Famille Papeians de Morchoven
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Famille Papeians de Morchoven
Origines et ancienneté documentée
La famille Papeians de Morchoven, dite aussi van der Strepen olim Papejans, appartient à la noblesse belge. Son implantation historique est liée à Gand et, plus largement, au comté de Flandre. Toutefois, les éléments généalogiques actuellement établis ne permettent pas de faire remonter sa filiation suivie à la période médiévale. La lignée documentée commence avec Jean Papeians, époux d’Élisabeth Soetebroeck. Leur fils Philippe Papeians épousa Jeanne van de Putte à Gand en 1608 et mourut en 1652.
Cette chronologie est essentielle pour distinguer l’histoire attestée de traditions plus anciennes. Aucun lien démontré ne rattache la famille Papeians connue depuis le début du XVIIe siècle à une maison médiévale homonyme. Les généalogies des familles de Morchoven dit van der Strepen et Glavimans, auxquelles la famille se rattache par ascendance féminine, ne sont pas ici représentées dans leur ensemble et ne suffisent pas, à elles seules, à établir une continuité agnatique avec le Moyen Âge.
La légende de Schellebelle
Une tradition publiée dans la première moitié du XIXe siècle attribue à un chevalier nommé Hugo Papejans de Morchoven la fondation de l’église de Schellebelle. Selon ce récit, ce chevalier aurait participé à la quatrième croisade, aurait été capturé par des pirates, puis aurait été miraculeusement transporté auprès de l’Escaut. En accomplissement d’un vœu, il aurait alors fait construire une église à l’endroit où il aurait retrouvé la liberté.
Cette histoire ne constitue pas une preuve de l’ancienneté médiévale de la famille. Elle apparaît tardivement, alors que les Papeians ne sont pas documentés au-delà du XVIIe siècle dans la filiation retenue. De plus, la famille ne posséda la seigneurie d’Ertbrugge qu’à partir de 1759. La légende semble plutôt s’inscrire dans le culte local de saint Gaugericus, ou Goorik, ancien patron de l’église de Schellebelle, auquel était attribué le pouvoir de délivrer les captifs. Hugo Papejans doit donc être considéré comme un personnage légendaire, et non comme un ancêtre établi.
Reconnaissance nobiliaire et dénomination
La promotion nobiliaire de la famille intervient après la période médiévale. Par diplôme du 25 juin 1717, l’empereur Charles VI autorisa Jean-Baptiste Papeians, auditeur de la chambre des comptes de Bruxelles, ainsi que sa descendance, à porter le nom de Papeians de Morchoven dit van der Strepen. Cette autorisation fut également accordée à ses frères Emmanuel-Joseph et Jacques-François. Elle se fondait sur une ascendance féminine reliant Marie Blanquaert à Anne van der Strepen, elle-même fille de Jean de Morchoven dit van der Strepen, secrétaire de l’empereur Charles Quint.
Une autre branche reçut le titre de chevalier par lettres patentes du 8 août 1718 : Philippe-Dominique Papeians, seigneur de Hoetsele et de Puyhen et conseiller au conseil de Flandre, fut anobli, mais cette branche aînée s’éteignit. La branche issue de Jean-Baptiste et de ses frères reçut en 1717 une concession de noblesse et un titre de chevalier sans caractère héréditaire. Au XIXe siècle, François, Louis-François et Adolphe-Émile-Ghislain Papeians de Morchoven dit van der Strepen obtinrent la reconnaissance de leur noblesse en Belgique, en 1876. Des titres de chevalier et de baron, transmissibles par ordre de primogéniture, furent ensuite accordés en 1921, 1930 et 1955.
Armoiries et continuité moderne
Les armes familiales sont écartelées, aux premier et quatrième quartiers, d’un lion d’or sur champ de gueules, attribué aux Glavimans, et, aux deuxième et troisième, de six fleurs de lis de gueules sur champ d’or, attribuées aux Morchoven dit van der Strepen. Sur le tout figure un écusson de gueules à la fasce d’or chargée d’une trangle vivrée d’azur, attribué aux Papeians. Ces compositions étaient encore recensées au XVIIIe siècle parmi les armes liées aux concessions nobiliaires des Pays-Bas autrichiens.
À partir du XVIIIe siècle, plusieurs membres de la famille exercèrent des fonctions judiciaires, administratives et militaires. Aux XIXe et XXe siècles, certains se distinguèrent dans l’armée belge, la diplomatie, la botanique, la vie religieuse et les institutions de la noblesse. Cette continuité explique l’importance prise par la famille dans la noblesse belge contemporaine, sans modifier le constat généalogique principal : aucune filiation directe et solidement attestée avec une lignée médiévale ne peut actuellement être affirmée.

Auteur/autrice
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