Farhād va Shīrīn
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Farhād va Shīrīn
Identification et nature de l’œuvre
Farhād va Shīrīn est un poème narratif d’Alisher Navoiĭ (1441-1501), également connu sous les formes Farhād va Shīrīn, navâ’î, farhâd va shîrîn et Alî Şîr Nevâî. L’œuvre appartient à la Khamsa (« Quintette »), ensemble de cinq longs poèmes composés par Navoiĭ selon le modèle prestigieux des khamsa persanes. Elle relève du genre du masnavī, forme poétique à rimes suivies particulièrement adaptée au récit de longue haleine.
Le titre renvoie au couple célèbre de Farhād et de Shīrīn, issu de la tradition narrative persane et associé notamment à l’histoire de Khusraw et Shīrīn. Le poème de Navoiĭ ne doit toutefois pas être confondu avec les différentes œuvres persanes portant un titre voisin, en particulier le Khusraw va Shīrīn de Niẓāmī. Il constitue une réélaboration propre de cette matière dans une autre langue littéraire et dans un cadre poétique distinct.
Auteur, langue et contexte
L’œuvre est attribuée à Alisher Navoiĭ, figure majeure de la littérature turcique orientale et de la culture de cour timouride. Navoiĭ écrivit ses poèmes de la Khamsa en langue turcique orientale, traditionnellement désignée comme moyen turc, turc oriental ou tchaghataï. Par son choix linguistique, Farhād va Shīrīn participe à l’affirmation d’une grande poésie narrative turcique capable de rivaliser avec les modèles persans, tout en s’inscrivant dans les conventions littéraires de la civilisation islamique médiévale.
Dans l’économie de la Khamsa, le poème occupe généralement la deuxième place, après Hayrat ul-abrar. Il appartient ainsi à un programme littéraire organisé, où les récits amoureux, les considérations éthiques et les réflexions sur la royauté, la fidélité et la conduite humaine sont liés à une ambition morale et poétique plus large.
Datation et portée
La composition de la Khamsa de Navoiĭ, dont fait partie Farhād va Shīrīn, est habituellement située dans les années 1480, et le poème est généralement daté de 1484. Cette datation est à distinguer de celle d’éventuelles copies manuscrites ou éditions ultérieures, qui ne sont pas précisées ici.
L’œuvre a une importance particulière dans l’histoire de la littérature tchaghataïe : elle témoigne de la réception et de la transformation d’un récit amoureux largement diffusé dans les littératures persane et islamique. Son titre et son attribution sont bien établis ; en revanche, les données disponibles ici ne permettent pas de détailler sa transmission manuscrite ni d’identifier un témoin précis.

Auteur/autrice
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