Famille von Thun und Hohenstein
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Famille von Thun und Hohenstein
Origines et implantation
La famille von Thun und Hohenstein, également appelée Thun, appartient aux lignées nobles établies dans l’espace alpin et dans les pays de la monarchie des Habsbourg. Son berceau se trouve à Nonsberg, dans l’actuel Val di Non, au nord de Trente. La tradition familiale a parfois recherché ses origines dans une relation avec l’évêque Vigile de Trente, au IVe siècle ; cette affirmation relève toutefois de la légende et ne permet pas d’établir une filiation ancienne.
La présence documentée de la famille est assurée à partir du XIIe siècle. Plusieurs localités et paroisses portant des noms apparentés à Ton ou Thun ont été associées à ses premiers établissements. Le premier centre de pouvoir est probablement situé au Dosso del Castelletto. Au milieu du XIIIe siècle, les Thun s’installent au château de Thun, qui devient l’un des principaux repères de leur histoire.
Nom et affirmation de la lignée
Le patronyme apparaît sous des formes variables, caractéristiques d’une région soumise à des influences linguistiques germaniques et romanes : Thunne, Tunnum, Tonnum, Tonno, Tono ou Tunno. Cette diversité est attestée dans les documents des XIe à XIIIe siècles. La forme familiale se stabilise au début du XVe siècle, notamment avec Simon von Thun en 1407.
L’ascension des Thun s’inscrit dans les rivalités opposant l’évêché de Trente au comté du Tyrol. Au XIIIe et au XIVe siècle, la famille accroît son influence grâce à l’acquisition de droits, de terres et de positions seigneuriales. Les alliances matrimoniales jouent un rôle important dans cette progression, même si les liens précis ne sont pas toujours conservés de manière suffisamment détaillée pour reconstituer l’ensemble de la stratégie familiale.
Position dans les principautés ecclésiastiques
La puissance des Thun repose également sur leur insertion dans les institutions ecclésiastiques et politiques de la région. En 1469, un membre de la famille reçoit la charge d’échanson auprès du prince-évêque de Trente. Une fonction comparable est attestée à Bressanone en 1558. Ces charges illustrent la proximité de la lignée avec les princes-évêques, qui jouent alors un rôle à la fois religieux, territorial et administratif.
Pour la période médiévale, l’élévation nobiliaire mentionnée pour 1495 constitue un jalon important dans la reconnaissance de la famille. Les indications relatives à l’octroi ultérieur du titre de baron ne concordent pas entièrement selon les traditions généalogiques : une autre étape est placée en 1604. Il convient donc de distinguer la reconnaissance ancienne de la noblesse de la confirmation ou de l’élévation formelle intervenue à l’époque moderne.
Branches et expansion à l’époque moderne
La multiplication des possessions entraîne la formation de plusieurs lignées. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, Sigmund von Thun organise officiellement, par un acte du 9 avril 1596, une division entre les ensembles liés au château de Thun, au château Brughier et au château de Caldes. Cette répartition ne met pas fin à la solidarité familiale, mais elle fixe les bases de plusieurs branches patrimoniales.
Après la mort de Sigmund, la lignée issue du château Brughier est à son tour répartie entre Johann Cyprien, associé à Castelfondo, Georg Sigismund, qui conserve Brughier, et Christoph Simon, héritier de biens dépourvus de château principal. Ce dernier reçoit en 1628 le comté d’Hohenstein et s’établit au nord des Alpes. C’est à partir de cette possession que le nom composé de Thun und Hohenstein se généralise.
Rayonnement de la maison
Au XVIIe siècle, les Thun s’implantent en Bohême et en Moravie. Johann Cyprien est à l’origine de la lignée bohémienne, divisée ensuite en plusieurs majorats, notamment Klösterle, Tetschen et Choltitz, ainsi qu’en une branche Benatek-Rosberg. Les branches tridentines demeurent toutefois importantes et produisent de nombreux prélats, parmi lesquels des évêques, des archevêques et des cardinaux.
La maison compte également des administrateurs, des militaires et des responsables politiques. Son histoire médiévale explique ainsi une continuité nobiliaire durable : implantée dans le Val di Non et liée à l’évêché de Trente, elle étend progressivement ses possessions et ses services à plusieurs principautés d’Europe centrale, avant d’atteindre les rangs comtal puis princier à l’époque moderne.

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