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Famille Rockox

Origines et implantation à Anvers

La famille Rockox est une famille patricienne d’Anvers, dont l’histoire connue peut être suivie à partir du milieu du XVe siècle. Son ascension est liée à l’activité commerciale et urbaine de la cité, alors l’un des principaux centres d’échanges des Pays-Bas. Nikolaas Rockox, mort en 1467, tenait l’importante auberge du Rooden Scilt (« l’Écu rouge »), située sur l’Oude Koornmarkt, à proximité de la Grand-Place.

Les aubergistes anversois pouvaient alors exercer, en plus de leur activité d’hébergement, des fonctions de mandataires ou d’intermédiaires financiers pour des marchands étrangers. Cette position explique vraisemblablement l’enrichissement de la famille et son insertion progressive dans les milieux dirigeants de la ville. Après la mort de Nikolaas, l’auberge fut reprise par son fils aîné Jan, tandis que son frère Adriaan et leurs sœurs reçurent des biens et une pension.

Adriaan Rockox et l’ascension sociale

Adriaan Rockox (1460-1540), fils cadet de Nikolaas, marque une étape décisive dans l’élévation sociale de la lignée. Reçu comme poorter, c’est-à-dire membre de la bourgeoisie reconnue d’Anvers, en 1487, il exerça également des fonctions juridiques et accéda à la noblesse de robe. Sa formation en droit est attestée ou tenue pour vraisemblable, mais les circonstances précises de son accession à ce rang ne sont pas entièrement établies.

Le 1er février 1501, Adriaan épousa Catharina van Overhoff, issue d’une famille noble apparentée, par son père, à la maison de Liedekerke et, par sa mère, à la puissante famille anversoise des Van Liere. Cette alliance renforça les relations de la famille Rockox avec les élites aristocratiques et administratives des Pays-Bas. Adriaan et Catharina résidaient dans la maison du Schild van Frankrijk (« l’Écu de France »), dans la Keizerstraat, et possédaient également d’autres immeubles à Anvers.

Le couple se distingua aussi par sa piété et son mécénat religieux. Entrés dans le Tiers-Ordre franciscain en 1514, ils furent bienfaiteurs de l’église Saint-Jacques, où ils obtinrent en 1515 une chapelle consacrée à sainte Dymphna ainsi qu’aux saints Pierre et Paul. Dans les années 1530, ils y firent placer un grand triptyque du Jugement dernier, œuvre de Jan Sanders van Hemessen, dans lequel ils apparaissent avec leurs treize enfants.

Une famille au service de la cité

Les descendants d’Adriaan occupèrent plusieurs fonctions publiques. Son fils Jan exerça diverses magistratures civiques à partir de 1536. Un autre fils, Nikolaas Rockox l’Ancien (1514-1577), licencié en droit, devint l’un des représentants importants du gouvernement urbain. Il fut à plusieurs reprises binnenburgermeester, ou bourgmestre intérieur, entre 1555 et 1575, et fut nommé chevalier en 1556. En 1561, il participa à la cérémonie de pose de la deuxième pierre du nouvel hôtel de ville.

La carrière de Nikolaas l’Ancien fut marquée par les conflits religieux du XVIe siècle. Converti au protestantisme, il abjura cette confession à la fin de sa vie. Après le sac d’Anvers, il dut toutefois se réfugier à Rozendaal. D’autres membres de la famille, parmi lesquels Adriaan Rockox (1525-1570) et Jan Rockox (1570-1619), occupèrent également des charges civiques, tandis que les alliances matrimoniales étendirent le réseau familial à plusieurs lignées patriciennes et nobles des Pays-Bas méridionaux.

Nikolaas Rockox le Jeune et la continuité de la lignée

Nikolaas Rockox le Jeune (1560-1640), neveu de Nikolaas l’Ancien, fut sept fois échevin à partir de 1591 et neuf fois bourgmestre extérieur d’Anvers entre 1603 et 1625. Il est le membre le plus célèbre de la famille. Mécène et collectionneur, il entretint des relations étroites avec Pierre Paul Rubens, qui peignit pour lui, entre 1613 et 1615, le triptyque de L’Incrédulité de saint Thomas. Sa demeure, réunie à celle de son voisin Frans Snyders, est aujourd’hui connue comme la Maison Snijders-Rockox.

Nikolaas le Jeune mourut sans enfant en 1640. Son testament permit à son neveu Adriaan van den Heetvelde de relever le nom et les armes des Rockox en 1641. Cette continuité nominale demeura toutefois brève : les descendants d’Adriaan van den Heetvelde moururent eux aussi sans postérité, et le dernier porteur du nom, Nikolaas Rockox van den Heetvelde, mourut en 1712. La lignée issue des Rockox médiévaux et renaissants s’éteignit ainsi, tandis que son souvenir resta attaché à l’histoire politique, religieuse et artistique d’Anvers.

Auteur/autrice

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