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Frédégonde

Identité et accession au pouvoir

Frédégonde est une reine des Francs de la seconde moitié du VIe siècle, associée au royaume de Neustrie. Sa naissance est généralement située vers 545, mais cette datation demeure approximative. Son origine familiale et sociale est mal connue. Elle apparaît dans les sources comme une proche du roi Chilpéric Ier, auquel elle fut d’abord liée avant de devenir son épouse.

Chilpéric répudia Audovère, sa première épouse, puis épousa Galswinthe, princesse wisigothe et sœur de Brunhilde, épouse du roi mérovingien Sigebert Ier. Après la mort de Galswinthe, Frédégonde prit une place prépondérante auprès de Chilpéric. Les circonstances exactes de cette mort sont rapportées de manière accusatrice par les récits contemporains, qui présentent Frédégonde comme une figure ambitieuse et intrigante. Il convient toutefois de tenir compte du caractère polémique de ces témoignages.

Rivalités mérovingiennes

Le règne de Frédégonde s’inscrit dans les luttes qui opposèrent les royaumes issus du partage de l’empire de Clovis. Sa rivalité avec Brunhilde, reine d’Austrasie, prolongea le conflit entre Chilpéric et Sigebert, puis entre leurs descendants. Frédégonde fut ainsi mêlée aux guerres, aux négociations dynastiques et aux affrontements entre les principaux lignages francs.

Les sources lui attribuent plusieurs complots et violences, notamment contre des membres de la famille royale et contre des adversaires politiques. Certaines de ces accusations sont difficiles à vérifier. Elles ont néanmoins contribué à faire de Frédégonde l’un des personnages les plus fortement caractérisés de l’historiographie mérovingienne, souvent opposé à Brunhilde dans une représentation de la lutte entre deux reines.

Régence et postérité

Après l’assassinat de Chilpéric, en 584, Frédégonde assura la protection de leur fils Clotaire II, encore enfant. Elle exerça alors une autorité politique importante en Neustrie, dans un contexte marqué par les rivalités entre aristocrates et par la menace des royaumes voisins. Son gouvernement s’appuya sur des alliances avec plusieurs puissants du royaume et sur la défense des droits de son fils.

Frédégonde mourut en 597. Elle fut enterrée à Paris, dans l’église de Saint-Germain-des-Prés selon la tradition. Son fils Clotaire II devint ensuite l’un des principaux souverains mérovingiens et réunifia finalement les royaumes francs. La mémoire de Frédégonde resta durablement associée aux conflits dynastiques, à la violence politique et à l’affirmation du pouvoir royal féminin.

Auteur/autrice

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