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Formose

Origines et carrière ecclésiastique

Formose, en latin Formosus, est un pape de la fin du IXe siècle. Né vers 816 et mort en 896, il appartient à une période de forte instabilité politique et ecclésiastique en Italie. Les informations sur ses origines familiales et sur sa formation sont limitées.

Il devient évêque de Porto, près de Rome, vers 864. Sous les pontificats de Nicolas Ier et d’Adrien II, il exerce plusieurs missions diplomatiques. Il est notamment envoyé auprès du souverain bulgare Boris-Michel, qui souhaite obtenir une organisation ecclésiastique autonome pour son royaume. L’influence de Rome en Bulgarie demeure toutefois contestée par Constantinople, et Formose est rappelé.

Conflits et accession au pontificat

En 876, le pape Jean VIII accuse Formose d’avoir mené une activité politique irrégulière et de nourrir des ambitions pontificales. Il est déposé de son siège et frappé d’excommunication. Après la mort de Jean VIII, son successeur Martin II, également appelé Marinus Ier, le rétablit dans ses fonctions épiscopales en 883.

Formose est élu pape le 6 octobre 891. Son pontificat se déroule dans le contexte des rivalités entre les grandes familles romaines et les prétendants au pouvoir impérial. Il soutient d’abord l’empereur Lambert de Spolète, mais cherche ensuite à s’appuyer sur Arnulf de Carinthie, roi de Germanie, afin de contenir la puissance spoletine.

Le pontificat et la mort

En 896, Formose fait venir Arnulf en Italie et le couronne empereur à Rome. Peu après, Arnulf tombe malade et doit repartir. Formose meurt le 4 avril 896, avant que la situation politique ne soit stabilisée. Son successeur, Boniface VI, ne règne que quelques semaines, puis Étienne VI prend le pontificat.

Le « concile cadavérique »

En 897, Étienne VI fait exhumer le corps de Formose et le soumet à un procès posthume, connu sous le nom de « concile cadavérique ». Le défunt est accusé d’avoir violé les règles canoniques en passant du siège de Porto à celui de Rome. Sa consécration pontificale est déclarée invalide, ses actes sont annulés et son corps est jeté dans le Tibre.

Cette condamnation provoque une réaction à Rome. Le pape Théodore II réhabilite Formose en 897, puis Jean IX confirme cette réhabilitation et condamne la procédure engagée contre lui. La mémoire de Formose reste ainsi liée aux luttes entre pouvoir pontifical, aristocratie romaine et dynasties impériales à la fin du IXe siècle.

Auteur/autrice

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