Gregorius Abū al-Faraǧ Barhebraeus (1226-1286)
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Grégoire Abū al-Faraǧ Bar Hebraeus
Identité et milieu
Grégoire Abū al-Faraǧ Bar Hebraeus, également appelé Grégoire ibn al-ʿIbrī, Bar Hebraeus ou Abū al-Faraǧ Yūḥannā ibn Hārūn Ibn al-ʿIbrī, est un prélat et savant syriaque de la seconde moitié du XIIIe siècle. Né en 1226 et mort en 1286, il appartient à l’Église syriaque orthodoxe. Son activité s’inscrit dans un Proche-Orient marqué par la domination mongole, la coexistence de communautés chrétiennes orientales et musulmanes, ainsi que la circulation des savoirs entre le syriaque, l’arabe et le grec.
Carrière ecclésiastique
Après une formation religieuse et intellectuelle approfondie, il fut consacré évêque de plusieurs sièges de l’Église syriaque orthodoxe. Il devint ensuite maphrian, c’est-à-dire le principal dignitaire de cette Église dans ses territoires orientaux, fonction qu’il exerça à partir de 1264 jusqu’à sa mort. Dans ce cadre, il participa à l’administration des communautés, à la transmission de la tradition ecclésiastique et au maintien des institutions chrétiennes dans un contexte politique instable.
Œuvre historique et scientifique
Bar Hebraeus est l’un des auteurs les plus importants de la culture syriaque médiévale. Son Chronicon Syriacum retrace l’histoire du monde et des Églises jusqu’à son époque, tandis que le Chronicon Ecclesiasticum accorde une place particulière à la succession des responsables ecclésiastiques. Il composa aussi en arabe un abrégé d’histoire des dynasties, souvent désigné sous le titre de Mukhtaṣar taʾrīkh al-duwal.
Son œuvre ne se limite pas à l’histoire. Il rédigea des traités de grammaire syriaque, de théologie, de philosophie, de logique, de médecine et d’astronomie. Ses écrits témoignent de l’appropriation, par les milieux savants syriaques, d’une partie de l’héritage philosophique et scientifique transmis en arabe. Ils constituent également une source majeure pour l’histoire politique et religieuse du Proche-Orient au XIIIe siècle.
Postérité
Mort en 1286, Bar Hebraeus fut inhumé au monastère de Mar Mattai, près de Mossoul, selon la tradition attachée à sa mémoire. Son œuvre continua d’être copiée et étudiée dans les milieux syriaques, puis fut progressivement connue des chercheurs travaillant sur l’histoire des chrétientés orientales, sur les échanges intellectuels médiévaux et sur les relations entre cultures syriaque, arabe et grecque.

Auteur/autrice
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