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Famille Pepoli

Origines et ascension à Bologne

Les Pepoli comptent parmi les principales familles aristocratiques de Bologne au XIIIe et au XIVe siècle. Leur ascension repose d’abord sur les activités financières de Romeo Pepoli, né vers 1250 dans une famille de changeurs. Son père, Zerra, prêtait notamment de l’argent aux étudiants du Studium de Bologne. Romeo diversifia ensuite les activités familiales en accordant des prêts à la consommation, en finançant des communautés, en investissant dans les biens fonciers et dans l’immobilier.

Grâce à ses créances, Romeo Pepoli établit un vaste réseau de dépendances et d’obligations. Il prêta notamment à des changeurs tels que les Guastavillani et les Zovenzoni, qui avaient besoin de liquidités. La famille acquit également des terres dans la région de San Giovanni in Persiceto, de Sant’Agata Bolognese et de Castel San Pietro. En 1276, elle acheta une maison dans la via Castiglione, à Bologne, qui devint le noyau du futur palais Pepoli.

Les Pepoli dans les factions bolonaises

L’essor de la famille se déroula dans un contexte de rivalités entre guelfes et gibelins, ainsi qu’entre les grandes lignées urbaines. Après l’expulsion des Lambertazzi, partisans gibelins, les divisions politiques ne disparurent pas. Elles opposèrent notamment les Scacchesi, associés aux Pepoli, et les Maltraversi, liés aux Gozzadini. Ces appellations faisaient référence aux emblèmes traditionnellement attribués aux deux familles.

Romeo Pepoli adopta une politique d’alliance relativement équilibrée. En 1280, il épousa Azzolina Tettalasini, issue d’une famille guelfe, tandis que sa sœur Giovanna épousa Giacomo Caccianemici, appartenant à une famille gibeline. Cette stratégie contribua à maintenir des relations avec plusieurs milieux de la société bolonaise.

En 1306, Romeo participa avec Bornio Samaritani à un soulèvement contre le gouvernement communal. Arrêté puis rapidement libéré, il réintégra progressivement la vie politique. Ses ressources financières permirent à la commune de recourir à lui lorsque Bologne devait renforcer sa défense ou faire face aux difficultés économiques. Il siégea à la Balie entre 1310 et 1312 et soutint la création, en 1315, d’un Conseil du parti guelfe.

Romeo et Taddeo Pepoli, seigneurs de Bologne

Le pouvoir de Romeo s’accrut au point de lui permettre d’influencer la nomination de plusieurs magistrats, notamment les anciens, les consuls, les représentants des arts et le barisello. En 1319, il contrôlait l’élection du podestat et fit choisir, en 1321, le Florentin Albicello Buondelmonti. Cette concentration du pouvoir suscita une réaction violente : Romeo dut quitter Bologne et mourut en 1323 alors qu’il se rendait à Avignon pour défendre sa cause auprès du pape.

Après la défaite bolonaise de Zappolino, en 1325, et l’aggravation des conflits entre les grandes familles, la commune fit appel au cardinal Bertrand du Pouget, envoyé comme seigneur général de Bologne. Celui-ci autorisa le retour de Taddeo Pepoli en 1328. Taddeo put ensuite s’imposer dans la vie politique de la cité et la famille Pepoli gouverna Bologne jusqu’en 1350. Cette domination s’appuyait à la fois sur la puissance financière héritée de Romeo, sur les alliances aristocratiques et sur l’influence exercée dans les institutions communales.

Les alliances de la maison dépassèrent le cadre bolonais. Jacopa Pepoli épousa Obizzo III d’Este, qui redevint marquis de Ferrare en 1317. Une autre fille de Romeo, Giacoma, épousa Roberto Alidosi, seigneur d’Imola et vicaire pontifical. Ces unions renforcèrent les relations des Pepoli avec plusieurs pouvoirs de l’Italie septentrionale.

Déclin politique et continuités

Après 1350, les fils de Taddeo Pepoli vendirent la seigneurie de Bologne aux Visconti. Cette décision intervint après les pertes subies par la famille lors de la peste noire et marqua la fin de la domination directe des Pepoli sur la commune. En 1360, Bologne fut reprise par le cardinal Gil Álvarez Carrillo de Albornoz, légat du pape, et entra dans les États pontificaux. La ville passa ensuite, au début du XVe siècle, sous le contrôle des Bentivoglio.

La famille conserva toutefois une place dans les élites italiennes. Plusieurs Pepoli furent podestats ou condottieres, notamment Andrea, Galeazzo, Taddeo et Romeo Pepoli, actifs entre le XIVe et le début du XVe siècle. Le nom resta également associé à Castiglione dei Pepoli, dans la région de Bologne. Une branche établie en Sicile à partir du XIVe siècle prit progressivement les noms de Sera Pepoli ou Sieripepoli et détenait des possessions féodales autour de Trapani. Cette branche constitue une continuité distincte de la maison bolonaise, dont l’importance politique médiévale demeure principalement liée à l’histoire de Bologne.

Auteur/autrice

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