Famille Orsini
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Famille Orsini
Origines et affirmation à Rome
Les Orsini, également désignés dans les sources latines sous la forme Ursinis et en français comme les « des Ursins », comptent parmi les principales familles aristocratiques de l’Italie médiévale. Leur puissance se construit à Rome à partir du XIIe siècle, puis s’étend dans le Latium, en Toscane et dans le royaume de Naples. La famille fournit plusieurs papes, cardinaux, sénateurs de Rome, prélats et chefs militaires.
Le premier membre de premier plan est Giacinto de Boboni, devenu pape en 1191 sous le nom de Célestin III. Son entourage familial bénéficie largement de son pontificat. Deux de ses neveux sont élevés au cardinalat, tandis que son cousin Giovanni Gaetano acquiert Vicovaro, Licenza, Roccagiovine et Nettuno. Ces possessions forment le premier noyau territorial durable de la puissance des Orsini.
La désignation familiale évolue alors : les descendants de Bobone apparaissent sous des formes telles que de domo filiorum Ursi, avant que le nom Orsini ne s’impose. Au début du XIIIe siècle, Napoleone et surtout Matteo Rosso accroissent considérablement le prestige de la maison. Les Orsini s’inscrivent dans le parti guelfe, en opposition aux forces impériales et à leurs rivaux romains, notamment les Colonna.
Matteo Rosso et les lignées de la maison
Matteo Rosso, dit « le Grand » (vers 1178-1246), domine la vie politique romaine entre 1241 et 1243. Il exerce la charge de sénateur de Rome et étend les possessions familiales de la région de Rome jusqu’à Avellino au sud et Pitigliano au nord. Ses domaines comprennent notamment Nerola, Monterotondo, Nettuno, Bomarzo, Vicovaro et plusieurs terres du territoire tiburtin.
À sa mort, ses nombreux fils se partagent les fiefs et donnent naissance à plusieurs lignées. Rinaldo est à l’origine de la lignée de Monterotondo ; Napoleone, de celle de Bracciano ; un autre Matteo Rosso, dit de Montegiordano, fonde une branche liée à la forteresse familiale située dans ce quartier de Rome. Gentile est associé aux possessions de Pitigliano et à la seconde lignée méridionale.
Le fils le plus célèbre de Matteo Rosso est Giovanni Gaetano, élu pape en 1277 sous le nom de Nicolas III. Il poursuit une politique favorable à sa parenté, nommant des membres de sa famille à des fonctions ecclésiastiques et territoriales. Son neveu Bertoldo reçoit le comté de Romagne. Comme Célestin III, Nicolas III illustre le rôle joué par les alliances familiales et les nominations pontificales dans l’ascension des grandes maisons romaines.
Les possessions méridionales et la lignée de Pitigliano
La branche méridionale renforce ses positions dans le royaume de Naples. Gentile II exerce deux fois la fonction de sénateur de Rome, devient podestat de Viterbe, puis grand justicier du royaume de Naples. Son fils Romano, dit Romanello, acquiert par mariage les comtés de Nola et de Soana. Les alliances avec les Ruffo de Catanzaro et les del Balzo placent les Orsini au contact des plus puissantes familles du Mezzogiorno.
Au XIVe et au XVe siècle, les Orsini del Balzo jouent un rôle majeur dans les luttes dynastiques napolitaines. Raimondello Orsini del Balzo épouse Marie d’Enghien de Lecce et soutient successivement différents partis dans les conflits du royaume. Leur fils Giannantonio reçoit la principauté de Tarente et le duché de Bari, devient grand connétable et demeure l’un des plus puissants seigneurs du sud de l’Italie. Sa mort en 1463, sans fils légitime, entraîne toutefois la reprise d’une grande partie de ses biens par la monarchie.
La lignée de Pitigliano, issue de Guido, conserve plus durablement une implantation en Toscane. Ses membres gouvernent successivement Soana, Pitigliano et Nola, mais les guerres contre Sienne et les Colonna réduisent leur patrimoine. Orso Orsini, comte de Nola et condottiere, combat pour Milan, Venise puis le roi de Naples avant de mourir au siège de Viterbe en 1479. Son parent Niccolò Orsini, devenu l’un des chefs militaires les plus réputés de son temps, reçoit en 1485 le comté de Nola et sert également la monarchie napolitaine.
Monterotondo, Bracciano et le rôle politique
La lignée de Monterotondo, fondée par Rinaldo, participe aux luttes de la noblesse romaine et fournit plusieurs sénateurs, cardinaux et condottieres. Ses membres combattent pour les États pontificaux, Florence et le royaume de Naples. Clarisse Orsini, issue de cette branche, épouse Laurent de Médicis ; par elle, les Orsini s’insèrent au cœur des alliances politiques florentines et pontificales de la fin du XVe siècle.
Les différentes branches restent toutefois exposées aux rivalités nobiliaires, aux confiscations et aux guerres entre puissances italiennes. À la veille de 1492, les Orsini demeurent une maison de premier rang, dont l’influence repose à la fois sur ses terres, ses alliances matrimoniales, ses carrières ecclésiastiques et le service militaire.
Dans les représentations héraldiques attribuées à la famille, les armes sont décrites ainsi : bandé d’argent et de gueules, au chef du premier chargé d’une rose du second.

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