×
  • 626 words

Famille Molin

La famille Molin est une ancienne famille associée à la noblesse patricienne de Venise. La documentation disponible ne permet toutefois pas de déterminer avec certitude s’il s’agit d’une seule lignée ou de deux familles distinctes réunies sous un même nom. Cette incertitude concerne principalement les origines et les étapes de l’établissement à Venise.

Origines et établissement à Venise

Une tradition fait venir l’une des familles Molin de Mantoue, avec une migration vers Venise dès le IXe siècle. Une autre tradition attribue à une famille homonyme une origine à Acre et son arrivée dans la lagune au XIIe siècle. Ces deux récits ne peuvent être tenus pour une généalogie continue : ils pourraient renvoyer à deux groupes familiaux différents, ou à des traditions concurrentes relatives à une même maison.

Le nom apparaît dans le contexte des familles patriciennes de la République de Venise. Comme pour nombre de lignées vénitiennes, la reconnaissance sociale et politique de la famille se mesure notamment à l’accès aux magistratures, aux charges ecclésiastiques et aux fonctions militaires. Les éléments conservés ne suffisent cependant pas à reconstituer, pour la période médiévale, une succession complète des générations ni à relier avec certitude tous les porteurs du nom.

Présence politique et militaire

Giacomo Molin est présenté comme le premier quatrième procurateur de Saint-Marc en 1261. Cette mention atteste l’association ancienne du nom aux hautes charges de la République, mais la formulation de la fonction et sa place exacte dans la série des procurateurs demanderaient une vérification particulière.

La famille compte également Francesco Molin (1575-1655), élu doge de Venise en 1646. Son élection, postérieure au Moyen Âge, illustre la permanence de la maison dans le patriciat vénitien jusqu’à l’époque moderne. Un Alessandro Molin est en outre signalé comme général suprême des armées ; en l’absence de datation et de précisions biographiques, il n’est pas possible de l’identifier avec certitude ni de le rattacher à une branche déterminée.

Branches, nom et armoiries

Le nom peut être rencontré sous la forme Molino. La documentation indique que cette forme aurait été italianisée à l’époque contemporaine, sans constituer un usage régulier en Italie ; elle ne doit donc pas être employée automatiquement pour les périodes médiévale et moderne.

Les armes attribuées aux Molin comportent une roue de moulin d’or sur champ d’azur. Certaines branches sont décrites avec une roue de gueules et un champ coupé d’argent et de gueules. Ces variantes héraldiques peuvent signaler des branches ou des familles différentes, mais elles ne permettent pas, à elles seules, d’établir une filiation.

Demeures et mémoire familiale

Le nom Molin est attaché à plusieurs palais vénitiens, parmi lesquels les palais Molin à San Basegio, Molin Erizzo, Molin Gaspari ou Molin Querini, Molin Balbi Valier della Trezza, Molin agli Ognissanti, Cocco Molin, Molin à San Fantin, Molin à San Zulian, Molin à San Stin et Molin Cappello. Ces appellations témoignent de l’inscription du nom dans le paysage urbain de Venise, mais la seule présence du nom dans celui d’un palais ne suffit pas à établir la propriété médiévale du bâtiment ni le lien généalogique entre ses occupants.

La continuité de la famille est encore illustrée à l’époque moderne par Giovanni Molino (1705-1773), devenu cardinal. Ce personnage, postérieur à la période considérée, confirme la persistance du nom dans les élites ecclésiastiques et patriciennes vénitiennes, sans résoudre la question de l’unité ou de la pluralité des lignées Molin.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr