Famille Tschudy
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Famille Tschudy
Nom et implantation
La famille Tschudy, également connue sous les formes Tschoudy, Tschudi, Tchudi ou Tshudy, est une famille d’origine suisse dont une branche s’établit en pays messin et se rattache durablement au village de Colombey. L’orthographe du patronyme varie fortement selon les époques, les auteurs et les actes. Dans les sources relatives à la branche française, les formes Tschudy et Tschoudy sont particulièrement fréquentes.
La tradition familiale fait remonter l’ancienneté du nom à Glaris et mentionne un Jean Tschudy, maire de cette communauté dès le Xe siècle. Cette indication témoigne de l’ancienneté attribuée à la lignée, mais la filiation médiévale détaillée et la continuité généalogique entre ce personnage et les représentants connus à l’époque moderne ne sont pas établies ici. Il convient donc de distinguer l’ancienneté revendiquée du nom de la documentation assurée sur les générations ultérieures.
Des origines suisses à la noblesse française
Au début du XVIe siècle, Hans Tschudy est présenté comme tanneur et bourgeois de Bâle à partir de 1502. Il siège au conseil de la ville de 1513 à 1517 et aurait participé à la bataille de Marignan en 1515. Ces éléments inscrivent la famille dans les milieux urbains et militaires de la Suisse alémanique, mais ils ne suffisent pas, à eux seuls, à établir une généalogie complète jusqu’à la branche installée en Lorraine.
La branche française est rattachée à Laurent Tschudy, né à Coire en 1582 et présenté comme calviniste. Il aurait quitté les territoires suisses pour servir la monarchie française, notamment comme combattant et secrétaire-interprète en langue germanique. Louis XIV l’aurait anobli en août 1660 en récompense de ses services. Son mariage avec une demoiselle de Planta reliait la famille à une maison importante des Grisons. L’anoblissement royal constitue le point de départ clairement identifié de la noblesse française des Tschudy, même si les détails de la transmission du titre et des droits qui lui furent associés demandent à être précisés.
La branche de Colombey
Le fils de Laurent, Théodore de Tschudy, né à Coire en 1643, fut capitaine d’une compagnie franche suisse d’infanterie. Il reçut à son tour une reconnaissance nobiliaire et devint grand bailli de Metz. En 1684, il acquit le village de Colombey auprès des héritiers Michelet. Bien que de confession réformée, il demeura en France après la révocation de l’édit de Nantes. Il se convertit ensuite au catholicisme et fut nommé grand bailli de Metz par le roi. Son mariage avec Élisabeth Grandjambe, fille d’un conseiller échevin messin, renforça l’enracinement de la famille dans la société locale.
Son fils cadet, Théodore, né à Metz en 1681, devint propriétaire de l’ensemble de Colombey en 1712. Il fit démolir l’ancien château féodal et entreprit la construction d’une demeure plus adaptée au goût et au confort de son temps. Il commença également à organiser le domaine en parc, avec des plantations d’essences locales. Colombey devint ainsi le principal centre patrimonial et social de la branche lorraine.
Une lignée militaire, savante et artistique
Au XVIIIe siècle, les Tschudy de Colombey conservèrent des liens étroits avec les régiments suisses tout en participant à la vie administrative et intellectuelle du pays messin. Louis, Théodore, Henri de Tschudy, né en 1727 et mort en 1769, fut un franc-maçon actif. Il dirigea la renaissance, en 1762, d’un atelier messin fréquenté notamment par des officiers et des membres du parlement de Metz. Voyageur, il séjourna en Italie, aux Pays-Bas et à Saint-Pétersbourg. Il est aussi l’auteur d’écrits liés à la franc-maçonnerie, dont L’Étoile flamboyante, publiée à Paris en 1766.
Son frère ou proche parent Jean-Baptiste-Louis-Théodore de Tschudy, né à Metz en 1734 et mort en 1784, fut capitaine dans un régiment suisse, seigneur de Colombey et grand bailli de Metz de 1760 à 1774. Il exerça également des fonctions diplomatiques au service du prince-évêque de Liège. Membre actif de l’Académie de Metz, il s’intéressa à la botanique, à l’agriculture et à l’horticulture. Il transforma les abords de Colombey en parc paysager et y acclimata diverses plantes et arbres venus d’Europe et d’autres continents. Écrivain et musicien, il composa notamment des œuvres lyriques et pastorales.
La branche de Colombey se poursuivit avec Jean-Joseph-Charles-Richard de Tschudy, né en 1764, qui fut général au service du royaume de Naples avant de reprendre le domaine familial. Son activité d’horticulteur et de pépiniériste prolongea les recherches entreprises par son père. Après sa mort, en 1822, la terre de Colombey passa par héritage à sa descendance féminine, ce qui explique la continuité du domaine au-delà de la lignée masculine des Tschudy.

Auteur/autrice
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