×
  • 728 words

Famille Priuli

Origines et intégration au patriciat vénitien

Les Priuli forment une famille patricienne de Venise, dont l’histoire est étroitement liée aux institutions et aux entreprises militaires de la République. Leur origine est traditionnellement donnée comme hongroise, mais cette ascendance ne peut être tenue pour assurée sans réserves. Selon une tradition familiale, les ancêtres des Priuli se seraient établis à Venise à la suite du conflit opposant la République à Salomon de Hongrie autour de Zara. Ils auraient alors gagné la lagune soit volontairement, soit comme prisonniers de guerre. Ces circonstances demeurent incertaines.

La famille est dite admise au Maggior Consiglio vers 1100. Elle fut ensuite exclue lors de la clôture du corps patricien, avant d’y être réintégrée en 1310. Cette réadmission aurait récompensé son rôle dans la répression de la conjuration conduite par Bajamonte Tiepolo contre le gouvernement vénitien. La présence des Priuli parmi les familles reconnues du patriciat est ainsi solidement associée à la réorganisation politique de Venise au début du XIVe siècle.

Fonctions politiques et militaires

Entre le Moyen Âge central et la fin du XVe siècle, les Priuli fournirent à la République des magistrats, des ambassadeurs, des chefs militaires et des sénateurs. Leur carrière s’inscrit dans les principaux domaines de l’action vénitienne : administration des territoires, diplomatie, défense maritime et conduite des guerres en Méditerranée orientale.

Silvestro Priuli est présenté comme un chef d’armée ayant combattu en Palestine en 1097, dans le contexte des premières expéditions latines en Orient. Daniel Priuli est associé à plusieurs épisodes de la politique et de la guerre vénitiennes : il aurait contribué à la réconciliation de Trieste avec les Giustinopolitani, participé au siège de Rhodes et soutenu financièrement la guerre de Négrepont en 1469. Ces mentions illustrent l’implication de la famille dans les affaires de l’Adriatique et de l’espace égéen, même si les détails chronologiques de certaines notices individuelles doivent être appréciés avec prudence.

Francesco Priuli apparaît, quant à lui, comme un défenseur de Chypre. En 1487, il aurait mis en déroute une importante armée ottomane. Il est également associé aux dernières années de la domination vénitienne sur l’île et à Caterina Cornaro. La formulation traditionnelle selon laquelle il aurait reçu le royaume au moment de sa vente ne doit toutefois pas être comprise comme une transmission féodale établie sans ambiguïté : elle renvoie plus largement au rôle attribué à ce personnage dans les affaires chypriotes.

Territoires, lignées et demeures

Une branche des Priuli fut investie dans le comté de Sanguinetto, dans le Véronais, possession héritée des Venier. Cette implantation témoigne de l’extension des intérêts de la famille au-delà de la lagune, dans les territoires continentaux relevant de l’État vénitien. La date et les modalités précises de cette investiture ne sont pas établies ici avec suffisamment de précision pour être détaillées davantage.

À Venise, plusieurs édifices ont conservé le nom de leurs propriétaires Priuli. Parmi les demeures associées à la famille figurent la Ca’ Priuli, les palais Priuli Scarpon, Priuli Stazio — également appelé palais Abadessa —, Priuli à San Provolo, Priuli Pesaro à San Cassiano et Priuli à San Polo. Ces appellations ne prouvent pas toujours une construction par la famille : elles peuvent également rappeler une propriété, une résidence ou une transmission ultérieure.

Postérité institutionnelle et armoiries

La continuité politique des Priuli se prolongea après 1492. La famille donna trois doges à Venise : Lorenzo Priuli, élu en 1556, Girolamo Priuli, élu en 1559, et Antonio Priuli, élu en 1618. Ces magistratures appartiennent à l’époque moderne, mais elles confirment la permanence du rang atteint par la maison au sein de l’oligarchie vénitienne. D’autres membres exercèrent ensuite des fonctions ecclésiastiques, militaires et administratives importantes.

Les armes attribuées aux Priuli sont décrites comme un palé d’or et d’azur de six pièces, sous un chef de gueules. Cette description correspond à la tradition héraldique attachée à la famille ; la date exacte d’adoption et l’usage de ce blason au cours de la période médiévale ne sont pas précisés.

Auteur/autrice

root@sd-146999.dedibox.fr