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Frédéric II (empereur germanique, 1194-1250)

Origines et accession au pouvoir

Frédéric II de Hohenstaufen, né à Jesi en 1194 et mort en 1250, est l’un des souverains les plus importants du XIIIe siècle. Il est le fils de l’empereur Henri VI et de Constance de Hauteville, héritière du royaume de Sicile. À la mort de son père, en 1197, il devient roi de Sicile alors qu’il est encore enfant. Sa mère assure d’abord la régence, puis le pape Innocent III prend en charge sa protection et son éducation politique.

La position de Frédéric est longtemps fragile, car la succession impériale est disputée en Germanie entre les Hohenstaufen et les partisans des Welf. Élu roi des Romains en 1212, il s’impose progressivement face à Otton IV et est couronné à Aix-la-Chapelle en 1215. En 1220, il reçoit à Rome la couronne impériale des mains du pape Honorius III. Il cherche alors à préserver l’union dynastique entre l’Empire et le royaume de Sicile, malgré les inquiétudes de la papauté devant l’extension de son pouvoir.

Le royaume de Sicile et le gouvernement impérial

Frédéric II fait de la Sicile le centre administratif de sa monarchie. Il renforce l’autorité royale, réorganise la fiscalité et encadre étroitement les pouvoirs féodaux. Les Constitutions de Melfi, promulguées en 1231, donnent au royaume un ensemble de normes destinées à affermir la justice et l’administration monarchiques. En 1224, il fonde également l’université de Naples, conçue pour former des administrateurs au service de la couronne.

Sa cour de Palerme accueille des juristes, des médecins, des philosophes et des traducteurs issus de milieux latin, grec, arabe et juif. Frédéric s’intéresse aux sciences naturelles, à l’astronomie et à la fauconnerie. Le traité De arte venandi cum avibus, consacré à l’art de chasser au faucon, lui est traditionnellement attribué et témoigne de cet intérêt, même si sa rédaction a probablement impliqué plusieurs collaborateurs.

Conflits avec la papauté et dernières années

Les relations avec la papauté se dégradent rapidement. Frédéric est excommunié en 1227 après avoir tardé à partir en croisade, puis mène en 1228-1229 la sixième croisade. Sans grande bataille, il obtient par négociation la restitution temporaire de Jérusalem, de Bethléem et d’un accès à la côte. Cette politique diplomatique ne met pas fin à son conflit avec le pape.

Les oppositions avec les communes lombardes et les papes Grégoire IX puis Innocent IV aboutissent à de nouvelles excommunications. En 1245, le concile de Lyon dépose symboliquement l’empereur, tandis que des adversaires lui opposent des rois concurrents en Germanie. Frédéric II meurt en 1250 à Fiorentino, dans le royaume de Sicile. Sa disparition ouvre une période de luttes successorales qui contribue au déclin de la puissance impériale des Hohenstaufen.

Auteur/autrice

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