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Famille von Oriola

Origines portugaises et formation de la lignée

La famille von Oriola, également connue sous les formes Oriola de St. Lobo da Silveira, Oriolla ou Lobo da Silveira, est une maison d’origine portugaise dont une branche devint prussienne à l’époque contemporaine. Son histoire médiévale se rattache aux lignées de la noblesse portugaise liées aux maisons de Chichorro et de Lobo.

La généalogie retenue fait commencer la lignée avec Martim Affonso de Sousa Chichorro (1355-1415), présenté comme le dix-neuvième prieur de Santa Cruz de Coimbra et comme maître de la cour portugaise. Son fils Fernando Alfonso de Sousa Chichorro, ambassadeur du Portugal en Castille vers 1421, adopta le nom de da Silveira. La maison de Chichorro était alors considérée comme issue d’Alphonse III, cinquième roi du Portugal. Cette ascendance royale appartient toutefois au cadre généalogique revendiqué par la famille et doit être distinguée des fonctions et possessions directement attestées.

Alvito, Oriola et l’élévation nobiliaire

Le personnage central de la constitution de la maison est João Fernandes da Silveira (1420-1484), grand chancelier du royaume, cinquième seigneur d’Alvito et d’Oriola. Fils de Fernando Alfonso de Sousa Chichorro, il épousa en secondes noces Maria de Sousa Lobo, cinquième dame d’Alvito et héritière de la maison de Lobo. Par cette alliance, la famille réunit des droits et possessions associés à Alvito, Vila Nova, Niza de Setúbal, Oriola et Aguiar.

Le 24 avril 1475, sous le règne d’Alphonse V, le titre de baron d’Alvito fut accordé à la maison Lobo da Silveira. Cette date marque l’affirmation officielle de la branche qui portera ensuite le nom d’Oriola. Les titres d’Alvito et d’Oriola ne désignent donc pas seulement des noms de famille : ils renvoient à des seigneuries et à des domaines portugais dont la possession contribua à la puissance de la lignée.

Les armoiries associées à la maison reprennent cinq loups noirs, disposés deux, un, deux, dans une bordure bleue chargée de huit croix de Saint-André d’or. Le cimier montre également un loup noir accompagné d’une croix de Saint-André. Cette composition constitue un emblème parlant en rapport avec le nom Lobo, qui signifie « loup » en portugais. Une représentation de ces armes est attestée dans le Livro do Armeiro-Mor de 1509, peu après la fin de la période médiévale considérée.

Les comtes d’Oriola et les lignées apparentées

La maison fut élevée au rang comtal le 16 septembre 1653, lorsque Jean IV conféra le titre de comte d’Oriola à Luís Lobo, onzième seigneur d’Oriola et septième baron d’Alvito. Cette dignité confirma la place de la famille parmi les grandes maisons du Portugal. Une branche apparentée issue des Lobo forma parallèlement la maison des comtes de Sarzedas. Rodrigo Lobo devint quatrième seigneur de Sarzedas par son mariage avec Maria de Noronha, héritière de cette seigneurie. Son petit-fils Rodrigo Lobo fut créé comte de Sarzedas en 1650 par Philippe IV.

Les maisons comtales de Sarzedas et d’Oriola demeurèrent apparentées par leur ascendance masculine, mais leur histoire dynastique se sépara ensuite. Rodrigo Lobo, comte de Sarzedas, mourut en 1656 après avoir exercé les fonctions de vice-roi et gouverneur de l’Inde portugaise. Son fils Luís Lobo da Silveira, deuxième comte de Sarzedas, fut conseiller d’État et gouverneur de l’Algarve. Le troisième comte de Sarzedas, Rodrigo, ne laissa que deux filles ; la transmission du titre passa donc par la descendance féminine, mettant fin à la ligne commune des comtes de Sarzedas et d’Oriola.

De la maison portugaise à la branche prussienne

La continuité de la maison se prolongea au-delà du Moyen Âge par le titre de marquis d’Alvito, accordé le 4 juin 1776 à José António Francisco Lobo da Silveira Quaresma, troisième comte d’Oriola et neuvième baron d’Alvito. Joaquim José Lobo da Silveira, né à Alvito et septième comte d’Oriola, fut diplomate portugais et ambassadeur auprès de la cour prussienne. Naturalisé en Prusse, il reçut en 1822 la reconnaissance du titre de comte prussien ; il avait également été autorisé à porter le titre de comte d’Oriola par décret brésilien dès 1820.

La branche prussienne s’établit alors dans plusieurs domaines de l’est de l’Allemagne, notamment Waldow, Reuden, Plieskendorf et Ochelhermsdorf. Ses membres exercèrent des fonctions militaires, diplomatiques et administratives. Le nom von Oriola désigne ainsi la continuation prussienne d’une maison nobiliaire portugaise dont la formation, autour d’Alvito et d’Oriola, remonte aux derniers siècles du Moyen Âge.

Auteur/autrice

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