montagneuses de l’arrière-pays. Leur présence est attestée dans plusieurs places fortes, parmi lesquelles Modruš, Trsat, Novi Vinodolski, Ogulin, Slunj, Ozalj, Cetingrad, Ribnik, Bosiljevo et Severin na Kupi. Ces résidences et forteresses contrôlaient des voies de circulation et des territoires disputés, tout en servant de centres administratifs et militaires.

Plusieurs membres du lignage exercèrent la charge de ban de Croatie, fonction qui plaçait son titulaire au premier rang de l’administration et de la défense du royaume. Ivan Frankopan est attesté comme ban jusqu’à sa mort en 1393. Son fils Nikola occupa cette charge de 1426 à 1432, puis Ivan, fils de Nikola, de 1434 à 1436. Stjepan Frankopan fut à son tour ban en 1437. D’autres représentants de la famille exercèrent encore ces responsabilités au XVIe et au XVIIe siècle, notamment Krsto Frankopan en 1527, Franjo Frankopan comme co-ban de 1567 à 1573, et Nikola Frankopan de Trsat, ban de 1617 à 1622.

Les Frankopan aux XVe et XVIe siècles

Au XVe siècle, le lignage demeura présent au sommet de la vie politique croate. Les sources mentionnent plusieurs Nikola Frankopan, dont l’un, fils de Nikola et frère de Stjepan, fut co-ban de Croatie ; sa date de décès est donnée de manière incertaine, entre 1456 et 1458. Cette répétition des prénoms, fréquente dans les familles aristocratiques, impose de distinguer avec prudence les différents membres.

Krsto Frankopan, petit-fils de Stjepan, fut ban de Croatie en 1527 et mourut la même année. Un autre membre, Bernát, mourut en 1527. Ces indications montrent la permanence de la famille dans les institutions politiques du royaume, mais les données disponibles ne permettent pas toujours de restituer avec précision l’ensemble des filiations et des branches.

Crise du XVIIe siècle et disparition de la puissance politique

La famille conserva une influence importante jusqu’au XVIIe siècle. Son histoire prit cependant un tournant décisif lors de la conjuration des Magnats, mouvement dirigé contre l’empereur Léopold Ier de Habsbourg. Fran Krsto Frankopan et son beau-frère Petar Zrinski, ban de Croatie, furent poursuivis à la suite de cette entreprise et exécutés à Wiener Neustadt en 1671. Katarina Zrinska, fille de Vuk Krsto Frankopan et épouse de Petar Zrinski, mourut en 1673.

La fin de ces figures politiques marqua l’effacement de la puissance dirigeante des Frankopan, même si leur nom et plusieurs de leurs anciennes résidences demeurèrent associés à l’histoire croate. Des châteaux attribués à la famille subsistent notamment dans le Gorski Kotar et sur l’île de Krk. Les forteresses de Bosiljevo, Stara Sušica, Severin na Kupi et d’autres sites liés aux possessions frankopanes témoignent encore de leur implantation territoriale médiévale et moderne.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr