Famille Micheli
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Famille Micheli
La famille Micheli, également connue sous les formes Michiel, Michele et Miceli, appartient au patriciat de Venise. Elle figure parmi les lignées qui exercèrent une influence notable dans la vie politique, militaire et religieuse de la République, surtout entre le XIe et le XIIIe siècle. Son nom est associé à trois doges, à des commandements navals, à des ambassades et à diverses charges publiques. Plusieurs rameaux se diffusèrent ensuite dans les territoires soumis ou liés à Venise, notamment en Sicile.
Origines et implantation vénitienne
La tradition familiale rattache les Micheli aux Frangipani de Rome, eux-mêmes présentés comme issus de l’antique lignée des Anicii. Cette généalogie ancienne, qui associe la famille à des papes et à des saints, relève toutefois d’une construction nobiliaire et doit être distinguée des éléments mieux attestés concernant l’implantation vénitienne.
Selon la tradition conservée par la famille, des membres de la lignée auraient participé à l’élection de Paolo Lucio Anafesto, considéré comme le premier doge de Venise, en 697. Ils seraient ainsi comptés parmi les familles dites apostoliques, auxquelles la mémoire patricienne attribuait un rôle fondateur dans la République. Une autre tradition fait remonter leur établissement définitif dans la lagune à 823, après un départ de Rome conduit par Angelo Michel Frangipani. Ces récits expliquent la place revendiquée par les Micheli dans l’aristocratie vénitienne, mais les filiations les plus anciennes ne sont pas établies avec la même précision que celles du Moyen Âge central.
La présence de la famille dans les affaires de la République est clairement rapportée au XIe siècle. Andrea Micheli est mentionné comme ambassadeur auprès de Constantinople en 1084. Son fils Vitale I Micheli fut élu doge en 1096, devenant le trente-troisième titulaire de cette charge.
Les doges et l’expansion maritime
Vitale I Micheli gouverna dans une période où Venise renforçait ses positions commerciales et navales en Méditerranée orientale. Son fils Giovanni aurait commandé une flotte vénitienne lors des opérations liées à la première croisade. La famille atteignit un sommet politique avec Domenico Micheli, élu trente-cinquième doge en 1117, puis avec Vitale II Micheli, élu trente-huitième doge en 1156.
Domenico Micheli est également associé aux campagnes vénitiennes en Terre sainte. Lors du siège de Tyr, en 1124, l’épuisement des ressources monétaires aurait conduit à la fabrication de pièces de cuir bouilli, appelées « michelettes », destinées à circuler dans le camp et à être remboursées ultérieurement à Venise. La tradition héraldique rattache à cet épisode l’ajout de besants à l’écu familial. Les armes attribuées aux Micheli sont décrites comme un fascé d’azur et d’argent, auquel s’ajoutent, dans certaines représentations, des besants. Leur présence sur des édifices et dans des décors vénitiens témoigne de la persistance de cette mémoire familiale.
Rôle politique et branches médiévales
À partir du XIIIe siècle, les Micheli demeurèrent engagés dans les affaires de l’Orient méditerranéen et dans les rapports de Venise avec les États croisés et l’Empire byzantin. La famille participa aux réseaux diplomatiques, commerciaux et militaires qui reliaient la lagune, Constantinople, la Syrie et les ports de Terre sainte. Son importance politique diminua cependant progressivement, tandis que d’autres maisons patriciennes prenaient l’ascendant.
Un rameau porta ultérieurement le nom de Micheli della Meduna. Le 22 mai 1455, la Sérénissime lui attribua la capitainerie de Meduna, fonction présentée comme transmissible par héritage. Cette charge plaçait la branche dans l’administration territoriale et militaire du domaine vénitien. Elle est également associée à des travaux d’aménagement économique, environnemental et urbain dans les terres relevant de sa juridiction.
Le rameau sicilien
Une branche sicilienne, connue sous les formes Michele ou Miceli, est rattachée à l’expansion commerciale vénitienne. La tradition généalogique la fait descendre d’un petit-fils du doge Domenico Micheli et situe, en 1190, la fondation d’une compagnie commerciale réunissant des Micheli et des Bembo, active entre Venise et Palerme. Les membres de cette association auraient également exercé la fonction de syndics des Vénitiens de Palerme.
La continuité exacte entre la maison patricienne de Venise et toutes les branches siciliennes n’est toutefois pas documentée avec la même certitude. Le nom Miceli se développa en plusieurs lignées, dont certaines adoptèrent des armes distinctes tout en conservant l’or et l’azur comme couleurs caractéristiques. Ces familles apparaissent dans différents territoires de Sicile au cours du bas Moyen Âge et des siècles suivants, mais leurs liens précis avec les Micheli dogaux doivent être examinés branche par branche.

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