Famille Nani
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Famille Nani
Origines et établissement à Venise
Les Nani forment une famille patricienne de Venise, dont la tradition rattache l’origine à l’ancienne cité d’Altino. Selon cette tradition, leurs ancêtres auraient d’abord gagné Torcello, puis se seraient établis à Venise au temps de la fondation de la cité. Cette origine ancienne s’inscrit dans le cadre des familles qui participèrent à la formation de la communauté politique vénitienne, mais les étapes précises de cette migration ne sont pas documentées avec une égale précision.
La famille est présentée comme ayant donné plusieurs tribuns, c’est-à-dire des magistrats appartenant aux institutions anciennes de la cité. Elle figure également parmi les groupes déjà admis à l’ancien Conseil citadin. Ces éléments témoignent d’une implantation précoce dans la vie publique vénitienne, avant la définition plus stricte du patriciat et la fermeture progressive des organes politiques de la République.
Le statut patricien et les réadmissions
La clôture du Maggior Consiglio, engagée à la fin du XIIIe siècle, eut des effets différents selon les branches de la famille. En 1297, Nicolò Nani, appartenant à la branche dite dal sesano, fut le seul représentant de la famille admis au sein du Grand Conseil lors de cette réorganisation. Les autres rameaux en furent alors exclus.
Cette exclusion ne fut toutefois pas définitive. En 1307, Giovanni Nani, de la branche de San Geremia, obtint la réadmission de cette ligne dans le Maggior Consiglio. Une nouvelle réintégration intervint en 1381, à l’issue de la guerre de Chioggia, lorsque les services rendus à la République par Paolo Nani furent récompensés. L’histoire politique des Nani illustre ainsi les mécanismes complexes de l’appartenance au patriciat vénitien : l’ancienneté familiale ne suffisait pas toujours à garantir une représentation continue, tandis que les services rendus à l’État pouvaient favoriser une réadmission.
La branche des Nani Mocenigo
Une branche collatérale, connue sous le nom de Nani Mocenigo, est attestée dès le XIIIe siècle. Tommaso, mentionné comme questeur en 1280, constitue l’un des premiers représentants identifiés de cette ligne. Le nom composé provenait de l’héritage d’une ascendance féminine appartenant à la puissante famille Mocenigo. Cette transmission explique l’adjonction du second nom, sans qu’il soit nécessaire d’y voir une famille distincte des Nani.
Les Nani Mocenigo participèrent eux aussi aux fonctions publiques de la République. Leur lignée donna notamment des magistrats, des ambassadeurs et des cavaliers. Elle doit donc être considérée comme une composante importante de la présence des Nani dans les institutions et les services de l’État vénitien, même si les informations conservées ne permettent pas ici de reconstituer l’ensemble de sa généalogie médiévale.
Armes et continuité de la maison
Les armes attribuées aux Nani sont décrites comme un champ parti d’argent et de sinople, le côté de sinople étant chargé d’un oiseau de mer entièrement blanc, appelé cesano par les Vénitiens. Cet emblème est associé au nom de la famille, mais la documentation disponible ne permet pas de déterminer avec précision la date de son adoption ni les éventuelles variantes portées par chacune des branches.
Après la disparition de la République de Venise, la continuité nobiliaire des Nani fut reconnue par la monarchie autrichienne : la famille fut confirmée dans sa noblesse par une résolution souveraine du 22 novembre 1817, puis élevée au rang de comtes de l’Empire autrichien le 8 octobre 1819. Les Nani Mocenigo reçurent une confirmation analogue en 1817 et furent élevés au titre comtal en 1820. Ces décisions sont postérieures à la période médiévale, mais elles attestent la persistance de la maison et de ses branches dans la mémoire nobiliaire vénitienne.

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