Famille Rossi
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Famille Rossi
Implantation en Émilie
La famille Rossi est une famille noble italienne dont la présence en Émilie, dans l’actuelle province de Parme, est attestée dès 1323. Son ascension repose d’abord sur l’implantation de plusieurs de ses membres dans les territoires situés au pied des Apennins parmesans, notamment autour de Berceto et de Terenzo, qui relevaient alors du patrimoine épiscopal de Parme.
En 1324, Ugolino Rossi, fils de Guglielmo, devient évêque de Parme à l’âge de vingt-trois ans. Il conserve cette charge jusqu’à sa mort, en 1377. Les revenus attachés à la mense épiscopale lui procurent une influence considérable sur Berceto, Bardone, Corniglio, Bosco, Roccaprebalza, Roccaferrara, Corniana et Castrignano. Ces territoires constituent par la suite le socle de la puissance seigneuriale des Rossi.
Le 5 mars 1331, les frères d’Ugolino, Rolando, Marsilio et Pietro, sont faits comtes de Berceto par Jean Ier de Bohême. Ce titre est le seul titre comtal connu de la famille malgré l’importance de ses acquisitions ultérieures. La possession de Berceto est toutefois interrompue en 1336 par la conquête des Scaliger, puis demeure incertaine durant une partie des années 1350 et 1360. L’expansion des Rossi s’effectue également par achat et par mariage : en 1343, ils acquièrent ainsi le château de Palmia auprès de la famille di Palmia.
Constitution d’un domaine autour de Parme
La prise de contrôle de Parme par Luchino Visconti en 1346 modifie l’équilibre politique régional. La famille Rossi compose avec la puissance viscontienne tout en renforçant ses possessions. La même année, le château de Felino est cédé à Ugolino Rossi, fils de Giacomo, et à Giacomo dai Ruggeri. Par des alliances matrimoniales conclues sur deux générations, la juridiction, le château et les vassaux de Felino passent finalement aux Rossi.
La famille acquiert aussi des droits sur Sant’Andrea en 1356, puis sur San Secondo en 1365 et sur Castrignano en 1376. En 1355, à l’issue d’un procès opposant Giacomo Rossi et Agnese, veuve de Rolando, à l’évêque Ugolino au sujet d’un prêt non remboursé, plusieurs territoires de la mense épiscopale, dont Corniglio, Roccaprebalza, Roccaferrara et Corniana, sont attribués aux plaignants. En 1375, Rolando Rossi étend encore les possessions familiales sur la rive droite du Pô, dans la région de Crémone et autour de Rezinoldo, futur emplacement de Roccabianca.
Cette accumulation de terres permet aux Rossi d’intégrer le groupe des grandes familles seigneuriales qui dominent la vie politique de Parme. Ils rivalisent avec les Sanvitale, les Correggio et les Pallavicino pour l’accès aux conseils et aux offices communaux. Dès 1380, leurs partisans réclament une représentation proportionnelle à leur influence, mais cette demande se heurte à l’opposition des autres lignages.
Les Rossi au service des Visconti
Après la mort d’Ugolino en 1377, la direction de la famille revient principalement à ses cousins Rolando et Bertrando. Bertrando devient le membre le plus en vue de la génération suivante. Proche de Jean Galéas Visconti, il exerce des fonctions de conseiller, d’exécuteur testamentaire et de diplomate, notamment auprès de la cour de France. Rolando est nommé podestat de Pavie en 1386.
La carrière ecclésiastique demeure également un instrument de l’influence familiale. Giacomo, fils aîné de Bertrando, est élu évêque de Vérone en 1388 ; il devient ensuite archevêque de Naples. Les Rossi soutiennent aussi une importante production de manuscrits liturgiques et enluminés. Deux ouvrages associés à Bertrando sont conservés à Paris, tandis qu’Ugolino avait fait réaliser un pontifical et un missel destinés à l’usage épiscopal.
À la mort de Rolando, en 1389, ses biens et ses droits reviennent à Bertrando. Celui-ci meurt en 1397. Les décès successifs de plusieurs héritiers concentrent finalement l’essentiel du patrimoine entre les mains de Pietro Rossi, puis de son fils légitime Pietro Maria. La situation reste cependant fragile : en 1406, Leonardo, fils naturel de Bertrando, se rebelle contre ses demi-frères pour tenter de s’emparer de San Secondo.
Guerres et réorganisation du pouvoir
La mort de Jean Galéas Visconti en 1402 ouvre une période d’instabilité. Les Rossi cherchent alors à reprendre une position dominante à Parme et à étendre leur influence vers la Lunigiana et Pontremoli. Ils s’allient d’abord à Ottobon Terzi, puis entrent en conflit avec lui. Ils affrontent également les Fieschi pour le contrôle des voies franchissant les Apennins, notamment le Pas de la Cisa.
Ces entreprises entraînent plusieurs revers. Les Rossi perdent des châteaux, abandonnent Grodola en 1408 et Pietro est fait prisonnier par Luca Fieschi, contre une rançon de 10 000 florins. Leur alliance avec Nicolas III d’Este permet toutefois l’élimination d’Ottobon Terzi en 1409. Les Rossi récupèrent alors une grande partie de leurs droits et possessions et disposent d’un ensemble territorial organisé autour de Felino et de Berceto, comprenant huit villes et autant de châteaux. En 1418, la mort de Giacomo, archevêque de Naples, entraîne une nouvelle transmission de biens au profit de Pietro et de ses neveux. Ainsi se clôt la phase de formation du domaine territorial qui fait des Rossi l’une des principales maisons seigneuriales de l’espace parmesan à la fin du Moyen Âge.

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