Famille Tavel
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Famille Tavel
Origines et implantation à Genève
La famille Tavel, également appelée Tavelli, appartient aux lignées nobles qui jouèrent un rôle important dans l’histoire de Genève et du Valais entre la fin du XIIe et la fin du XVe siècle. Elle est attestée à Genève dès 1186-1188, avec Antoine Tavelli. Son implantation genevoise se renforce à la fin du XIIIe siècle, lorsqu’elle possède la maison qui lui a donné son nom, située au 6 de la rue du Puits-Saint-Pierre, dans la Vieille-Ville. Cette demeure, connue sous le nom de maison Tavel, est considérée comme la plus ancienne résidence privée conservée à Genève.
La fortune des Tavel repose notamment sur les revenus tirés de taxes perçues sur les boucheries et les péages de la cité. Ces ressources leur permettent d’occuper une position éminente dans la société urbaine et de participer aux luttes politiques qui opposent les partisans du pouvoir épiscopal, les intérêts savoyards et les défenseurs des libertés communales.
Rôle politique et possessions genevoises
Partisans des comtes de Savoie, les Tavel soutiennent néanmoins par les armes l’établissement d’un pouvoir communal à Genève. Plusieurs membres de la famille exercent des fonctions dans les institutions de la cité. Girord, cité en 1256, est citoyen de Genève et figure parmi les bénéficiaires du legs du sire de Prangins. Aymon et Anselme sont conseillers en 1293. Leur parent Gui, ou Guy, seigneur de Granges, apparaît comme l’un des principaux chefs des citoyens qui cherchent à obtenir de l’évêque de Genève la reconnaissance d’un pouvoir communal.
La famille étend également ses droits féodaux dans la région. En 1266, les Tavel reçoivent de l’abbé de Bonmont la seigneurie des Vaux, correspondant à Vincy. En 1340, dans le cadre de leurs relations avec la maison de Savoie, ils obtiennent le château du Vengeron, situé sur le territoire de l’actuelle commune de Bellevue. En 1352, ils acquièrent le tiers de la seigneurie de Bex, puis, en 1358, la moitié du vidomnat d’Aigle ainsi que des droits sur Vouvry.
Extension et puissance en Valais
Au XIVe siècle, une branche de la famille s’établit durablement en Valais. Barthélémy, chevalier mort vers 1360, fils de Gui ou Guy, est coseigneur de Bovernier, conseiller de Genève en 1326 et en 1345, et châtelain de Monthey. Son installation valaisanne accompagne l’essor de la puissance territoriale des Tavel dans la vallée du Rhône et les régions voisines.
La famille compte aussi des ecclésiastiques et des officiers de haut rang. Guichard Tavelli, fils de Gui ou Guy, est chanoine avant de devenir chancelier de Savoie de 1338 à 1340. En 1342, il accède à l’épiscopat de Sion, qu’il conserve jusqu’en 1375. Son parent Pierre est chanoine de Lausanne en 1342. Nicolas, chevalier cité entre 1335 et 1373, exerce notamment les fonctions de châtelain de Martigny et de conseiller de Genève.
Le mariage de Jacques Tavelli avec Jeannette d’Anniviers accroît encore les possessions de la lignée. En 1362, Jacques reçoit par son épouse des droits sur les seigneuries valaisannes de Granges, d’Ayent et de Vercorin, ainsi que le château de Granges. Les Tavel possèdent ou contrôlent alors plusieurs résidences et ouvrages fortifiés à Granges, notamment le château épiscopal des Tavelli, le château de Granges, la maison Tavelli ou château Tavelli, la tour d’Ollon et la Bâtie de Granges. Une tour Tavelli est également attestée à Vex.
Fin de la lignée et armoiries
La branche genevoise s’éteint vers la fin du XVe siècle. La branche valaisanne se prolonge jusqu’au XVIe siècle, avant de disparaître à son tour. Les derniers membres connus de cette branche sont Jeanne et Marguerite, filles de Guillaume, seigneur de Granges. Elles épousent respectivement les frères Pétremand et Nicolas de Chevron Villette, faisant ainsi passer les biens et les droits familiaux dans d’autres lignées.
Les armoiries attribuées aux Tavel présentent plusieurs formes. Les armes anciennes sont décrites comme d’azur à six aiglettes d’or. À partir du XIVe siècle, une forme moderne, d’azur à trois aiglettes d’or, est également donnée, avec une variante portant trois aigles d’or. Une autre tradition héraldique décrit enfin des armes d’or à trois aiglettes de sable. Ces divergences attestent l’existence de versions différentes selon les périodes ou les sources héraldiques.

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