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Faḫr al-Dīn Ibrāhīm ʿIrāqī

Identité et parcours

Faḫr al-Dīn Ibrāhīm ʿIrāqī, également appelé Faḫr al-Dīn ʿIrāqī ou Fakhr al-Dīn ʿIrāqī, est un poète et mystique persan généralement situé entre 1213 environ et 1289. Son nom complet est souvent donné sous la forme Ibrāhīm b. Šahryār al-Hamadānī. Malgré la nisba ʿIrāqī, il est associé à Hamadān, en Iran occidental, plutôt qu’à une origine irakienne certaine.

Il est principalement rattaché à la tradition soufie de la Suhrawardiyya. Il se rendit à Multan, dans le sous-continent indien, où il fut le disciple de Bahāʾ al-Dīn Zakariyyāʾ, maître majeur de cette voie. Après la mort de celui-ci, ʿIrāqī entreprit d’autres déplacements dans le monde islamique oriental. Son itinéraire le conduisit notamment vers l’Anatolie, où il entra en contact avec le milieu mystique de Konya et avec l’héritage de Jalāl al-Dīn Rūmī.

Œuvre et pensée

L’œuvre de ʿIrāqī associe la poésie lyrique persane, le vocabulaire de l’amour mystique et une réflexion spéculative sur la relation entre Dieu, le monde et l’âme. Son traité le plus célèbre, Lamaʿāt (« Éclairs » ou « Irradiations »), est un ouvrage en prose rythmée, ponctué de vers, consacré aux degrés de l’amour et de la connaissance spirituelle. Il s’inscrit fortement dans l’horizon doctrinal associé à Ibn ʿArabī, tout en reformulant cette pensée dans une langue poétique et accessible.

ʿIrāqī est également l’auteur d’un Dīvān, qui rassemble ses poèmes, ainsi que de l’ʿUššāq-nāma (« Livre des amants »), poème narratif et mystique consacré aux figures et aux expériences de l’amour. Ces écrits ont contribué à la diffusion d’une conception soufie dans laquelle l’amour humain peut devenir le miroir de l’amour divin. Sa poésie se distingue par l’emploi conjoint de motifs de la passion, de l’ivresse, de la beauté et de la quête spirituelle.

Dernières années et postérité

La fin de sa vie est liée à Damas, où il mourut en 1289. Il y fut reconnu comme maître spirituel et auteur important de la littérature persane soufie. Son œuvre, à la croisée de la tradition de la Suhrawardiyya, de la pensée akbarienne et de la poésie amoureuse persane, a continué à circuler dans les milieux dévotionnels et littéraires bien au-delà du Moyen Âge.

Auteur/autrice

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