Famille Sagredo
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Famille Sagredo
Une maison patricienne de Venise
La famille Sagredo est une maison patricienne de Venise, intégrée aux élites dirigeantes de la République. Son histoire est étroitement liée aux institutions vénitiennes, au gouvernement de la cité et à la défense de ses possessions. Elle figure parmi les familles aristocratiques qui participèrent durablement à la vie politique, diplomatique, militaire et ecclésiastique de la Sérénissime.
L’origine de la famille demeure discutée. Une tradition la dit issue de Thessalonique et arrivée dans le monde vénitien au Xe siècle. Une autre la rattache à une origine romaine : ses membres auraient été envoyés en Dalmatie, dans la colonie de Šibenik, avant de s’établir dans la lagune vers 480. Ces récits anciens ne permettent pas d’établir avec certitude une filiation continue pour les premiers siècles. Ils témoignent néanmoins de l’ancienneté revendiquée par la maison dans la mémoire nobiliaire vénitienne.
Intégration au patriciat et rôle politique
Les Sagredo appartenaient au Maggior Consiglio, l’assemblée qui regroupait les familles admises au patriciat héréditaire de Venise. Leur agrégation fut confirmée lors de la clôture de cet ordre en 1297, événement qui fixa durablement le caractère fermé du patriciat vénitien. À partir de cette date, la famille participa aux mécanismes de gouvernement réservés aux lignées patriciennes.
Au cours des siècles suivants, les Sagredo comptèrent parmi les maisons les plus influentes et les plus prospères de la République. Leur ascension atteignit son apogée au XVIIe siècle, période durant laquelle plusieurs membres exercèrent des fonctions de premier plan : magistratures, ambassades, commandements militaires, charges administratives et responsabilités ecclésiastiques. Cette présence dans des domaines variés illustre les formes multiples de la puissance patricienne à Venise.
Membres et activités remarquables
La famille donna un doge, Nicolò Sagredo, élu en 1674 et considéré comme le 105e doge de Venise. D’autres représentants exercèrent des charges importantes. Giovanni Sagredo fut duc de Candie en 1604. Un autre Giovanni, chevalier et procurateur de Saint-Marc, représenta un temps la République auprès de la France. Un homonyme, né en 1616 et mort en 1682, est connu comme historien et homme politique.
La maison compta également des ecclésiastiques de haut rang. Alvise, ou Aloisio, Sagredo fut patriarche de Venise de 1678 jusqu’à sa mort en 1688. Gerardo Sagredo, né en 1692 et mort en 1738, porta la dignité de procurateur de Saint-Marc. La tradition familiale rattache aussi à la lignée Gérard de Csanad, ou Gérard de Hongrie, religieux associé au monastère Saint-Georges puis évêque en Hongrie, mort en 1046 et honoré comme saint. Ce rattachement ancien doit être distingué des informations mieux établies concernant les membres vénitiens des périodes modernes.
Demeures, mémoire et continuité
La présence des Sagredo dans l’espace urbain vénitien est notamment représentée par la Ca’ Sagredo, le palais Sagredo a Santa Ternita et un autre palais Sagredo. Ces demeures manifestaient à la fois le rang social de la famille et son inscription dans le paysage monumental de la cité.
Plusieurs membres furent inhumés dans la chapelle Sagredo de l’église San Francesco della Vigna, à Venise. Ce lieu contribua à préserver la mémoire collective de la maison et à affirmer sa continuité au sein du patriciat vénitien. Après la chute de la République, les différentes branches de la famille virent leur noblesse confirmée par le gouvernement impérial autrichien en 1817, 1819 et 1820. Cette reconnaissance postérieure éclaire la survivance sociale de la lignée, sans modifier son rôle historique principal, qui se déploie sous la République de Venise.

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