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Famille Soranzo

Origines et intégration à la noblesse vénitienne

La famille Soranzo appartient aux lignées patriciennes de Venise. Une origine romaine lui est traditionnellement attribuée, mais cette ascendance doit être considérée avec prudence. Selon la tradition familiale, ses membres seraient venus d’Altino et se seraient établis à Burano en 456, à la veille de la période couverte par cette notice. Les récits généalogiques vénitiens font ensuite remonter leur admission au Maggior Consiglio à 747. Cette date ancienne est attestée par la tradition nobiliaire, sans que tous les détails de la continuité familiale puissent être établis avec certitude.

L’affirmation des Soranzo dans la société politique vénitienne repose surtout sur leur présence durable dans les institutions de la République. Leur fortune provenait notamment du commerce et, selon les notices qui leur sont consacrées, des activités bancaires. Cette base économique leur permit de participer à la vie publique et de soutenir des entreprises religieuses et monumentales à Venise.

Fonctions publiques et puissance politique

La famille donna à la République un doge, Giovanni Soranzo, élu au XIVe siècle. Son accession au pouvoir ducal témoigne de la place occupée par les Soranzo dans le patriciat vénitien à l’époque où les grandes familles se disputaient la direction des institutions, de la diplomatie et des opérations militaires.

Plusieurs membres portant les prénoms de Marco, Marin, Vittore, Gabriele, Giacomo et Lorenzo exercèrent la charge de procurateur de Saint-Marc et reçurent également des responsabilités militaires importantes. Les titres de procurateur et de commandant suprême les plaçaient au sommet de la hiérarchie administrative et militaire de la République. Girolamo Soranzo fut envoyé comme ambassadeur auprès des empereurs Rodolphe et Matthias, ainsi qu’auprès du pape Urbain VIII. Ces missions illustrent l’implication de la famille dans les relations entre Venise, l’Empire et la papauté.

Guerres contre les Ottomans et présence dans la cité

Les Soranzo sont également associés à la défense maritime de Venise contre les Ottomans. Benedetto Soranzo commandait la galère Cristo Risuscitato lors de la bataille de Lépante, en 1571. Gravement blessé au cours du combat, il aurait demandé l’extrême onction avant de faire exploser son navire, alors que l’équipage avait été presque entièrement exterminé. Cet épisode, postérieur au Moyen Âge, contribua à la mémoire militaire de la lignée et à sa représentation comme famille de serviteurs de la République.

Les Soranzo financèrent aussi la construction de l’église San Samuele et l’achèvement de la façade de Santa Giustina. Plusieurs branches étaient identifiées par leur quartier ou leur paroisse. Les Soranzo de San Trovaso étaient apparentés aux Correr de San Marcuola ; cette branche s’éteignit en 1771 avec le religieux Gregorio, né Giulio. Les Soranzo de San Gregorio possédaient de nombreux bâtiments à proximité des fondations portant leur nom, notamment des briqueteries, conservées jusqu’à la fin de la République de Venise.

Mémoire culturelle et représentation

La famille conserva une place dans la culture vénitienne au-delà de l’exercice des charges publiques. Lazare Soranzo, actif entre le XVIe et le XVIIe siècle, écrivit sur l’Empire ottoman ; Giovanni Soranzo fut poète et prosateur. À une époque plus tardive, Iacopo Soranzo réunit une importante bibliothèque de manuscrits, tandis qu’un autre Girolamo participa à l’histoire de la bibliographie vénitienne.

La mémoire visuelle de la lignée est notamment conservée par les portraits de Jacopo et de Lorenzo Soranzo peints par Le Tintoret au XVIe siècle. Les demeures associées à leur nom comprennent les palais Soranzo Piovene, Soranzo dell’Angelo, Soranzo a San Stin et Soranzo Pisani, ainsi qu’un Petit palais Soranzo. Les armes traditionnellement attribuées à la famille sont décrites comme étant d’or tranché d’azur.

Auteur/autrice

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