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Famille Pucci

Origines et implantation florentine

La famille Pucci compte parmi les principales familles politiques de Florence. Son ascension s’inscrit dans l’histoire communale puis républicaine de la ville, avant de se prolonger à la Renaissance dans les milieux du gouvernement, de l’Église et du mécénat. Les Pucci possèdent notamment un palais dans le quartier de la via de’ Servi, ainsi que plusieurs résidences et domaines associés à leur fortune.

Selon la tradition familiale, le nom dériverait d’un ancêtre appelé Jacopo, dont le diminutif Jacopuccio aurait donné Puccio, puis Pucci. Cet homme était réputé pour sa sagesse et aurait été sollicité afin de régler des différends. Deux interventions qui lui sont attribuées sont attestées en 1264 et en 1287. L’ancien nom familial aurait été Saracini, mais cette identification doit être considérée avec prudence. Elle a néanmoins été mise en relation avec la présence d’un Maure ou d’une tête de Maure dans les armoiries attribuées aux Pucci.

Une famille politique de Florence

À partir du XIVe siècle, les Pucci apparaissent dans la vie politique florentine. Antonio di Puccio Pucci, mort en 1416, est connu comme homme politique et architecte. Son fils Puccio Pucci, né en 1389 et mort en 1449, appartient lui aussi aux élites dirigeantes de la cité. D’autres membres de la famille exercent des responsabilités publiques au cours du XVe siècle, parmi lesquels Francesco Pucci, né à Florence en 1437 et mort en 1518.

La famille participe également à la vie culturelle de la Florence renaissante. Le mariage de Giannozzo Pucci avec Lucrezia Bini fut associé à la commande d’un cycle de peintures consacré à L’Histoire de Nastagio degli Onesti, généralement rattaché à Sandro Botticelli. Les Pucci sont aussi liés à des commandes religieuses et artistiques, notamment la Pala Pucci et le Martirio di san Sebastiano. Leur présence se manifeste dans plusieurs édifices florentins, dont la basilique de la Santissima Annunziata, l’église San Michele Visdomini et l’église Sant’Agata.

Alliances avec les Médicis et crise de 1559

Durant la Renaissance, les Pucci figurent parmi les alliés importants des Médicis. Leur prestige atteint alors un sommet avec trois cardinaux issus de la famille : Lorenzo Pucci (1458-1531), Roberto Pucci (1462-1547) et Antonio Pucci (1485-1544). Cette présence dans la haute hiérarchie ecclésiastique renforce la position sociale et politique de la maison.

L’alliance avec les Médicis connaît toutefois une rupture au milieu du XVIe siècle. Pandolfo Pucci est écarté de la cour de Cosme Ier, dans un contexte présenté soit comme une réaction à des accusations jugées calomnieuses, soit comme l’expression d’une opposition à la restauration du pouvoir médicéen. En 1559, il participe à un complot visant Cosme. Le projet prévoyait de tirer sur le duc lorsque celui-ci passerait près du palais Pucci en se rendant à la Santissima Annunziata. Le complot fut découvert ; Pandolfo Pucci et son fils furent exécutés, tandis que les biens de la famille furent saisis. La fenêtre depuis laquelle l’attaque devait être menée fut murée, et cette fermeture est demeurée visible sur le palais.

La réconciliation ultérieure permit à Niccolò Pucci de récupérer le palais et son mobilier. Cet épisode illustre les risques auxquels étaient exposées les grandes familles florentines lorsque leurs intérêts entraient en conflit avec le pouvoir princier.

Domaines, titres et continuité

Les Pucci développèrent leur patrimoine dans la campagne toscane et dans plusieurs résidences, parmi lesquelles le Castello di Oliveto, construit pour la famille au XVe siècle, la Villa di Bellosguardo et la Villa Pucci de Granaiolo. Alessandro Pucci est présenté comme le premier propriétaire de la Villa di Bellosguardo. La famille est également associée au Palazzo Pucci et au Palazzo Pucci di Ottavio.

En 1662, Orazio Roberto Pucci acquit le fief de Barsento, dans la région de Bari, pour quatre mille écus et reçut le titre de marquis de Barsento. Cette dignité n’appartient toutefois pas à la période médiévale ou renaissante proprement dite ; elle témoigne de la continuité sociale de la famille après la fin du Moyen Âge. L’histoire des Pucci se prolonge ensuite jusqu’à l’époque contemporaine, notamment avec Emilio Pucci, qui donna son nom à une maison de mode, mais cette postérité dépasse le cadre chronologique de la présente notice.

Auteur/autrice

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