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Famille Trevisan

Origines et établissement à Venise

Les Trevisan forment une famille patricienne de Venise, dont l’histoire médiévale et moderne est liée à la constitution de la noblesse dirigeante de la République. Une partie de la famille est donnée comme originaire d’Aquilée. Selon la tradition conservée à son sujet, ses membres auraient habité la lagune dès les premiers temps de Venise. Cette ancienneté explique la place revendiquée par les Trevisan dans le groupe des familles anciennes de la cité, même si les différentes branches ne connurent pas toutes le même statut politique.

Une autre branche, que son nom rattache à Trévise, vint s’établir à Venise à une époque qui n’est pas précisément indiquée. Elle fut admise au Maggior Consiglio lors de la clôture de ce corps en 1297. Cette décision, qui réservait désormais l’accès au principal conseil vénitien aux familles déjà reconnues comme nobles, fixa durablement la position de cette branche dans le patriciat de la République.

Statut politique et services de la République

Les Trevisan ne constituèrent pas un groupe entièrement homogène. La branche demeurée en dehors du rang de la noblesse dominante fut réintégrée dans le patriciat pendant la guerre, en 1689, en la personne de Pietro Trevisan. Ses ancêtres avaient servi l’État dans la Chancellerie, qui formait le second ordre de la noblesse vénitienne. Cette réintégration témoigne de l’importance accordée par la République aux services administratifs et militaires rendus par les familles à son gouvernement.

Les membres de la maison exercèrent diverses fonctions publiques : ambassade, commandement militaire, procuration de Saint-Marc et charges auprès du Sénat. Leur présence dans ces institutions atteste une insertion durable dans les structures politiques et militaires vénitiennes, au-delà de la seule appartenance nominale au patriciat.

Personnalités

Domenico Trevisan est présenté comme chevalier, ambassadeur, procurateur et généralissime. Son fils Marcantonio Trevisan (1475-1554) fut procurateur de Saint-Marc avant d’être élu doge de Venise en 1553 ; il est compté comme le quatre-vingtième doge de la République.

Melchiorre Trevisan, mort en 1500, fut général d’armée et provéditeur du Sénat. Il conduisit les forces vénitiennes à la bataille du Taro. En 1480, il rapporta d’Orient une relique qu’il donna à la basilique Santa Maria Gloriosa dei Frari. À une génération ultérieure, Giovanni Trevisan fut patriarche de Venise de 1560 à 1590. Francesco Trevisan (1687-1769) occupa enfin le siège épiscopal de Caorle à partir de 1738 et le conserva jusqu’à sa mort.

Fondations religieuses et demeures

La famille est associée à plusieurs fondations ou interventions dans des édifices religieux de la cité et de son domaine lagunaire. Les Trevisan sont notamment liés aux églises San Giovanni Elemosinario et San Giovanni in Olio, ainsi qu’à San Tommaso à Torcello. Ces liens avec des établissements religieux participaient à la visibilité sociale de la maison et à l’affirmation de sa mémoire dans l’espace vénitien.

Plusieurs résidences portent également son nom : le palais Trevisan à Venise, le palais Cappello Trevisan in Canonica et un palais Trevisan à Murano. Ces bâtiments rappellent l’implantation urbaine et insulaire de la famille, sans que leur seule dénomination permette d’attribuer chaque édifice à une branche particulière.

Armes

Les descriptions héraldiques associées aux Trevisan présentent plusieurs variantes. Certaines donnent un champ d’or chargé d’un chevron d’azur ; d’autres, un champ d’or au chef de gueules chargé d’un lion passant d’or. Une autre composition porte trois bandes d’or sur champ d’azur sous un chef d’azur, tandis qu’une dernière associe six pals d’or et d’azur à une fasce de gueules. Cette diversité semble correspondre à des branches ou à des agrégations distinctes de la famille ; elle invite à ne pas considérer une seule version comme l’emblème uniforme de tous les Trevisan.

Auteur/autrice

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