Famille royale de Grèce
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Famille royale de Grèce
La famille royale de Grèce est la dynastie qui régna sur le royaume hellénique de 1863 à 1924, puis de 1935 à 1973. Elle descend du roi Georges Ier, élu souverain des Hellènes en 1863 après la déposition d’Othon de Grèce. Georges Ier était le deuxième fils du roi Christian IX de Danemark ; par lui, la dynastie grecque appartenait au rameau des Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg, lui-même issu de la maison d’Oldenbourg.
La monarchie fut abolie une première fois avec l’instauration de la Deuxième République hellénique en 1924, puis restaurée en 1935. Après le référendum de 1973 et la confirmation de l’abolition par le référendum de 1974, la famille conserva une existence sociale et dynastique, mais ne recouvra jamais ses fonctions souveraines.
Origines dynastiques et accession au trône
Le choix de Georges de Danemark comme roi des Hellènes résulta d’un accord international conclu en 1863. Il prit le nom de Georges Ier et fonda une branche grecque de la famille royale danoise. Les princes et princesses issus de cette lignée furent également considérés comme membres de la famille royale de Danemark, selon les dispositions dynastiques alors en vigueur.
La dynastie grecque ne possédait pas de nom de famille propre. Ses membres employèrent le nom « de Grèce », correspondant à leur qualité dynastique et territoriale plutôt qu’à un patronyme au sens courant. Cette pratique contribua à entretenir une ambiguïté entre l’appartenance à une maison royale étrangère et l’enracinement dans la nation hellénique. Les origines germano-danoises de la famille alimentèrent régulièrement les critiques de ses adversaires, qui lui reprochaient de demeurer étrangère à la société grecque.
Les souverains et les crises de la monarchie
Six souverains appartinrent à cette dynastie : Georges Ier, Constantin Ier, Alexandre Ier, Georges II, Paul Ier et Constantin II. Leur histoire fut étroitement liée aux crises politiques et militaires de la Grèce contemporaine. La guerre gréco-turque de 1897, les conflits balkaniques, la Première Guerre mondiale, la guerre gréco-turque de 1919-1922 et la Seconde Guerre mondiale placèrent successivement la monarchie au centre des débats nationaux.
Constantin Ier fut contraint d’abdiquer en 1917 sous la pression des puissances alliées, en raison notamment de sa proximité familiale avec l’empereur allemand Guillaume II. Son fils Alexandre Ier lui succéda, mais mourut en 1920 sans exercer durablement une autorité indépendante. Le retour de Constantin Ier fut suivi de la défaite grecque en Anatolie et de son nouvel exil. Georges II régna avant et après l’intermède républicain, tandis que Paul Ier occupa le trône de 1947 à 1964. Constantin II, dernier roi des Hellènes, monta sur le trône en 1964 et quitta effectivement le pays après l’échec de sa tentative de contre-coup d’État contre le régime militaire en décembre 1967.
Une dynastie européenne et cosmopolite
Par ses alliances, la famille royale de Grèce fut étroitement associée à l’« Europe des princes ». Les mariages contractés avec les familles royales de Danemark, de Russie, de Prusse, de Roumanie, de Yougoslavie, du Royaume-Uni et d’Espagne multiplièrent les liens de parenté avec les principales dynasties du continent. Plusieurs princes et princesses de Grèce descendirent également de la reine Victoria du Royaume-Uni par la reine Sophie, épouse de Constantin Ier, ou par la princesse Alice de Battenberg, épouse du prince André.
Ces relations pouvaient procurer à la Grèce un soutien diplomatique, mais elles nourrissaient aussi les soupçons d’ingérence étrangère. La famille fut ainsi associée tantôt à la Russie, tantôt à l’Allemagne ou au Royaume-Uni, selon les alliances matrimoniales et les circonstances internationales. Cette dimension cosmopolite expliquait à la fois son influence en Europe et son impopularité auprès d’une partie de l’opinion grecque.
Mariages, personnalités et héritage
Les unions de la dynastie furent longtemps conclues avec des membres de familles souveraines ou princières. Après la Première Guerre mondiale, les règles matrimoniales s’assouplirent. Le roi Alexandre Ier épousa en 1919 Aspasía Mános, issue de l’aristocratie grecque ; leur union, d’abord contestée, fut finalement reconnue et leur fille Alexandra reçut une position dynastique. La princesse Marie de Grèce épousa en 1922 l’amiral grec Periklís Ioannídis. En 1965, le prince Michel de Grèce épousa l’artiste Marína Karélla et renonça à ses droits dynastiques.
La famille donna également plusieurs figures remarquables dans la vie européenne. Le prince Philippe de Grèce devint duc d’Édimbourg et époux de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni. La princesse Sophie devint reine d’Espagne par son mariage avec Juan Carlos Ier. D’autres membres se distinguèrent dans les arts, les sciences ou le sport, notamment Marie Bonaparte, Pierre de Grèce et Constantin II.
Après l’abolition de la monarchie, les anciens souverains et leurs descendants vécurent principalement hors de Grèce. Leur statut et leur nationalité firent l’objet de controverses durables, mais la famille demeura représentée dans les milieux dynastiques européens et conserva une visibilité internationale.

Auteur/autrice
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